‹ Le cénacle de La Muse française, 1823-1827; documents inéditsChapitre 41 sur 64 · MICHEL CHEVALIER ( I · texte numérisé non relu

MICHEL CHEVALIER ( I

Tout religieux que pouvait être le poète chez Delphine, il était surtout un grand railleur. Je pense donc que \diMuse de la patrie accueillit cette lettre par un sourire et que sa joie devint folle quand elle eut pris connaissance de celle qui Taccompag-nait. La voici :

« Paris, 18 mars 1882.

« Madame, « En vérité, il faut que je vous oblige encore à lire mon écriture hiéroglyphique. Figurez-vous que nous vivons sous le régime des quasi : quasi religion, quasi morale, quasi paix, quasi guerre, quasi vertu, quasi orgie, quasi mari, quasi femme, quasi ordre^ quasi liberté, quasi restauration, quasi révolution, quasi tragédie, quasi salon, quasi luxe, quasi goûts, quasi fêtes, quasi bals, quasi rire, quasi fleurs, quasi tout. L'Ecole Polytechnique jouit en conséquence d'une quasi indépendance. Ainsi l'a réglé son quasi gouverneur d'après les ordres du quasi César ci-devant quasi Roi, maintenant

(i; Lettre inédite communiquée par M"'« Léonce Détroyat.

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ministre quasi désiriléressé du département de la quasi /guerre. En termes clairs, les élèves de TEcole polytechnifjue n'ont maintenant de sorlie jusqu'à minuit rpje de deux mercredis l'un, et mercredi prochain est leur mauvais mercredi. Je n'en savais rien, ni l'ordonnateur Ri^aud non plus, lorsque nous avons expédié chacun notre hillet. Or, comme le caractère polytechnique doit dominer dans nos réunions du mercredi, et qu'il est impossible de combler un déficit masculin tel que serait celui de ({uarante 'h cinquante uniformes, nous sommes obligés d'ajourner la première de ces réunions au mercredi a8 mars; d'où il résulte encore que notre invitation [)our le 21 n'est (pi'iine quasi invitation. Je réserve donc toutes mes inslances auprès de vous pour le 28 et je vous laisse à votre libre arbitre pour la soirée habituelle de jeudi prochain.

a Adieu, Madame. Pensez quelqucîfois que i'ieuvre (pie nous poursuivons c'est la poélisation de l'industrie, qui est aujourd'hui si prosaïque ; et (pie du jour où nous aurons réuni dans notre salon les hommes d'art (je dis hommes, c'est la lang-ue qui est cause de cette impertinence) et surtout les p(jètes, avec les industriels prali(jues du premier ordre, c'est-à-dire avec les ingénieurs, et pardessus tout les polytechniciens, du jour où ces deux natures se seront comprises et senties, de grandes choses seront i)r()ches. Je ne sais pour- (juoi je ne vous disais pas que je suis convaincu que vous avez à mêler votre nom à quelque tâche de cette [)ortée. Tout le monde prophétisait en

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racl ; c'est vous qui déciderez si je suis propliète.

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