ASSOCIATION UNIVERSELLE
A chacun selon
ses œuvres
Organisation pacifique
des
Travailleurs
« Paris, ce i8 mars 1882.
« Madame, « Vous recevrez une invitation de l'ordonnateur Rigaud pour notre soirée de mercredi prochain.
J'y ajoute ma prière personnelle avec toute l'insistance apostolique. Venez voir ce qu'il y a de germes de grandeur et par conséquent de poésie dans la carrière dont nous avons à peu près enfoncé la porte par la brusque proclamation des idées morales de notre Père Suprême. Le poète est un grand railleur ; mais il est par-dessus tout un être d'enthousiasme : et je serais bien trompé si, lorsque vous aurez vu comment nous sommes calmes, confiants et alertes en face de la montagne à pic que nous avons à gravir et dans tous les recoins de laquelle ceux et celles mômes que nous venons délivrer nous ont tendu des embûches, vous ne pressentiez pas, vous, Madame, l'enthousiasme que bientôt exciteront les travaux du Père Enfantin et de ses fils.
« En 1 832, il y a quelque chose de mieux à faire que d'être Muse de la Patrie, La terre des Inspirations ne commence pas aux Pyrénées pour finir aux lignes de Wissembourg ou au pont de Kehl. — Gomme je ne veux pas ici vous faire de prédication, je m'arrête pour vous dire que nous ajouterons peu à vos fatigues du carnaval: car, en notre qualité de travailleurs, nous sommes tenus de ne pas faire du jour la nuit, et réciproquement, et puis notre monde du mercredi se composera en partie de polytechniciens qui sont tenus de rentrer le soir même, et pas bien tard, dans leur caserne.
« Puisque je suis en requête près de vous, je poursuis. Vous m'avez parlé de dames qui vous avaient manifesté le désir d'être conduites chez
nous. Pourriez-vous vous charger de leur distribuer les invitations que je mets sous ce pli. — M. de Girardin m'avait parlé d'un de ses amis auquel je le prie d'en faire parvenir une.
« Adieu, Madame, le poète est un être reli^ gieux et doit savoir ce que vaut une prière sincère.