X PRÉFACE
actes que la ^misère explique sans les justifier, ou à déguiser des passions égoïstes, telles que la cupidité et Tambition , sous le masque de la justice ou du bien public.
Hais la mauvaise foi des uns, le malheur et Tégarement des autres sont-ils une raison suffisante de fermer les yeux sur des aberrationsd'une tout autre nature, sous prétexte qu'elles tiennent étroitement à des doctrines salutaires, et qu'en voulant extirper ce qu'elles ont de vicieux, on risque d'énerver ou d'étouffer la vérité même de ces doctrines ? Gomment ne voit-on pas que ce qu'il y a d'outré, de faux, d'abusif et de vicieux dans ces aberrations est comme un levain pernicieux qui fait fermenter et corrompt la masse des vérités auxquelles il se mêle, au point de la convertir en poison pour les âmes qui devaient y trouver leur aliment? N'est-ce pas le cas de dire : Optimi pessimm abusus ?
Si dans notre monde économique, politique, moral et religieux, quelques opinions fausses et funestes sont en circulation, n'y en a-t-il pas aussi d'iniques, d'oppressives, d'égoïstes, de superstitieuses et de fanatiques, qui révoltent à la fois la justice, l'honnêteté et la piété véritable ? En vain elles se décorent hypocritement ou sincèrement des grands mots d'ordre public, de religion, de morale et même de liberté; elles sont ce qu'il y a de plus dangereux pour la liberté, la morale et la religion, puisqu'elles pervertissent tous ces biens, les rendent malfaisants et haïssables.
Rien donc n'importe plus, pour rendre à la vérité toute sa force, que de lui rendre toute son autorité, en lui restituant toute sa pureté.
Il ne faut pas, au surplus, s'abuser en tout ceci : il y a plus encore de mauvaises passions que de mauvaises doc-