VOLTAIRE AMI DU PEUPLE
e mépris de Voltaire pour le Peuple datait de loin. Quelle classe du Peuple, si elle le connaissait bien, souscrirait pour sa statue ou son apothéose? — Ce ne sont, certes pas, les charpentiers ! • — Dès 1722, il disait, parlant de Jésus- Christ :
« Longtemps vil ouvrier, le rabot à la main,
u Ses beaux jours sont perdus dans ce lâche exercice. »
{Le Pour et le Contre. — A Madame de Rupelmonde).
Notons, par parenthèse, que Madame de Rupelmonde, fille du maréchal d'Allègre, Dame du Palais de la Reine et maîtresse de Voltaire, avec qui elle fit le voyage de Hollande, fut, paraît-il, peu convaincue par les beaux raisonnements de YEpitre à Uranie, car elle mourut carmélite.
Vil ouvrier, le rabot à la main, lâche exercice ! Qu'en dites-vous, charpentiers qui, sachant que le travail ennoblit, gagnez votre pain, le rabot à la main, à la sueur de votre front ?
Qui souscrira? — Les laboureurs, si bien chantés par le religieux Virgile?
« Nous ne nous soucions pas que nos laboureurs « et nos manœuvres soient éclairés; mais nous vou- « Ions que les gens du monde le soient. »
(A Helvétius. — i3 Auguste, 17G2).
« Je vous remercie de proscrire l'étude chez les « laboureurs. »
(A M. de la Chalotais. — 28 Février, 17*0),
Les tailleurs et les blanchisseuses?
« Il faudra bien que tous ces marauds-là n'aient à « la fin d'empire que sur la canaille. C'est à mon gré « le plus grand service qu'on puisse rendre au genre « humain, de séparer le sot peuple des honnêtes gens « pour jamais. On ne saurait souffrir l'absurde inso- « lence de ceux qui vous disent : Je veux que vous « pensiez comme votre tailleur et votre blanchis— « se use. »
(A d'Argental. — 27 Avril, 1765).
Les cordonniers et les servant i
« On n'a jamais prétendu éclairer les cordonniers et « les servantes -, c'est le partage des Apôtres. ■
(A d'Alcmbcrt. — 2 Septembre, 17'
Etc. . . . etc. ... etc
Le grand Philosophe, l'ami, le phare de l'humanité, a dit mieux et plus que cela ; il écrit à M. Tabareau, directeur des Postes à Lyon :
« A l'égard du Peuple, il sera toujours sot et barce bare. . . Ce sont des bœufs auxquels il faut un joug, « un aiguillon et du foin. »
Ici, deux grands esprits, Luther et Voltaire, se rencontrent : « Au Paysan, comme à son âne, dit Luther, « il suffit d'un peu de paille et de foin ; s'il secoue la a tête, employez le bâton, et s'il rue, la balle. »
Ils sont ainsi ces Prêcheurs de liberté, ces amis du Peuple, ces flambeaux de l'humanité, ces dispensateurs des lumières ! — Voltaire, à ce sujet, n'a jamais varié.
« Qu'importe, encore une fois, que votre tailleur et « votre sellier soient gouvernés par frère Croust et par « frère Berthier ? Le grand point est que ceux avec « qui vous vivez soient éclairés. »
(A Helve'tius. — i5 Septembre, 1763).
« Il est à propos que le Peuple soit guidé, et non pas « qu'il soit instruit : il n'est pas digne de l'être. »
(A Damilaville. — ig Mars, 17C6).
« J'entends par le Peuple, la populace qui n'a que
« ses bras pour vivre Il me paraît nécessaire qu'il
a y ait des gueux ignorants. Si vous fesiez valoir
« comme moi une terre, et si vous aviez des charrues,
« vous seriez bien de mon avis. Ce n'est pas le manœu-
« vre qu'il faut instruire, c'est le bon bourgeois, c'est
« l'habitant des villes. »
(A Damilaville. i«rMars, 1766).
Etc.. .. etc. . . . etc. . . .
Comptez, avec cela, sur les lumières du suffrage universel 1 Voltaire en aurait bien ri !
Les amis, les partisans enthousiastes de L'égalité souscriront-ils ?
« Il est impossible dans notre malheureux globe « que les hommes vivant en société ne soient pas divia ses en deux classes, l'une des riches qui commandent, « l'autre des pauvres qui servent ; et ces deux se a subdivisent en mille, et ces mille ont encore des a nuances différentes.
