T. F, C A V S EUR
ci dont La lUrpc a linenicnt dit que celait le supplciuoiit derexpérience, si l'expérience avait besoin de supplément.
Mais il ne faut pas élever Duclos, pour cet écrit, à la hauteur de La Bruvère et de Pascal , qui étaient d'autres penseurs et d'autres philosophes que lui. Ces deux £i;rands hommes ont donné des maximes pour tous les temps €t pour tous les lieux. Souvent Duclos n'envisage que son siècle léger et la trance. On a fort relevé le premier mot qui commence ce livre vanté : J'ai vécu; et Ton a ci u y voir la morgue philosophique de Rousseau, de Diderot et autres qui étaient les amis de Fauteur. Je ne suis pas si difficile , et c'est avec la même impartialité que je glisserai sur les Mémoires des Mœurs du dix-huitième siècle, ouvrage uniquement destiné aux femmes, et qui pourrait bien ne pas passer à la postérité. On lira avec plaisir , une fois , son J^oyoge d'Italie , mais on ne le relira pas. Ses Mémoires secrets sur la Régence ^ peuvent occuper
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une soirée. Il avouait lui-même qu'il n'élait pas poète, et son opéra des CaraC" tèrçs de la Folie en est une preuve.
Enfin Duclos^ qui était de l'A cadémie des Inscriptions et de l'Académie Française, Duclos, Instoriograplie deFrance, et l'ami de Fontenelle, Luclos dont la conversation était toujours entraînante, n'entraîne pas de même par la lecture.
Peut-être on pourrait dire de lui ce qu'on a dit de Fontenelle , qu'il est audessus de ses ouvrages. Je dis peiil être, parce que Fontenelle était un autre homme.
Croirait-on que dans sa fameuse histoire de Louis XI, Duclos ait parlé, tant d'années avant notre révolution , de la nécessité de rendre uniformes les poids et les mesures, et d'améliorer les lois ? 11 est vrai que dès ce temps , plusieurs hommes d'esprit ai^itaient cette question , et que le gouvernement chargea même le chancelier d'Aguesseau de travailler à un plan de réforme. Mais ce grand magistrat, après avoir bien
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examina' la rlioso, trouva qu'il y aurait plus crincoiivéniens que d'avantages dans la lot'ornie , ot les clioses eu rcstèrcut là jusqu'à nos jours.
Du reste , cttte liistoire de Louis XT^ qui fit tant de bruit sans être fort merveilleuse , fut supprimée par arrêt du conseil, poiu' quelques observations un peu trop libres : et, ce qui paraîtra foit étonnant , c'est que ce fut pourtant à cet oav]a.!',e que Duclos dut la place d'bistorios^rapho de France , devenue vacante par la démission libre de ^ ol* taire. A cette occasion , l'abbé Desfontaiue disait , que c'était pour l'empocher de parler ,• ut obslrueretur os loquenils imqjia.
Duclos avait toute l'imagination et quelquefois toute la brusquerie de son pays. wSouvent, quand il allait diner dans une maiso , s'il y voyait quelqu'un qui lui déplaisait , il ne se mettait pas à table et sortait sans rien dire.
M. de Nouai de laHoussaye, dans son éloge de Duclos, dit qu'il donna sa voix
à l'aulcur de la Métmmmiie, pour être reçu à rAcatlemie , en disant à ses confrères : « S'il y aA'ait eu une Acade'mie à Rome, aurait-on refuse' d'y admettre Horace, Ovide et Virgile, sous prétexte d'un excès de fiberté dans leurs poésies ? » Si Duclos a dit cela , il a mal dit : sans doute Horace est quelquefois trop libre; il n'est pas cependant au dernier degré de l'obscénité. Ovide se permet trop d'images licencieuses, mais ses expressions ne le sont pas. Pour le sage Virgile, tous les critiques conviennent que c'est très-gratuitement qu'on a voulu salir son nom de tant d'infâmes épigrainmes, dont voulait parler Duclos.
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