Boutard
terre el l'argent, et le pauvre, qui ne peu! mettre ([lie son travail dans le fond commun. » (1)
En somme, Lamennais, par ces exagérations du rôle de l'Eglise et de son clergé, comptait ramener sur terre l'âge d'or de la théocratie. On pense, en lisant certaines de ces pages, à ces prophètes du Chiliasmc, qui promettent aux hommes mille ans de paradis terrestre avant la consommation des siècles.
Le titre du journal symbolise cet Àvehir, vers lequel Lamennais pousse les prêtres et les Catholiques. Ce sont les seuls qui l'écoutent. Il veut les faire passer des idées aux actes, et cela sans perdre de temps. La séparation de l'Eglise et de l'Etat est le premier article de son programme et aussi l'entrée dans les phases de l'évolution. Du jour où le clergé aura brisé l'entrave concordataire, il aura la liberté de les parcourir successivement. 1
Le danger des théories modernistes, élaborées par Lamennais, échappait à ses lecteurs. Ses ennemis eux-mêmes ne parvinrent guère à le discerner. Les uns et les autres remarquèrent surtout ses déclarations pratiques. Son projet de rupture du Concordat déplut auU évêques et aux hommes du gouvernement. De leur côté, les Légitimistes en avaient peur. Les Libéraux avancés se trouvèrent seuls d'accord avec les rédacteurs de V Avenir. On s'en émut à Paris et dans