‹ Le CauseurChapitre 22 sur 63 · L F. C A US E U II · texte numérisé non relu

L F. C A US E U II

celle ville à i aiis^ et l'on nous en propose de seniblal}l(S, sans songer qn il est impossible d'en eJal.lii",au moins dans la plus jurande partie dos rues, à cause dt; leur peu de largeur ,• mais il y a un moyen aussi simple que peu dispendicax.de produire à peu près le mé- Bic ellet ,• c'^est de poser d<'s borner de tellesiormrSjdelelb sîiianières, qu'elles servent de garantie aijsolue contre le cliO{ des voitures ; et conibien n"a-t-on pas droit d'espe'rcr qu'on en placera partout où la sûreté pid^lique l'exigera, quand on en voit une multitude sur des marclie's où elles ne font que gêner là. circulation ?

Les bornes dans les rues ont deux objets principaux et essentiels , dont jusqu'ici on ne paraît pas s'être beaucoup occupé : l'un de protéger les murs des propriétaires de maisons ^ l'autre d'assurer aux gens de pied un asile contre la vitesse des clievaux et l'étourderie fréquente de leurs conducteurs, surtout dans une ville de grande poJDulalion.

l5d tECkVSEVK.

Eh bien ! dans Vétat actuel des choses, ces deux objets sont totale ment manques; pour s'en convaincre, il suffit de jeter les jeux sur cette quantité de petites bornes roni^e'es et dc'i^radées delà plupart de nos rues; elles y sont d'une nullité absolue pour leur destination j)rii]iitive ; il y a même des quais, des rues ou parties de rues, dans lesquelles oti n'en voit point du tout, et où les murs sont entamés, sillonnés de cinq à six lignes de prolondeur.

Qu'est-il arrivé de là ? une foule d'accidens connus et beaucoup d'autres ignorés : quand on en est quitte pour un habit sali ou déchiré , ce n'est rien ; mais il est peu de jours qu'il n'en arrive de plus graves. Voici ce que je propose pour atténuer les dangers dont on est menacé à chaque instant, et suppléer, autant qu'il est possible, à des trottoirs jïnpraticables.

C'est , I o. qu'il y ait , dans un temps donné, sur les quais et dans toutes les rues, des bornes ivSolées . de i'orme cy-

T. i: r; A u s E u T? . i Sg

lindrique^ hautes de deux pieds et demi et de dix - huit pouces de diamètre , pincées à dix ou douze pieds au plus de distance les unes des autres, et à six ou sept ponces de distance du nuir dans les rues oi'dinaircs ;

2°. Que sur les quais,places publiques, et dans toutes les i^randesrues excédant quarante - deux pieds de large , elles soient placées de quatre à six pieds de distance du mur,-

3". Qu'à tous les coins de rue , on en pose trois à un pied et demi du mur, et H deux pieds de dislance entre elles;

4". Que partout où il j a des façades de boutiques avancées sur l'alignement de la rue, des bornes les dépassent de six pouces au moins;

5*. l^nfin , qu'il soit permis aux propriétaires de maisons de taire servir leurs bornes Jion dégradées, en les rapportant sur la rue, de façon qu'elles forment une saillie de deux pieds à leur base, en attendant qu'ils en fassent poser de nouvelles dans la forme presciite.

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On ne se lasso pas (radmircr le soin qu'ont les propriétaires de maisons situées à des coins de rues, de garantir ces maisons par trois ou quatre bornes liées ensemble avec des bandes de fer • ce sont des espèces de lortiflrations qu'ils étalilissent là pour la sûreté de leurs maisons , uniquement, et sans aucune considération pour les gens de pi. :i ; mais toutes los précautions que j indique deviendraient inutiles et illusoires , si la longueur des essieux des voilures qui circulent dans Paris , n'était pas déterminée , et si elle excédait lir.it à dix pouces hors du cercle que décrit la roue : il n'est pas rare de voir de ces essieux et moyeux dépasser le jantra£fe de plus d'un pied et demi^ et alors il est évident que les bornes ne servent plus à rien ; au lieu qu'étant fixées à huit pouces, comme je viens de le dire, il s'en trouvera seize d'intervalle entre eux et le mur , ce qui donnera une garantie sufifisante pour ne pas être blessé.

Quant à la saillie des boutiques ( i ) qui exigera cU s bornes en avant, il est aisé de sentir que, sans cette mesure , la sûreté publique sera toujours compromise : on voit de ces saillies depuis y-ix jusqu'à quatorze dans les rues les plus fréquentées j et c'est à qui dépassera son voisin, en encadrant les bornes dans la boiserie qu'ils établissent, defaçonqu'cn bien des endroits elles ne peuvent plus être aperçues, bien loin de servir à quelque chose. Mais si cette innovation est très-dangereuse pour le public, elle ne Test pas moins pour les marchands euxmêmes. JNe serait-il pas cruel en efllt pour eux , de voir toutes ces magnificences qu'ils étaleuten glaces, sculptures, dorures, etc., emportées ou déchirées par l'essieu de la première charrette abandonnée de son conducteur ?

Toutes ces observations pourront peut-être paraître minutieuses à ceux

(0 Je dis boutiques; j'ai tort, il n'y en a plus à Paris : tout est magasin.

de nos beaux esprits qui iic nous ofFiciit que de vastes conceptions, qui nous amènent, de la mer au Gros-Caillou, des vaisseaux de cinquante canons, qui ibnt passer des rues par dessous des (■"lises, pour éviter les détours, etc.; mais j'ose espérer qu'elles mériteront l'attention des autorités supérieures, toujours empressées d'accueillir des vues utiles, et que de saf,^es réglemens préviendront à l'avenir les dangers imminens auxquels est exposée chaque jour la classe la plus nombreuse des citoyens d'une aussi grande ville que Paris.

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