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verte avec grand Tracas de publicité. Nous retrouverons plus tard son chef, l'abbé Maret, à la tête des Gallicans. Pour le moment, il s'entoure de laïques dévoués et connus, tels que Ozanam, de Coux, Charles Sainte-Foix. Ils fondent ensemble un journal au titre symbolique, Y Ere nouvelle. Lacordaire en accepte la direction, sans en prendre toutes les idées. Le Républicanisme de Maret lui répugne; il ne le croit pas nécessaire au succès de la Démocratie et du Libéralisme.
Les fondateurs du journal se proposent de montrer à la France la vérité sociale, que l'Evangile contient en réserve. Le monde, pense l'abbé Maret, cherche le Christianisme sans le savoir. Il y a une pensée chrétienne latente dans les cris de la rue et dans les aspirations du monde actuel, pour qui sait l'entendre. Cette pensée se trouve au fond de toutes les Révolutions. Il ajoute que le Christianisme est mal connu, parce qu'il est mal enseigné. C'est pour ce motif qu'on a pu le rendre impopulaire, en exploitant les besoins du peuple et le sentiment de ses droits mal compris. UEre nouvelle ramènera le monde au Christianisme, en le montrant tel qu'il est. Le fondateur trouve une formule, qui condense toutes ces aspirations en quelques mots : Le règne de la Charité par la Liberté. Il faut, pour réussir, entrer dans la Liberté par la Vérité et la Charité chrétienne. Ce qu' Ozanam traduisait ainsi : Allons aux Barbares!
Mots sonores, qui avaient le don d'agacer Mon-
talembert. Voici ce qu'il en dit à l'abbé de Solesmes : « (Il est question de YEre nouvelle). C'est toujours la même servilité dans la même médiocrité : il est impossible de délayer plus tristement le mot indigne et si peu catholique d'Ozanam : « Passons aux Barbares ». Oh! que vous avez raison de dire qu'il nous faut étudier la vie des saints des premiers siècles, précisément afin de voir comment l'Eglise a résisté aux Barbares, au lieu de les courtiser. » (1)
Maret ne sépare pas la Liberté de la Démocratie. Nul n'a jusqu'à ce jour affirmé plus haut les harmonies secrètes qui existent entre la Démocratie et le Christianisme. Ecoutez-le : « Fille du Christianisme et de la raison, la Démocratie moderne est le dernier terme des progrès sociaux; elle peut être la meilleure des sociétés. » (2)
Il écrira plus tard : « Est-il vrai que les doctrines de la Démocratie soient la négation des doctrines du Catholicisme? Trois mots résument le symbole de la Démocratie : Liberté, Egalité, Fraternité. Il est inutile sans doute de prouver que l'Egalité et la Fraternité, loin d'être ennemis du Christianisme catholique, sont une émanation de son esprit...
» La Liberté politique est le droit de faire la loi et d'instituer le pouvoir appelé à l'exécuter. La Liberté n'est complète que lorsque