ACHILLE ET EUGENE DEVERIA
ensomme,toutcelane vaut pas^comme art,ses meilleures lilhog^raphies. — Il avait exposé, en 1822, une série de portraits vraiment remarquables, dont ceux de Descartes, Racine, Corneille et M°>® de Sévig-né. En 1829, tout Paris admira son portrait de Victor Hugo, et il ne fut pas moins heureux, l'année suivante, avec celui de Lamartine. Gigoux, qui s'y connaissait, dit en ses Causeries : « Un quelque chose de plus, et ce seraient des eauxfortes de Van Djck, mais ce quelcjuc chose n'y est pas. » N'empêche que ces portraits sont aujourd'hui classiques. Victor Hugo écrivait à Lamartine, le 12 juillet i83o :
« Devéria a fait un portrait de vous que j'ai trouvé beau et que je lui ai conseillé de publier. C'est une grande et noble fig^ure qui débarbouillera l'idée étrange que le public devait se faire de vous d'après tous les petits portraits coquets, mignards et décolletés qui couvraient vos éditions (i). »
On trouvera ce beau portrait de Lamartine en tête de l'édition orig-inale de son Voyage en Orient.
Est-ce lui qui dégoûta à tout jamais le poète des Méditations des dessins dcMindoze et de Deseiuïe lithog'raphiés par Motte? Peut-être; ce qu'il y a(l^ sûr, c'est (pie, dans les éditions des (inivres de
(i) Lettre à Lamartine, p. io4.
LE CENACLE DE JOSEPH DELOU.ME
Lamartine postérieures à ce portrait, il n'y en a plus de ces deux dessinateurs.
On raconte que Devéria gaçnait à cette époque avec son crayon gras de deux à trois cents francs par jour. Mais il n'en était pas plus riche, sa mère et sa sœur dépensant l'argent sans compter. Il vint même une heure où, à force de travailler de chic pour contenter sa nombreuse clientèle, il finit par mécontenter tout le monde et perdit jusqu'au respect de son art. Ce jour-là il se vit obligé de solliciter un emploi pour vivre, et Bixio le fit entrerjCn 1849, ^ ^^ Bibliothèque nationale, où, d'ailleurs, il rendit les plus grands services en mettant de l'ordre raisonné dans le chaos du départementdes estampes.
Il mourut en 1807. Vers le même temps, son frère Eugène, après avoir exposé trente ans durant toutes sortes de tableaux du genre historique (i), sans pouvoir retrouver le succès de sa Naissance d'Henri IV, quitta Paris et se jeta, je ne sais sous quelle influence, dans l'apostolat religieux.
Ayant d'abord planté sa tente à Avignon, il s'y signala par un prosélytisme catholique qui étonna tout le monde, car on est encore plus païen que
(i) Notamment la Faite en Egypte (i838), la Résurrection du Christ (i844). l'Inauguration de la statue d' Henri IV k Pau (18A6), la Mort de Jane Seymour (1847), les Quatre Henri (1857); la Réception 'de Christophe Colomb par Ferdinand et Isabelle (1861).