‹ Le CatholicismeChapitre 18 sur 42 · Chapitre IV · texte numérisé non relu

Chapitre IV

« 13. Or, nous ne voulons pas, mes frères, que vous ignoriez ce que vous devez savoir, touchant ceux qui dorment, afin que vous ne vous en attristiez pas, comme font les autres hommes qui n'ont pas d'espérance.

« 14. Car si nous croyons que Jésus est mort et ressuscité, nous devons croire aussi que Dieu amènera avec Jésus ceux qui se sont endormis avec lui.

« 15. Aussi nous vous déclarons, comme l'ayant appris du Seigneur, que nous qui serons vivants et réservés pour son avènement, nous ne préviendrons point ceux qui sont dans le fiommeil de la mort.

« 16. Car aussitôt que le signal aura été donné par la voix ■de l'archange et par le son de la trompette de Dieu, le Seigneur lui même descendra du ciel, et ceux qui seront morts •en Jésus Christ ressusciteront d'abord.

« 17. Puis nous autres qui serons vivants et qui aurons été réservés, nous serons emportés avec eux dans les nuées, pour aller au-devant du Seigneur au milieu de l'air; et ainsi nous serons pour jamais avec le Seigneur. »

Il engag-e les fidèles à se moins préoccuper de l'avènement du royaume de Dieu et il profite de l'indétermination propre à un tel avènement pour engager les fidèles à se tenir toujours prêts. Mais, à mesure que les temps s'écoulèrent, la résurrection n'arriva pas plus que le royaume du ciel ; aussi l'Eglise a-t-elle fait un dogme précis de l'indétermination d'une telle époque et a-t-elle

déclaré hérétiques ceux qui, comme les millénaires, voulaient la déterminer. Saint Paul avait ainsi emprunté à Jésus la conception qui donnait une destination collective aux divers chrétiens. Cette destination était collective en ce sens que l'on traçait à tous un but commun, mais sans que la coordination des efforts y fût indispensable. Et suivant la formule du grand Corneille dans V Imitation de Jésus-Christ : « Où tous les hommes vont, aucuns ne vont ensemble », la charité mutuelle était imposée arbitrairement par Dieu comme moyen d'atteindre le but, sans que l'on pût en comprendre nullement la nécessité. Saint Paul dut sentir sans doute cette fatale et nécessaire lacune de la doctrine catholique, dont le caractère est nécessairement personnel. Il chercha à y remédier et il y arriva par une théorie mystique de la solidarité. On voit, dans les chapitres XII et XIII de l'épître aux Corinthiens, l'exposition de sa doctrine à ce sujet. Il y conçoit tous les hommes liés entre eux parce qu'ils sont les membres de Jésus-Christ et font ainsi partie d'un même être, un même être réuni par la charité commune qui est alors proclamée comme la base de l'ordre moral :

1" BPITRE AUX CGRINiniENS

Page 1