« Tu viens, quand les lots sont faits, nous dire : Je
9 suis homme comme vous ; j'ai deux mains et deux « pieds, autant d'orgueil et plus que vous, un esprit
i aussi désordonné pour le moins, aussi inconséquent, « aussi contradictoire que le vôtre. Je suis citoyen de « Saint-Marin, ou de Raguse, ou de Vaugirard. Il y « a dans notre hémisphère connu environ cinquante a mille millions d'arpens à cultiver, tant passables que « stériles. Nous ne sommes qu'environ un milliard « d'animaux , à deux pieds, sans plumes, sur ce conti- « nenf, ce sont cinquante arpenspour chacun : faites- « moi justice ; donnez-moi mes cinquante arpens.
« On lui répond : Va-t-en les prendre chez les « Cafres, chez les Hottentots, ou chez les Samoïedes. . . « Si tu veux avoir parmi nous le manger, le vêtir, le « loyer et le chauffer, travaille pour nous comme
« fesait ton Père
« L'égalité est à la fois la chose la plus naturelle, « et en même temps la plus chimérique .... Chaque « homme dans le fond de son cœur a droit de se croire « entièrement égal aux autres hommes -, il ne s'ensuit « pas de là que le cusinier d'un cardinal doive ordonner a à son maître de lui faire à dîner. ... Le cuisinier « doit faire son devoir, ou toute société humaine « est pervertie. » (Dictionnaire Philosophique. — ÉGALITÉ. — Si. S II).
« Nous sommes tous également hommes, mais non « membres égaux de la société. » (Pensée sur V administration publique, — XI).
« Vous n'entendez pas par ce mot cette égalité a absurde et impossible par laquelle le serviteur et le « maître, le manœuvre et le magistrat, le plaideur et le « juge seraient confondus ensemble. » (Essai sur les moeurs et l'esprit des Nations, — Chapitre LXVII .
« Le système de l'égalité m'a toujours paru l'orgueil « d'un fou. »
(Au Maréchal de Richelieu. — 1 1 Juillet, 1770).
« Je ne connais guère que Jean-Jacques Rousseau « à qui on puisse reprocher ces idées d'égalité et d'indé- « pendance, et toutes ces chimères qui ne sont que « ridicules. »
(Au Maréchal de Richelieu. — i3 Février, 1771).
« L'égalité des biens n'est pas juste. Il n'est pas « juste que, les parts étant faites, des étrangers merec- « naires qui viennent m'aider à faire mes moissons, en « recueillent autant que moi. » (Dernières remarques sur les PLNSÉES de Pascal, — XLIX. — i 77S •
Ltc. . . etc. . . . etc
Tout cela n'empêche point le citoyen Cabet d'inscrire sur la liste des communistes et des égalitaires, — en compagnie, il est vrai, de Bossuct, de Massillon, de Bridaine, de Béranger (Poète de l'Empire et de F Empereur et aussi de la République , le millionnaire qui a dit :
« Je n'aime les moutons que quand ils sont à moi. »
(Epître sur l'Agriculture. — 1 761) .
Communistes, Egalitaires, souscrivez donc pour l'apothéose de Monsieur de Voltaire, qui rejeta, renia le nom de son Père, indigne d'un Poète, d'un Philosophe grand Seigneur! Pour Monsieur de Voltaire, Gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, pensionné du roi de France et du roi de Prusse, chevalier de son Aigle-Rouge, Seigneur de Tournev, de Ferney et d'autres lieux, et qui fit peindre ses armoiries sur deux litres blanches en 48 places, à l'extérieur et à l'intérieur de son église de Ferney, sans préjudice du pourtour de son colombier féodal, ainsi que de la barrière de son audience !
M. Schérer et les Négrophiles ne souscriront pas:
Voltaire a fait la Traite des Noirs, et se réjouissait d'avoir fait une bonne affaire : « Je me félicite avec
« vous de rheurcux succès du navire le Congo, » écrivait-il à son associe Michaud, de Nantes. Aussi « Nous « n'achetons des esclaves domestiques que chez les « nègres, disait-il, dans YEssai sur Vesprit et les « mœurs des Nations. — (Chapitre CXCVII). On « nous reproche ce commerce : un Peuple qui tra- « fique de ses enfants est encore plus condamnable que <( l'acheteur : ce négoce démontre notre supériorité; « celui qui se donne un maître était né pour en « avoir. *
Noble supériorité ! Belle, bonne, heureuse justification !
