‹ Le centenaire de Jean-Jacques, roman. Illustré de 64 dessinsChapitre 20 sur 21 · ON LE ^ IT A CORNAVIN · texte numérisé non relu

ON LE ^ IT A CORNAVIN

Descendu de mon toit, non sans y avoir laissé un fragment de mon pantalon, je préférai, plutôt que de me mêler au flot qui suivait le cortège, aller rejoindre celui-ci en prenant par la ville haute. Je le retrouvai au pont du Mont-Blanc, qu'il occupait déjà dans toute sa longueur. Entre le double azur du lac et du fleuve, sa belle ligne mouvante glissait et s'inscrivait avec régularité. Un petit coup de brise de France inclinait vers elle les hauts peupliers de l'île Rousseau. De l'œil fixe que lui avait modelé Pradier, le philosophe pouvait considérer toute cette ville en fête, ces palais fleuris, cette multitude répandue, ces

innombrables drapeaux, cette étendue bleue et ce soleil de feu comme le brillant brevet de sa gloire, où, par ces dix mille enfants, semblait s'apposer en ce moment la longue et vivante signature de Genève, autour de laquelle les mouettes traçaient leurs rapides paraphes.

Par Chantepoulet, le cortège gagna la rue Jean-Jacques- Rousseau. Il défda devant la maison au buste, celle même dont devait hériter Chicand.On le vit à Gornavin; on le vit à Goutance; je le retrouvai pour la troisième fois place Saint- Gervais. Du haut de notre maison du quai des Etuves, tante

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