L'AVOCAT DES CHIENS
* Peut-on espe'rer de fixer l'altention par des rétiexions sur le dan^^er d'atteler des chiens à des cavrioh^s^ que l'avidité . des maitres ne manque pas de charger outre mesure , en ajoutant au l'ardeau même leur personnelle et matérielle enveloppe ? Que sont en efllt des reflexions qui ne portent que sur des ciiiens ? Je crains bien que mes protégés malheureux n'iuvSpirentiii liiitérét du moment, ni même la controverse qui résulte dune opinion fausse ou vraie. Cependant, pour entrer dans mon sujet, je dis qu'il n'est pas un honnête H. 5
5o LECIUSEUR.
habitant de Paris qui n'ait vu , sans souffrir lui - nicine , ces chiens haletans , l'œil en l'eu , la langue tombante t;t desséchée, rugissant en quelque façon
contre la nature expirante j et tout
cela^ pour servir et promener leurs misérables dominateurs. La pitié k part, ainsi que les conséquences qui résultent de celte funeste mode , n'est-il pas ridicule de voir ces hommes parcourant les rues de Paris , les routes de la banlieue , se liaisant , avec leurs chiens et leurs patentes les rivaux de la poste qui ne peut les atteindre,et levant u ne tête plus altière que le vainqueur de Babjlone au milieu de son char de triomphe. C'est en vain que quelques observateurs s'arrêtent, plaignant tout haut ces pauvres coursiers , maudissant tout bas l'orgueilleux maître. Celui-ci redouble de vitesse , et, du haut de son siège, laisse tomber la correction sur des animaux qui l'ont moins méritée que lui. Que de dangers peuvent résulter de cette bizarre coutume î Une canicule dévorante peut les
développer d'une manière funeste ! Le cliien est-il né pour traîner des cliars , des voitures , des hommes ? La nature ne l'a-t-elle lait doux , aimant et docile que pour obéir à des fantaisies barbares ? Faut-il que dans cette pénible tache qu'on impose à la faiblesse de ses organes ^ il soit exposé à trouver une mort certaine , précédée des convulsions d'une maladie à laquelle le médecin vrai et sans système , avouera ne connaître pas encore de guérison ?
\iendra-t-on nous citer l'exemple de la Belgique, où , dit-on , les chiens servent à tout ? Eh ! que m'importent des exemples qui révoltent la raison et compromettent la sûreté publique ! N'est-il pas évident que le sang allumé, ou, ce qui est la même chose , raréfié par l'extrême sécheresse^ porte l'incendie qui dévore, dans tous les canaux de la circulation , et que les fluides réduits à lien, ne laissent pour dernier terme que la disparition malheureuse du chien malade; qui; avaut de finir; peut
ravager et porter la désolation ctlamort dans les hameaux et dans les cités ! De tous les animaux qui existent, il est prouve', démontre', que le chien est le plus sujet à la rage. La raison s'en tire de l'absence d'une transpiration que la nature lui refuse. Pourquoi donc ajouter encore aux dangers qui le menacent dès le principe de son existence ? N'estce pas assez de s'en faire un gardien fidèle, quinetrompe jamais- un amisûr^ qui sait mourir de douleur sur le tombeau de celui qui fut son maître ? Fautil encore en faire une béte de somme ou d'attelasfe ?
Caniphile,
«/V\/WV»,V\\\\\*VVVWWV\^W\ WNMV\ W MVV\V^«*WW\VWVVVMW IWVWWI