« Si Voltaire eût assez vécu pour être Député aux « Etats-Généraux, il n'aurait certainement pas voté « pour les Noirs, lui qui était intéressé dans la Traite « des Nègres. » [Histoire parlementaire de la Révolution française, par Bûchez et Roux-Lavergne).
Mais qui donc pourra souscrire pour l'Apothéose ? Quelques Libres-Penseurs qui n'ont jamais lu Voltaire, qui ne le connaissent par ouï-dire que comme impie, blasphémateur, ennemi acharné de tout culte, de toute religion. Il paraît que cela suffit î
L'âge ne faisait qu'accroître son fanatisme irréligieux. Ses luttes comiques contre ses contradicteurs, contre tout ce qu'il y a de sacré, ses bouffonneries cynique ses perpétuelles agitations, ses mensonges incessants,
scs colères, ses cris de rage, ses lâchetés haineuses l'étourdissent, ne lui laissent aucune trêve.
Madame Denis, sa nièce chérie, le connaissait bien; voici, ce que, au dire de Voltaire lui-même, elle lui écrit le 20 Février 1754: « L'avarice vous poignar-
« de... . Ne me forcez pas à vous haïr Vous êtes
« le dernier des hommes par le cœur. Je cacherai « autant que je pourrai les vices de votre cœur. »
(A d'Argental. — 10 Mars 1 754).
Oh oui ! Elle le connaissait bien! Elle gémissait, elle, Libre- Penseuse*, elle confiait ses chagrins à un ami.
(Lettre de Madame Denis à l'abbé ***. — Ce 6 Mars, iy3o. —
des Délices).
« Mon oncle travaille toujours beaucoup. Il fait « cent choses différentes à la fois. Son génie ne tarit « pas. Il a paru une certaine lettre dans le Mercure « que j'aurais autant aimé qu'il eût supprimée, mon « cher abbé. Je ne peux plus rien empêcher dans ce « genre. J'en suis si convaincue que très souvent « j'évite de lire ses manuscrits. L'âge lui a donné une vi opiniâtreté invincible contre laquelle il est impossi- « bie de lutter. C'est la seule marque de vieillesse que
« je lui connaisse. Ainsi, soyez sur, lorsque vous vcr- « rcz des choses qu'il serait à propos qu'il ne fît point, « que je gémis sans pouvoir y apporter remède. Si je « n'étais point sensible, je serais plus heureuse. lia « de très bonnes façons pour moi, pourvu que je ne « lui lasse pas la plus petite objection sur rien. C'est « le parti que j'ai pris, et je m'en trouve bien. »
A propos de Voltaire, nous avons déjà nommé Luther : rapprochons de la lettre de Madame Denis une lettre de Mélanchthon :
« Je souffre sans dire mot. Plût à Dieu que Luther « se tût ! Malheureusement l'âge et l'expérience ne « servent qu'aie rendre plus violent: cela me cha- « grine. » (Epist. — Lib. v. — 28).
N'est-ce pas curieux ?
Veut-on savoir, maintenant, comment les sceptiques, les révolutionnaires ont jugé le grand Philosophe du XVIIIm° siècle, le Dominateur de son époque, le Roi Voltaire ?
« Je tache toujours, dit J. de Maistre, de chercher « mes autorités parmi des hommes au-dessus de tout « soupçon, comme ayant été agités par des préjugés a diamétralement opposés ». à notre manière de voir.
— Pouvons-nous mieux faire que d'imiter le grand et consciencieux Philosophe?
A tout Seigneur, tout honneur: — Commençons par Marat :
« Voltaire, adroit plagiaire, qui eut Fart d'avoir Pes- « prit de tous ses devanciers, et qui ne montra d'ori- « ginalité que dans la finesse de ses flagorneries \ ccri- « vain scandaleux, qui pervertit la jeunesse par les « leçons d'une fausse philosophie, et dont le cœur fut « le trône de l'envie, de l'avarice, de la malignité, de « la vengeance, de la perfidie et de toutes les passions « qui dégradent l'espèce humaine.
(LMmi du Peuple. — 6 Avril 1791).
Il est vrai que Voltaire avait commencé. — En 1775, il publiait des Observations sur le livre intitulé: DE L'HOMME, OU DES PRINCIPES ET DES LOIS DE L'INFLUENCE SUR L'AME ET SUR LE CORPS, ET DU CORPS SUR L'AME, en 3 vol. zVz-12, par J. P. Marat, Docteur en médecine.
