PROLOGUE
lection. De là, le peu d'inédit qu'il a mis en œuvre. Ce n'est pas tout à fait ma méthode.
Des actes de baptême et de mariage que m'a très obligeamment communiqués M. Paul Bellamy, greffier en chef du tribunal civil aujourd'hui maire de Nantes, il appert que les parents de Sophie Trébuchet n'étaient pas originaires de cette ville.
Jean-Joseph Trébuchet était natif d'Auverné, petit bourg de l'arrondissement de Châteaubriant ; Renée-Louise Le Normand était native de Saint- Fiacre, petite commune sise à trois lieues de Nantes sur un coteau qui domine le cours de la Sèvre et de la Moine, et dont le vin blanc n'a d'égal, au pays nantais, que le muscadet de Vertou et de Châteaù-Thébaud, L'église de Saint-Fiacre, qu'on a rebâtie dans ces dernières années et dont le clocher de granit a la forme d'une tiare sans les couronnes , fut fondée par les seigneurs de Goulaine qui avaient en cette paroisse leur juridiction des Cléons, laquelle dépendait du rharquisat de Goulaine. C'est même à cette circonstance que M^^^ Renée-Louise Le Normand dut d'y naître, le 28 août 1748 (i),
(i) Extrait des registres de la paroisse de Saint^Fiacre : « Le vingt-neuvième jour d'août 1748, a été baptisée Renée-Louise, fille de René-Pierre Le Normand, sieur du Buisson, procureur fiscal du marquisat de Goulaine, et demoiselle Renée-Pélagie Brevet, son épouse. L'enfant née du jour d'hier. Ont été parrain M® Louis Mour^in, sieur de Montmartre, procureur au présidial de Nantes, et
son père, René-Pierre le Normand, sieur du Buisson, étant procureur fiscal du marquisat de Goulaine, en même temps que sénéchal de juridiction en Château-Thébaud, alloué de la juridiction de Bourgon en Couëron, procureur fiscal de plusieurs autres juridictions et procureur au siège présidial et comté de Nantes (i).
Ce Le Normand était, comme on le voit, un assez gros personnage. Cependant il n'était pas de noblesse et il n'avait pris le titre de sieur du Buisson que pour se distinguer de ses frères, qui signaient Le Normand de la Noë et Le Normand du Pâti.
JMarié deux fois, il avait eu d'un premier lit avec Renée-Pélagie Brevet, qui mourut en lyBi, trois garçons et une fille, dont Renée-Louise, et du second, René-Pierre, qui devint procureur au Parlement de Bretagne et épousa, comme tel, le 19 nomarraine, demoiselle Jeanne Vilaine, femme du sieur Mathurin Ghedron, oncle et tante de l'enfant. Baptisée par Messire Charles Brevet, prêtre, vicaire chapelain de l'église cathédrale de Nantes, cousin de l'enfant. Lesquels parrain et marraine ont signé les présentes. Signé au registre : Mourain, Jeanne Vilaine, Louise Le Normand, La Mignaut, Jacquette Démon, Anne Bahuau, J. Guillot, recteur de Saint-Fiacre, Le Normand, Massé, Merlet, Garreau, G. Brevet, prêtre, vicaire chapelain de l'église de Nantes. »
(i) Le présidial de Nantes était composé d'un sénéchal ou président, d'un alloué-lieutenant général, d'un juge criminel, d'un Heutenant civil et criminel, de dix conseils, de deux avocats du roi, de deux greffiers civils et d'un greffier criminel, d'un premier et d'un second huissier. 11 y avait à Nantes, en 1770, 5i procureurs au présidial. Gette charge correspondait à celle des avoués d'aujourd'hui.