‹ Le catholicisme libéralChapitre 12 sur 24 · Bazin, t. I, p · texte numérisé non relu

Bazin, t. I, p

ce droit appartient à la nation tout entière. Une

nation n'est vraiment libre et maîtresse d'elle-même que lorsque tous les citoyens, par eux-mêmes ou par leurs mandataires, président à leurs destinées en établissant la loi qui doit régler tous leurs intérêts temporels, en déléguant à un gouvernement de leur cboix le pouvoir d'appliquer la loi qu'ils ont décrétée. La Liberté politique est donc identique à la Souveraineté.

» La Souveraineté est une émanation de Dieu dans la nature humaine... Dieu a élevé la nature humaine à la participation de sa souveraineté. Or, comme les hommes participent à la nature humaine, tous entrent en partage de la souveraineté; et, dans une nation, la nature humaine étant représentée par la totalité de la nation, c'est la totalité de la nation qui possède la souveraineté. Elle a le droit de commander à tous ses membres, de faire les lois, d'instituer le pouvoir exécutif.

» Cette théorie, simple et évidente comme la vérité elle-même, est-elle donc opposée à la théologie chrétienne? Que venons-nous de faire, sinon de présenter sous une forme rationelle l'enseignement constant des plus grands docteurs et des meilleures écoles de théologie! » (1)

1. Vie de Monseigneur Maret, par Bazin, I, 241-242. On ne se lasse pas de citer le fondateur de Y Ere nouvelle. Chacune de ses propositions appelle dans la mémoire où elles lui font un cortège bruyant, les déclarations de nos Sillonistes et de nos Démocrates. Les idées et las tendances sont les mêmes. Le nouveau est dans le verbe et dans les images.

Voici la pensée de l'abbé Maret sur les causes de nos révolutions : notre siècle en est venu à demander à la société une perfection qui dépasse les forces communes de la nature humaine. Après avoir appris de l'Evangile un idéal social, il s'exalte et il s'épuise dans de redoutables expériences pour le réaliser sans l'esprit évangélique avec les seuls éléments de la volonté et de la raison. Tout ce que notre siècle poursuit de grand, de populaire, de juste, de divin, sera accompli quand il saura bien que Jésus-Christ est non pas seulement la vérité, l'idéal, mais encore la voie et le moyen. La Démocratie cherchait alors le Catholicisme sans le savoir et quelquefois en le maudissant. Dans ses agitations fébriles, elle était en quête de ses vertus. Le mal du pays de l'Evangile la tourmente, et elle n'aura de repos que le jour où elle reposera sur le cœur du Maître, qui est la Charité (1).

L'abbé Maret aurait voulu créer une véritable école sociale catholique dans le but de ramener le clergé à sa tradition. Car nos prêtres semblent avoir perdu le sens du grand apostolat ecclésiastique. Il leur rendrait ainsi l'art d'évangéliser les peuples, au lieu de s'épuiser en une action individuelle.

Une partie du clergé est gagnée d'avance aux entreprises de ce genre. Les jeunes se laissent séduire les premiers. On les voit se jeter sur YEre

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