Après une longue, une analyse railleuse de l'ouvrage, Voltaire ajoute : a Si Monsieur le Docteur en médecine « se contredit ainsi dans ses consultations, il ne sera « pas appelé souvent par ses confrères,. . . C'est ainsi
« qu'on écrit trop souvent de nos jours : On confond « tous les genres et tous les styles : On affecte d'être a ampoulé dans une dissertation physique, et de parler « médecine en épigrammes. Chacun l'ait ses efforts « pour surprendre ses lecteurs. On voit partout Arlc- « quin qui fait la cabriole pour égayer le Parterre. »
Cela ne se pardonne point ! — Ah ' si Manu n'avait été qu'un A rlequin ! S'il n'avait fait que des cabrioles ! S'il s'était borné à égayer le Parterre !
Voltaire et Marat se rencontrèrent une fois encore, — côte à côte, — au Panthéon ! Quelles grimaces ils durent échanger !
Maintenant, Mirabeau :
« Le siècle de Louis XIV est une fort mauvaise
« rapsodie Il a outragé M. de Buffon comme
« tous les grands hommes -, je dis tous, sans en excepter « un seul, morts ou vivants, si ce n'est Newton, son « favori, parce qu'il l'avait assez mal compris et expli- « que.... Je ne crois pas qu'il y ait rien de plus « ridicule au monde que tout ce que Voltaire a écrit « sur l'histoire naturelle, tant l'ignorance et la satire « peuvent avilir même le génie*, mais je ne conçois « pas comment l'envie la plus infernale ait pu germer « dans L'âme d'un si grand homme. »
(Dix-neuvième lettre à Sophie — 17
Et Brissot (Mémoires! :
« Comment s'est conduit Voltaire? Il raconte des « anecdotes cent fois plus horribles il s'agit des Confes- « sî'ojis de Rousseau) d'un de ses bienfaiteurs, de son « ami, du Salomon du Nord -, et cet écrit voit la
« lumière du vivant même du Prince qu'il outrage
« Comme le caractère de l'Aristippc moderne me « paraît à nu dans ses Mémoires ! On l'y voit louer, « admirer en public un Prince dont il ravale en secret « le mérite, dont il ridiculise les vices; on le voit jeter « le ridicule et l'opprobre à pleines mains sur une « foule de personnages qui en versent encore aujour- 9 d'hui des larmes; on le voit détruire par ses satires « les réputations qu'il avait créées par ses éloges ; on le « voit ironique, jaloux, méchant, et s'applaudissant de « ses méchancetés et de ses sarcasmes. »
Claude Fauchet qui, le 6 Avril 1 792 'jour de Vendredi-Saint) déposa sur le bureau sa croix et sa calotte de Prêtre, avait, en 1790, prononcé un discours fort applaudi :
« Voltaire, disait-il, parlait des mystères de la « nature et de la divinité, que personne ne connut \ jamais moins, et qu'il semblait railler par dépit de ne a pas les entendre. Il exerçait un despotisme moqueur
« qu'applaudissaient les tètes vides et qui faisait s<>u- « rire les vrais savants. D'ailleurs, toutes les idées i d'égalité répugnaient à son orgueil. Il trouvait la « plupart des abus de notre ordre social fort bons, à « raison de ce qu'il était gentilhomme ordinaire, « Seigneur châtelain, homme de grand ton, et fort « aristocrate en société comme en Littérature. » — « Menteur en Philosophie, — penseur fort plat, — « fort étroit, fort méprisable, » dit encore Fauchet, l'Apostat, qui ne reconnut ses erreurs qu'en 170/3, près de monter sur Téchafaud.
MM. Bûchez et Roux-Lavcrgne (Histoire Parlementaire de la Révolution Française, depuis 170») jusqu'en 181 5).
