‹ Le CentavreChapitre 8 sur 39 · ÉTÉ · texte numérisé non relu

ÉTÉ

A Francis Vielé-Griffin.

Eté! roche d'air pur et toi, ardente ruche

De mer éparpillée en mille mouches sur

Les touffes d une chair fraîche comme une cruche

Et jusque dans la bouche oh se mouille l'azur.

Et toi. maison brûlante, espace, cher espace Tranquille, où l'arbre fume et perd quelques oiseaux. Où crève infiniment la rumeur de la masse De la mer, de la marche et des troupes des eaux,

Tonnes d'odeurs, grands ronds par les races heureuses Sur le golfe qui mange et qui monte au soleil, A ids purs, écluses d'herbe, ombres des vagues creuses Bercent l'enfant ravie en un poreux sommeil.

Mais les jambes, dont l'une est fraîche et se dénoue De lapins rose, les épaules, le sein mur Sous les meules de brise aux écumeuses roues Brûlent abandonnes autour du vase obscur

Où filtrent les grands bruits pleins de bétes puisées Dans les chambres de feuille et les cages de mer Bar les moulins marins et les huttes rosées Du jour... Toute la peau dore les treilles d air.

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