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sables qui le couvraient ; ainsi clans le commerce des hommes il y a un flux et reflux continuel de vices qui les porte sans cesse de l'un à l'autre. Un homme était né vertueux et son cœur innocent ne connaissait ni l'artifice ni l'imposture : le monde , en un insîant, lui a ravi toute sa vertu; mille objets ont été réveiller au fond de son cœur des passions qu'il n'y connaissait pas ; \ ui-méme séduit y ébranlé , emporté , est surpris de se trouver criminel sans en avoir formé le dessein. Ses vices impatients de se répandre , vont, à leur tour corrompre les mœurs des autres hommes , et bannir d'entre eux l'harmonie et le bonheur.
Les blenséajices peuvent seules arrêter le cours de tant de maux , elles sont la dernière digue que l'auteur de la nature ait élevée contre le torrent de nos passions; on ne la franchit pas aisément. L'amour-propre qui nous fait désirer l'estime des autres hommes, lors même que nous le méritons le moins , nous
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oblige de leur dérober le fond de notre cœur : ainsi les bienséances sont le resso rt principal de nos actions^ lorsque l'amour de la vertu n'agit plus sur le cœur^ elles nous obligent au moins d'en conserver l'image dans notre conduite.
Qu'on se garde bien cependant de coiifondre le respect des biense'ances avec ce vice lionteux qui n'emprunte les dehors aimables et scduisans de la vertu, que pour couvrir des haines, des trahisons et des perfidies. La plupart des vices ont leur source dans les faiblesses de l'homme : plusieurs même, osons le dire, ont la leur dans les cjualités les plus nobles et les plus estimables. L'hypocrisie ne nait que de la corruption et de la bassesse du cœur ; l'homme vicieux qui olDserve les bienséances^ semble conserver une sorte de respect pour la vertu,- et dans la société, les mœurs se souiiennent encore sous ces nobles apparences : l'hypocrite qui se joue de la vertu, emprunte son image pour cacher ses perfidies. Le premier II. 1 1
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ne renferme ses vices au-tledans de luiineme, que pour éviter la honte qui les accompai^ne ; le second n'empeclie ses vices de s'échapper , que pour en recueillir plus sûrement le iVtrit ', c'est le dernier effort de la perversité humaine. L'un est cetanimalterribledontlac/z^^m^ rend toutes les fureurs impuissantes j l'autre est cet animal féroce qui déchire impitoyablement ceux que sa voix trompeuse vient d'attirer dans ses filets.
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