Compte-rendu de la séance de la Constituante, 3ô Mai 170,1 :
« Il est dillicile de trouver un exemple plus remarie quable de la puissance et de la fascination du préjugé « que cette apothéose de Voltaire . . . Certes, Voltaire « n'était rien moins qu'un Patriote, rien moins qu'un « ennemi de la Noblesse, rien moins que partisan de « l'égalité, S il eut assez vécu pour être Député aux 1 Etats-Généraux, il est probable qu'il se lût assis « parmi les Aristocrates. 11 n'aurait certainement pas
« voté pour les Noirs, lui qui était intéresse dans la
« traite des Nègres. Il s~ fut grandement moqué de
« tous ces amis de la perfectibilité hnmaine, de tous
« ces Prôneurs de vertus populaires, de tous ces zéla-
« teurs d'égalité qui occupaient les tribunes de F A.s-
u semblée et remplissaient les colonnes de la presse. »
Stendhal (Beyle), si méchant, si sceptique lui-même :
« Comique continuellement souillé par l'odieux, « Thomme méchant perce partout. «>
Alexandre Dumas (dans le Mousquetaire) :
« Je n'aime pas Voltaire, pas plus comme homme « que comme historien \ pas plus comme historien que « comme Poète dramatique*, pas plus comme Poète « dramatique que comme Poète épique. Il a fait deux « Epopées, comme on appela cela au XVIIIme siècle, « Tune sérieuse, la Henriade, — c'est un mauvais « livre, — Fautre comique, la Pucelle, — et c'est une « mauvaise action. »
Nous avons cité Béranger qui Y aidait pris presque en haine.
M. E. Renan (Rexue des Deux-Mondes. — ier Novembre, 1 865).
« Au XVIIImc siècle, on ne voulut pas de la science
i sérieuse, libre et grave ; on eut la bouffonnerie,
« l'incrédulité railleuse et superficielle de Voltaire,....
« ses fades plaisanteries, son ton narquois, ses hypo-
« crites protestations. »
M. Louis Blanc. — Est- il assez révolutionnaire, celui-là ?
« On sait jusqu'où Voltaire fit descendre, à l'égard « des Grands, l'humilité de ses hommages-, dans quelles « puériles jouissances la faveur des cours retint sa « vanité captive, et comment il aimait à se parer du « titre de Gentilhomme de la Chambre. On sait qu'il u lit de Louis XV un Panégyrique où L'excès de la ■ llatterie touche au scandale -, qu'un jour, s'adressant « à ce Roi, il osa l'appeler Trajan ; que le Duc de « Richelieu, héros des roués fastueux et des libertins « à la mode, Teut pour courtisan, que dis— je ? pour « familier ( i ) . . . Qu'il se mit aux pieds des Favorites, « même de celle qu'une maison de débauche éleva u pour les plaisirs du Maître, et qui, devenue la « Royauté, en déshonora l'agonie. . . Né avec une « nature souple, il se trouva, dès son entrée dans la
( i ) Le mot de M. Renan, Familier, est faible. Voyez, entre autres ettres dégoûtantes et >ales que Voltaire adresse à Richelieu, celle du 2 Avril, 1755.
« vie active, égaré parmi les Vendôme, les Richelieu, « les Conti, les La Parc, les Chautieu; et, dans ce « cercle où Fart du courtisan s'apprenait à l'école du « bon goût, il perdit tout ce qui constitue les fiers « caractères et les âmes viriles. . Quant aux privilèges « de la naissance, tour à tour leur dénonciateur et leur « esclave, il les attaqua du haut de la scène par des « vers bien connus : mais, loin de la foule, loin du « Parterre, et quand il n'avait plus à s'en faire l'écho, « il changeait de langage. » — (Histoire de la Révolution Française. — Tome icr. Pag. 358).
M. A. Duquesnel (Histoire des Lettres. — Cours de Littératures comparées. — 1 836} :
« Il s'est rencontré un homme assez éhonté pour « salir l'Héroïne la plus sublime que les annales du « monde entier aient jamais présentée à l'admiration « du genre humain ; pour traîner dans la boue tout ce « qu'il y a de plus sacré, la religion, la pureté de la « femme, la gloire de la Patrie.
Veut-on savoir comment Voltaire est jugé par le Grand Pontife du Diocèse des Incrédules (le mot Diocèse est de lui)? Par Sainte-Beuve dont le scalpel d'acier finement trempé pénétrait si profondément intùs et in
cute? Nous abrégerons beaucoup, car il y est revenu souvent. Notez que cela s'écrivait dans le Constitutionnel.
a Voltaire s'est peint à nous,
« Toujours un pied dans le cercueil, u De l'autre fais un dei gambades.
« Cette boutlbnncrie, qui ira en augmentant avec
« Tàge, ne plaît pas toujours, et elle dégénère vite en
« laideur. Pourtant, elle semble aussi des plus na- « turelles chez lui. »
[Causeries du Lundi. — 17 Juin l85o).
