‹ Le cénacle de Joseph Delorme,Chapitre 3 sur 46 · LES ORIGINES MATERNELLES DE VICTOR HUGO · texte numérisé non relu

LES ORIGINES MATERNELLES DE VICTOR HUGO

I. — Les prétentions nobiliaires de Victor Hugo. — Ses armoiries. — La légende et l'histoire. — Petit-fils d'un menuisier de Nancy. — L'adjudant-major Joseph-Léopold- Sigisbert Hugo en Vendée. — Ses Mémoires . — Son rôle au conseil de guerre du château d'Aux et dans les massacres de Bouguenais. — Son humanité envers les vaincus,

n. — Sophie Trébuchet, mère de Victor Hugo. — Ses origines-nantaises. — Le petit bourg d'Auverné. — Les Trébuchet et les Le Normand. — Une famille d'hommes de loi* — Les voyages au long cours du capitaine Trébuchet. — La traite des nègres à Nantes à la fin du xviii® siècle,

III. — Le mariage civil du major Hugo avec Sophie Trébuche!.— Sophie fut-elle une brigande de la Vendée? Fausse légende répandue sur son compte. — Edmond Biré et les erreurs du «témoin )) de Victor Hugo raconté.

ly. — Lettres du chef de bataillon Hugo et de sa femme au général Lahorie à l'occasion de la naissance de leur fils Victor. — Laurent Pichat publie ces lettres dans les Poètes de Combat, et Mme Victor Hugo les reproduit en les défigurant. — Pour une devise. (( Je meurs où je m'attache. »

V. — Volney et Victor Hugo. — Pourquoi le grand poète espérait à vingt ans devenir pair de France. — Volney pamphlétaire à l'approche de la Révolution. — Explication de son séjour à Rennes. — Son pamphlet de la Sentinelle du Peuple. — Ce que Victor Hugo devait à sa mère et à sa

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jPamille maternelle. — Source de l'épisode du combat de Gil- Hat et du Poulpe dans les Travaillears de la Mer, — Le pseudonyme de V. d'Auverney pris par Victor Hugo dans le Conservateur littéraire sert plus tard à son fils Charles. — Le capitaine Léopold d'Auverney de Bug-Jargal. — Les derniers représentants du nom de Trébuchet au pays nantais.

On lit à la page 3 de VEnfa^nce de Victor Hugo^ par M. Gustave Simon :

(( Etait-il de noble lignée? N'avait-il, au contraire, comme ancêtres que des cultivateurs et des menuisiers? Ceux qui se passionnent pour ces recherches archaïques ont fouillé consciencieusement les archives afin de fixer cette botanique d'arbres généalog iques. Ils n'auraient peut-être pas mis tant d'ardeur à interroger les vieux parchemins, s'ils avaient connu le dédain de Victor Hugo pour ces sortes de controverses... »

Dédain est ici de trop ; car, si Edmond Biré prit tant de plaisir à nous prouver que Victor Hugo n'était que le petit-fils d'un menuisier de Nancy, c'est que le grand poète s'était vanté jusqu'à soixante ans de descendre de la cuisse de Jupiter, autrement dit de Pierre-Antoine Hugo, né en i532,

conseiller privé du gTand-duc de Lorraine, qui épousa la fille du seigneur de Bioncourt (i).

Auguste Barbier raconte qu\m jour, dans un dîner chez Bonnaire, de la Revue des Deux Mondes^ Victor Hugo disait qu'il s'estimait, lui, simple vicomte, bien meilleur gentilhomme que* tous les princes en in ou en ki de la Russie (2). — Il faisait alors figurer au-dessous de son nom, dans les annuaires de la noblesse et dans les articles qu'on lui consacrait, tantôt les armes des Hugo de Lorraine : d^azur à un chef d^ argent^ chargé de deux nierlettes de sable^ tantôt celles que le roi d'Espagne, Joseph, avait octroyées à son pèreiécartelé au i^^' d'azur, à l'épée en pal d'argent garnied'or, accompagnée en chef de 2 étoiles d'argent; au 2^ de gueules au pont de 3 arches d'argent maçonné de sable, soutenu d'une eau d'argent et brochant sur une forêt de même; au 3^ de gueules à la couronne murale d'argent ; au d'azur au cheval effrayé d'or (3),

(1) Il n'était d'ailleurs pas seul à le croire. Dans une lettre inédite de 1862, écrite par M'^e Victor Hugo à sa sœur,M"^e Ghenay, je lis ce qui suit : « Léopold (Hugo) m'a remis l'arbre généalogique des Hugo, travail curieux et bien fait qui me servira pour mes Mémoires. » — Entendez par là le Victor Hago raconté. (Communiqué par M. Lefèvre-Vacquerie. )

(2) Souvenirs personnels, p. 268.

(3) Ce sont ces dernières armoiries qui avaient été peintes au-dessous du nom de Victor Hugo dans le fameux Manoir de Beauchesne»

Et, en 1853, étant à Guernesey, il écrivait à un ami de Jules Troubat (M. Soulas), qui lui avait communiqué divers documents généalogiques trouvés par lui à la Bibliothèque de TEcole de méde- .cine de Montpellier, et dans lesquels se rencontrait le nom d^Hugo :

« Votre lettre. Monsieur, m'arrive, peut-être même intacte. Notre siècle de virilité répudie ces enfantillages héraldiques, mais n'est pas insensible aux filiations de famille (i). »

Lui-même y était alors si peu insensible que, dans un exemplaire de ses œuvres illustrées, parues en i855, chez Hetzel, — gros volume massif de i46o pages offert, le i^^ janvier i856, à sa filleule Anna- Alice-Adèle Asplet, fille du centenier de Jersey qui, à son arrivée dans l'île, lui avait offert l'hospitalité la plus généreuse, — il avait intercalé, entre autres choses intéressantes, une page blanche sur laquelle il avait écrit de sa main ces deux dates :

suivies de quatre cachets à la cire .dont trois rouges et un noir, et puis de ces vers sibyllins :

Voir l'article d'Emile Deschamps sur ce Manoir, dans le feuilleton de la Presse du 20 avril i84i.

- (ï) Lettre inédite communiquée par Jules Troubat.

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