‹ Le catholicisme et l'instruction publiqueChapitre 6 sur 42 · PRÉFACE. XI · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XI

trines, et les doctrines mauvaises ne sont déjà qae le fruit des passions désordonnées. Hais ces passions elles-mêmes sont loin de mener le monde. Si elles prévalaient jamais sur les sentiments conservateurs qui constituent la raison etla conscience humaines, c'en serait fait de la civilisation. Et pourtant elle existe, elle marche, l'histoire en rend témoignage.

Si des pessimistes vont jusqu'à nier l'évidence, et veulent nous ramener à d'autres temps qu'ils estiment plus heureux que celui où nous vivons, qu'ils nous disent d'abord pourquoi ces temps-là ont cessé d'être; pourquoi ceux qui ont présidé depuis aux destinées des peuples ont été si impaissants, si aveugles ou si coupables que de n'avoir rien su ou rien voulu faire pour enrayer la marche de l'humanité, et prévenir le mal que leurs héritiers ou successeurs sont réduits à déplorer aujourd'hui.

On peut doûc s'adresser aux conducteurs ecclésiastiques et civils, comme à des Ëpiménides qui auraient sommeillé durant des siècles pendant que le reste de Thumanité aurait continué sa marche, et qui voudraient la reporter en arrière et la condamner à l'immobilité. Et quand même ces conducteurs n'auraient pas été frappés d'un sommeil léthargique plusieurs fols séculaire, quand ils auraient toujours veillé, surveillé, contrôlé le mouvement qui les emportait avec tout le reste, on pourrait encore leur demander compte de leur insuccès ou de leur inertie. On peut donc leur dire : Qu'avez-vous fait, si vous en avez fait quelque chose, des populations qui sont aujourd'hui, ditesvous , votre effroi ? N'ont - elles pas été formées par vos soins? Si vous avez oublié de les instruire, n'ôtes-vous pas les premiers coupables? Si, malgré votre zèle et vos

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