« Lord Ghesterfield écrivait : « Ce que je ne parce donne pas à Voltaire, et ce qui n'est pas pardonnais ble, c'est tous les mouvements qu'il se donne pour « la propagation d'une doctrine aussi pernicieuse à la « société civile que contraire à la religion générale de a tous les Pays. Je doute fort s'il est permis à un « homme d'écrire contre le culte et la croyance de s< m « Pays, quand même il serait de bonne loi persuadé « qu'il y eût des erreurs, à cause du trouble et du dé- « sordre qu'il y pourrait causer, mais je suis bien sûr « qu'il n'est nullement permis d'attaquer les fonde- « ments de la morale, et de rompre les liens si néces-
« saircs, et déjà trop faibles pour retenir les hommes « dans le devoir. »
Sainte-Beuve ajoute à cette citation : a Chcsterfield, « en parlant ainsi, ne se méprenait pas sur la grande « inconséquence de Voltaire. Cette inconséquence, en « deux mots, la voici : C'est que lui, Voltaire, qui con- « sidérait volontiers les hommes comme des fous ou « comme des enfants, et qui n'avait pas assez de rire « pour les railler, il leur mettait en même temps dans « les mains des armes toutes chargées, sans s'inquié- « ter de l'usage qu'ils en pourraient faire. »
(Causeries du Lundi. — 24 juin i<S3o)
Lord Chesterfield n'allait guère, lui-même, au delà du déïsme : Sa leçon n a que plus de force.
« La vie de Voltaire est une comédie : la correspon- « dance avec d'Alembert nous en fait voir les coulisses « et le fond ; le reste n'est plus ou moins que de l'avant- « scène.. .
« ..... Toute cette correspondance est laide ; elle « sent la secte et le complot, la confrérie et la société « secrète ; de quelque point de vue qu'on l'envisage, « elle ne fait point honneur à des hommes qui érigent « le mensonge en principe, et qui partent du mépris « de leurs semblables comme de la première condition
a pour les éclairer . Eciaire{ et méprise^ le genre
« humainl Triste mot d'ordre, ei c'est le leur. Mar- « chez toujours en ricanant, mes Frères, dans le che-
« min de la vérité. C'est le refrain perpétuel
« Jamais esprit ne s'est transformé plus habilement. « et ne s'est retourné plus vite à vue d'oeil selon son « intérêt
« C'est toujours en homme lésé et dupé, en homme a généreux et désintéressé, ne visant qu'au bien « d'autrui, et ne marchandant pas d'ailleurs son plai- « sir, que Voltaire fait des siennes dans cette terre de « Tournay, et qu'il se passe tous ses dégâts et toutes « ses lésines »
« Il poussera la boulVonnerie et la parodie jusqu'à « dire: J'ai fait le bien pour l'amour du bien même, « et le Ciel me récompensera; je vivrai longtemps, « parce que j'aime la justice. »
« Le Président de Brosses avait oublié ce qu'un « honnête homme oublie si aisément, c'est que l'ad- « versaire peut avoir recours au mensonge et à la ca- « lomnie. Voltaire ne s'en lit faute
« J'abrège, ces ignominies
« Il faut une morale en tout ; il en faut surtout à « un point d'étude qui est si affligeant et qui a pour « résultat d'étaler à nu les laideurs et les vices de « Tàme, associables avec les plus beaux dons de l'es-
« prit.... Ma morale serait donc (et je ne sais si, en « la dégageant, je ne pas involontairement à
« quelques-uns des beaux esprits d'un temps plus a voisin, à quelques-uns d^~, héritiei nés de Vol-
« taire;, ma morale, c'est qu'en tous nos dé-
« fauts, le pire de tous encore est de ne pas être sincère, « véridique, et de se rompre à mentir. « Le menson « n'est un vice que quand il fait du mal, écrivait « Voltaire à Thieriot ; c'est une grande vertu quand « il fait du bien. » Il ne songeait, en écrivant ainsi, « qu'à désavouer son Enfant prodigue, et à tacher « que l'ouvrage ne passât point pour être de lui : « Si « vous avez mis Sauveau du secret, ajoutait-il, met- « tez-le du mensonge. Mentez, mes amis, mentez, je « vous le rendrai dans l'occasion . » Quand on joue « ainsi de bonne heure et si gaiement avec le mensonge, « il nous devient un instrument trop facile dans toutes « nos passions *, la calomnie n'est qu'un mensonge de « plus*, c'est une arme qui tente*, tout menteur l'a « dans le fourreau, et on ne résiste pas à s'en servir,
« surtout quand l'ennemi n'en saura rien
« Quant à Voltaire, je comparerais de tels esprits à « des arbres dont il faut savoir choisir et savourer « les fruits *, mais n'allez jamais vous asseoir sous leur « ombre. »
{Causeries du Lundi. — 8 Novembre, 1832).
