Chapitre XII
« 2. Je sais qu'un homme, qui est en .Jô^us-Clirist, fut, ravi, il y a quatorze ans, juste au troisième ciel. Si ce fut avec son corps ou sans son corps, je ne le sais pas, Dieu le sait.
« 6. Si je voulais me glorifier, je ne serais pas imprudent, car je dirais la vérité ; mais je me retiens, de peur que quelqu'un m'estime au-dessus de ce qu'il voit en moi. »
Saint Paul explique ensuite dans un langage d'une sing-ulière vigueur que comme compensation à la grandeur d'une telle révélation, il lui a envoyé dans sa chair une mortification qui semble être un penchant personnel d'une grande intensité, peut-être l'instinct sexuel. Il prie le Seigneur de l'en délivrer, mais il lui répond que sa grâce lui suffit.
C'est donc en lui que saint Paul a pu contempler, dans un cas décisif, la lutte de la nature et de la grâce ; en termes positifs, de l'égoïsme et de l'altruisme.
... « 10. C'est ce qui fait que je sens de la satisfaction dans les faiblesses, dans les outrages, dans les nécessités, dans les persécutions,Mans les afflictions pressantes que je souffre pour Jésus-Christ : car lorsque je suis faible, c'est alors que je suis fort.
« 11. J'ai été imprudent en me glorifiant ; c'est vous qui m'y avez contraint ; car c'était à vous de parler avantageusement de moi, puisque je n'ai été en rien inférieur au plus éminent des apôtres, encore que je ne sois rien.
« 12. Aussi les marques de mon apostolat ont paru parmi vous par une patience à l'épreuve de tout, par les figures, les prodiges et les miracles. »
Il y montre que, comme Jésus-Christ a été crucifié, puis glorifié, il a donné l'image de la lutte victorieuse par laquelle nous surmontons nos propres faiblesses.
Saint Paul donne donc le premier exemple caractéristique, tant développé par le catholicisme, d'une âme qui s'analyse elle-même pour se perfectionner. Un travail fait sur saint Paul, à ce point de vue, pourrait avoir un véritable intérêt.
Il nous faut maintenant exposer les divers dogmes
principaux de la doctrine catholique dont toutes les bases sont dans saint Paul et rien que dans saint Paul. La première condition du catholicisme consistait évidemment dans une foi absolue aux bases révélées. La foi est donc la condition première et capitale; sans elle on retombe dans les divagations indéfinies de la métaphysique, et cela d'autant plus que le caractère dogmatique est plus subjectif. Aussi, saint Paul proclame-t-il la foi comme la condition absolue de la nouvelle doctrine, cela revient constamment dans les Epîtres et l'Eglise catholique a systématiquement sanctionné cette prescription. On peut voir dans le chapitre XI de l'épitre aux Hébreux une coordination de ce principe fondamental.