LE MAITRE DE FORGES R I M E U R
Un maître de forges a forgé à coups de marteau et fait imprimer à Lure , un poème en trois chants, intitulé ,• Moins (pic n'en sur les forges. Ce litre est trop modestej car à la pesenteur des vers y
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on s'aperçoit que les trois chants forges par notre forgeron , sont aussi lourds <jue le 1er qu'il forge.
Je vais clunler ia forge avec tous ses fourneaux ,
dit- il, en de'butant. On lit ensuite que
Dans le terrein jaunâtre on trouve la greluche : Pour la bien nétojcr on se sert iVime huche. Lavez celle de grain dans \olre jjufouïllel ....
Ces vers sont trcs-instr actifs ; le palouîllet produit un effet encliatiteur ! Les SLiivans joignent au mérite de 1 instruction, celui de riiarmonie poétique:
Ou y voit Tubulcain qui fondit le métal, Schwdimbet^, TVesserling, Obei-bntck, Klingental , Le binocle , les crics, les gongons , les tenailles , Le culol , le merrain , le borax , les cisailles , Cruse , brasque^ casline, engrainage etpalard. Hydrogène , bobine , et ionard et geulard, etc.
Quelle heureuse énumération de mots techniques ! Comme cette poésie est imitative des travaux d'une forge ! mai» le tableau que fait noire poète Cyclope
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de sa vie active , est surtout aussi intéressant qu'admirable. Soyez tout oreilles :
Sans cesse remuant , toujours sur le qui vive
On le cherche partout : est-il au patouillet ? Il vient de le quitter; il est au martlnei. Cependant il le faut : que n'a-t-il pas à laire?.... Mais c'est perdre son temps. Après beaucoup de mal , Un gougat curieux Ta vu sur son cheval.
Voilà ce que l'on appelle une peiniiire animée! Cependant, en galoppant^ le héros a gagné de l'appétit ; il songe à dîner ;
; .' . . et je le vois à table ,
Auprès de son ami , où d'un savant aimable..;
afin de vous faire perdre de vue Fli^ atus de ce dernier vers ,
Hàtez-vous de manger; laissez-là les gourmands,
dit-il , et il passe aux douces occupa-* tions de la soirée ; le style de l'auteur devient alors singulièrement touchant;il trace des sccues isi patriarchales , que
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l'on croil voir Abraliam, Isaac et Jacob étajjlis dans une forge :
Le soir est consacré aux soins de la famille : Il forme ses enfans , il fait chanter sa fille ; Mais toujours fatigué par ses conceptions ,
11 donne à ses enfans des éducations
Le souper toujours gaî , de la nuit est l'annonce ; On le quitte à regret , dans ses draps Ton s'enfonce.
C'est le cas de souliaiter le bonsoir à M. le maître de forges de Lure , ainsi rju'à sa muse liarmonieuse et fecunde.
Quil goûte un doux repos cet Homère des forges et qu'il y puise une vigueur nouvelle pour continuer à nous marteler des vers d'un cachet aussi pre'cieux que ceux que nous avons cités • ils sont dignes de porter le même titre que son poème.
LE CAUSEUR. 2l5
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