M. Arsène Houssaye s'est rappelé sans doute, et a bravement copié ces derniers mots de Sainte-Beuve :
« Voltaire, dit-il dans la Préface, II, de son singu- « lier Roi Voltaire, Voltaire est un arbre dont tous « les fruits ne sont pas bons. « N'allez pas VOUS asseoir « sous son ombre, » a dit le Poète. »
Ecoutons encore le grand critique, le premier et aussi le plus sceptique Lettré de notre époque.
a Tout cela est très-joli, disait le Prince de Ligne. » des incrédulités fanfaronnes, quand on n'entend pas « [a cloche des agonisants. Personne n'a mieux parlé « que lui du principe de l'irréligion chez Voltaire, « de « ce désir d'être neuf, piquant et cité, de rire et de a faire rire, d'être ce qu'on appelait alors un écrivain « hardi, » toutes choses qui, selon lui, avaient plus « animé Voltaire qu'aucune conviction positive. »
(Causeries du Lundi. — 20 Juin iS33).
« Dans le petit carême, Massillon, comme s'il eut « présagea l'avance l'auteur delà Pueclle, a dit :
« Ces beaux esprits si vantés, et qui, par des talents « heureux, ont rapproché leur siècle du goût et de la « politesse des Anciens ; dès que leur cœur s'est cor-
« rompu, ils n'ont laisse au monde que des ouvrages « lascifs cl pernicieux, où le poison préparé par des « mains habiles, infecte tous les jours les mœurs puce bliques, et où les siècles qui nous suivront viendront « encore puiser la licence et la corruption du nôtre. » « Quand Voltaire entendait lire cela en dînant, « quelle figure faisait-il ? . . . »
Causeries du Lundi. — 3 octobre i853.
« Un jour le Président Hénault. âgé de quatrevingts
« ans, écrivit à Voltaire une lettre fort belle de sens
« et d'intention; il venait de lire une de ces facéties ir-
« religieuses que ce versatile génie avait publiées sous
« le nom d'un Abbé Ba^in, et où il sapait à plaisir
« toutes sortes de choses respectables ; il disait, à
« l'adresse du soi-disant Abbé Bazin :
«Je ne suis point théologien, ainsi je ne m'aviserai pas « de lui répondre; mais je suis homme, et je nVinté- « resse à l'humanité. Je trouve, je vous l'avoue, un- « barbarie insigne dans ces sortes d'ouvrages. Que « lui a fait ce malheureux qui vient de perdre son « bien, dont la femme vertueuse vient de mourir, sui- « vie d'un fils unique qui donnait les plus grandes es- « pérances ? Que va-t-il devenir? Il avait le secours « de la religion ; il pouvait se sauver dans les bras de
« l'espérance et attendre de la Providence, qui avait « permis ce concours de malheurs pour éprouver sa « constance, de l'en dédommager par le bonheur à 0 venir. Point du tout, M. L'abbé Bazin lui ravit cette « ressource, et lui ordonne d'aller se noyer ; car il n'a
« pas d'autre chose à faire Ah! du moins la re-
« ligion des Païens avait-elle des ressources : Pandore « leur avait laissé une boîte au fond de laquelle était « l'Espérance; elle était cachée sous tous les maux, « comme si elle était réservée pour en être la répara- « tion ; et nous autres plus barbares mille fois, nous « anéantissons tout; nous n'avons conservé que les
« malheurs*, nous détruisons toute spiritualité
« Adieu, mon cher confrère \ Dieu vous fasse la grâce « de couronner tous les dons dont il vous a comblé « par une véritable gloire qui n'aura pas de fin ! »
« Sans doute Voltaire data du jour où il avait reçu « cette lettre L'affaiblissement de la tète du Président, « et quand celui-ci fut mort (24 novembre 1770), il «( écrivit à M""' du Delland, moins d'un mois après:
« Je reprends toutes les louanges que je lui ai
« données.
u Je chante la palinodie; ■ Sage du Defiand, je renie « Votre Président et le mien.
« A tout le monde il voulait plaire,
« Mais ce charlatan n'aimait rien ; « De plus, il disait son Bréviaire.
« Dans ce dernier mot est tout le secret de cette co- « 1ère et de cette grande vengeance. »
{Causeries du Lundi. — 18 décembre i834.)
