‹ Le CauseurChapitre 17 sur 63 · MORALES DES FEMMES · texte numérisé non relu

MORALES DES FEMMES

At rr.iNTioN , Mesdames, \.{\v\ \\n a-iteur qai vous consacre ses taWns et

92 L E C A tJ s E U R.

son savoir, ci qui a (3it~il juré udeifous ramener à la nature , en resserrant les liens qui encliaînenl les êtres bien nés à l'ordre social? Je vous entends, Mesdames , répéter avec entliousiasnie , que l'auteur d'un si /i^rand prodij^e mériterait des statues. Voulez-vous maintenant savoir quel estle îféiàitutélaire qui vous pvv-nd sous sa prott clion avec tant de sollicitude ? C'est M. i'o^veau Laffecteur dont le nom est accompajijné des titres de médecin chimiste et (ï auteur du rob anti-syphilitique , avec lequel je souliaiteque vous n'ayiezrien à démêler.

On est disposé à croire à la réussite des vues philantropiques de M.l.ojveau Laffecleur , lorsqu'on voit quelques échantillons de son st^yle. « Trente ans « de travaux utiles , dit-il, me doimant « qu Iquts droits de l'aire homniai^e au « seooeàvi résultat de ma lon*];ue expert rience.... soulager la moitié du genre t( humain ,,etle .aire avec désintéressement , c'est pour moi Ir. bien suprésne. »

Vous lie devliicricz | ^is quel est le pre-

miormoycn qneraiilenr emploie pour se procurer le bien supretne? c'est de présenter le tableau des écrivains anciens et modernes qui ont crayonné les maladies des femmes et leurs remèdes. Ainsi , des notices biographiques ^ pourvu qu'elles soient crayonnées par M. Boyveau LafTeeteur , ont une vertu préservative et curalive merveilleuse.

De ce premier moyen l'auteur passe aux moyens généraux. Ceux qu'il indique consistent à suiç/e, pour' ainsi dire, le temps pas à pas , pour l'empêcher d'accélérer sa pente inéçi table vers la désorganisation et la rnoii, ; et il motive ce sage précepte sur l'observation très-concluante, que le sexe aune horreur innée de la destruction , même in^sensible , de son être :

Après cette explication, dont la clarté nous parait admirable, l'auteur forme la résolution de graduer ses principes. Et quelle est sa méthode pour les graduer d'une manière aussi claire que les citations qu'oûvientdelire? il examine la

9'* L F. C A U s E TT R .

fcMiinie SOUS les deux rapports î^cncraux des influences plij^^siques et inorales. Cela fait , il s'applaudit beaucoup d'avoir pris ce parti, attendu que ce n'est qu'en dé" composant les êtres que Tordre social a viciés , que le médecin pliilosoplie peut les ramener dans le sentier de la nature. Et voilà pourquoi j dirait S^anarelle , votre fille est muette,

Le sexe ainsi décomposé ^ M, Bovveau LafFecteur,déclareqne ce sexe n'est point indifférent à V observateur. Nous ne présumons pas que personne veuille contredire jamais M. Boyveau sur ce point.

Approfondissant ensuite son sujet , il nous apprend que ce sont les agens physiques qui enchaînent les femmes à la vie ou qui les en détachent , qui les font bénir oiiblasphéraerla Providence.

^\)ilàune remarque postivcj cependant l'auteur dit ^ quelques lignes plus bas : « La femme étant douée d'une sensibi- (( lité bien plus exquise que l'iiomme , (( elle tient peut-être encore plus au bon- « heur par les chaînes morales que par

L r C AU s E U I<. ()5

(<. les chaînes f)h)si{j::es. » :.' CMni^iuu dos lecteurs ne verra dans ces deux opinions qu'une contradiction manifeste- Mais nous , (|ui nous y connaissons , nous sommes persuades que M. Ijoyve.'iu LafFecteur n'a pu se contredire, car il assure dans sa pre'face , que son livre doit être conside're' comme le manuel des femmes.

Page 1