‹ Le cénacle de La Muse française, 1823-1827; documents inéditsChapitre 51 sur 64 · AU TOMBEAU DE PJCIIAT · texte numérisé non relu

AU TOMBEAU DE PJCIIAT

Ils avaient déposé duDs la terre muetle

Ce corps, que dévora son âme de poète ;

Mais nous tous, ses amis, nous revînmes, le soir,

Près de ses restes froids saintement nous asseoir ;

El nous jetions des vers à son ombre ravie,

Comme, en signe de deuil, pour saluer leurs noms. Tonne au tombeau des rois la douleur des canons; Quand soudain (c'était bien sa voix pendant la vie) Parvint à nous ce chant tel que nous le donnons :

« O songes, confidents de l'éternel mystère,

« Songes, doux messagers des astres à la terre,

« Apprenez à celte ange, hélas! qui manque au ciel,

« Qu'au sein des purs esprits et du bonheur réel,

« Triste, je cherche encor ses fleurs, ses eaux limpides,

« Et le bruit de son rire, et le bruit de ses pas,

« Et de son front voilé les modestes appas ;

«Et que de beaux instants, près d'elle si rapides,

(( Mon immortalité ne me console pas. » ,

Et tous, levés ensemble, attentifs au prodige. Nous nous taisions. — Enfin : ô mes amis ! leur dis-je. Vous voyez bien (et, certe, on ne peut démentir Cette voix que la tombe en s'ouvrant fait sortir). Quand on croit le poète occupé d'un vain faste, Qu'on ne lui croit un cœur, des peusers et des yeux Que pour son nom, il traîne un mal silencieux, Et trop jeune s'éteint, biùlé d'un amour chaste Qui survit à la mort et souffre dans les cieux !

La jeune sœur de M. Bouchard, qui avait été le dernier amour du poète, avait eu sa suprême pensée.

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