‹ Le catholicisme et l'instruction publiqueChapitre 7 sur 42 · XII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XII PRÉFACE

efforts, vous n'y êtes point parvenus, n'est-ce pas une preuve que votre enseignement est insuffisant ou mal approprié aux besoins de l'esprit et du cœur humain, tels du moins que notre organisation sociale et la civilisation contemporaine les font naître? NVst-ce pas là un point capital du grand problème à résoudre par les* sociétés modernes? Ce n'est pas nous qui le posons ce problème; il se pose de lui-même ; il veut être résolu ; si ce n'est pas une question de vie ou de mort, c'en est une de santé et de force, ou de maladie et de dépérissement indéfini.

A chacun donc le droit, le devoir même d'étudier le mal, de chercher le remède et de le signaler s'il croit l'avoir trouvé. C'est une immense enquête à faire, où ce n'est pas trop de toute la diligence de chacun. Il faut que tous ceux qui ont des yeux pour voir et des oreilles pour entendre, soient admis à déclarer ce qu'ils croient avoir vu ou entendu. Ce n'est que par le rapprochement et la comparaison de tous les aperçus réunis que la vérité pourra se faire jour.

Mais il ne serait pas bon, il serait dangereux, très dangereux même, que les uns eussent la parole et que le silence fût imposé aux autres. En procédant de la sorte on s'abuserait soi-même, et Ton chercherait des coupables dans des adversaires; on mettrait la force k la place de la justice, la guerre à la place de la paix ; on éterniserait les préventions, les haines et le trouble, les divisions et les luttes.

Que tous donc puissent s'expliquer, afin que tous puissent être contredits, afin que chacun soit en état de reconnaître ses erreurs et ses fautes, en reconnaissant ce qu'il y a de vrai et de juste dans les idées, les sentiments et les actes contraires.

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