Comparez ce que, du vivant d'Hénault, lui écrivait Voltaire, à ce qu'il en écrivait à Mm" du Deffand !
En 1758, mourut la Margrave de Bareith, sœur bien-aimée de Frédéric qui demanda à son Pocte une ode élégiaque : Tode ne vaut rien, absolument rien, ce qui inspire à Sainte-Beuve une de ses pages les plus belles, les plus judicieuses, les plus sagement raisonnées.
« Voltaire, malgré ses merveilleux talents, n'avait a point, osons le dire (pourquoi ne pas oser, xMon- « sieur?), ce qui est propre à conférer aux morts lïm- « mortalité et à leur assurer une dernière et impéris- « sable couronne. Est-ce seulement ici l'éclat de la « trompette lyrique qui lui manque? Certainement, « ce don lyrique, entre ses dons divers, il ne l'avait « pas *, Poète charmant, vif, inimitable dans la raille— « rie, pathétique même par accès et par éclairs, il « n'avait ni la splendeur des images, ni la magnifi-
« ccnccdu ton, ni ce que l'antique Pindare a appelé « la pure clarté des Muses sonores. » Il n'avait pas en « sa veine de quoi justifier cet autre mot du même « Poète, et qui porte avec lui sa preuve lumineuse : « Elle vit plus longtemps que les actions la parole que
• la langue a tirée d'un esprit profond avec la ren- « contre des Grâces. » Les Grâces, il les rencontrait « souvent, il les accostait volontiers, mais c'étaient « les Grâces familières -, et cette autre condition que « veut Pindare, la profondeur, était absente. Sa Muse « était trop libertine au fond pour avoir longtemps « sur sa lèvre l'effusion sacrée. Et c'est ici, puis- « qu'il s'agissait d'un hommage funèbre, qu'on se rend « bien compte de tout ce qu'il aurait fallu encore, « quelque chose delà flamme d'un Bossuet, si ce n'est « celle d'un Pindare. La gravité, L'autorité de la pa- « rôle, celle d^s doctrines, cette immortalité religieuse a acceptée et passée dans le cœur, puisée à la source ic des croyances, qui s'étend de celui qui parle aux perd sonnes qu'il célèbre et les revêt de leurs vertus épu- « rées comme d'un linceul éblouissant et indotructi-
• ble, tout cela manquait -, et, il faut le dire, la mé- « moire même de la généreuse et noble Margrave n'y « prêtait pas : ses Ironies, celles même de son Frère, « étaient trop voisines; et le Poète eût-il été plus « sublime ou plus grave, elles eussent suffi pour
« déconcerter son désir et pour déranger l'idéal du « monument. Frédéric, remarquez-le bien, se met- « tait en ce moment presque en contradiction avec « ses principes. Que veut-il pour sa sœur, en effet ? « Il demande, il commande au Poète un cri retentis- « sant de douleur, un hommage public, durable, écla- « tant. Mais, à cette heure émouvante et solennelle, « les voilà tous payés de leurs doctrines ; ils y trou- « vent un fonds d'aridité qui ne peut se racheter. ( i ; a La seule oraison funèbre qui se conçoive pour « l'Epicurien sincère est celle-ci: « Tout est fini, « c^st irréparable ; nous mêmes nous y serons de-
« main Pleurons en silence 1 » Le style fait dé-
« faut, et la pensée se fatigue à vouloir s'élever et à « remplir un rhythme incomplet, mais encore trop « large pour elle. Trahissant ses faiblesses secrètes, « Voltaire ne put s'empêcher, en publiant d'abord son « ode, d'y rattacher et d'y coudre en notes toutes sor- « tes de malices qui n'y avaient aucun rapport, des « invectives contre les ennemis de la Philosophie et « contre les siens propres \ il y vit une occasion de « semer par le monde une diatribe de plus, en la glis-
(i) J. de Maistre dit à peu près la même chose: « Voltaire est « nul dans l'ode, et qui pourrait s'en étonner i L'impiété réfléchie « avait tué chez lui la flamme divine de l'enthousiasme. » (Les soi- « rées de Saint-Pétersbourg. — Quatrième entretien)
« sant dans les plis de la robe de cette renommée fu- « nèbre. Ce n'est point à de tels offices qu'il convient i d'employer lailedcs Muses, ces divines Messagères, i
(Causeries du Lundi. — s Septembre, iS56).
Cette page de l'ami, de l'admirateur de Renan, de Flaubert, de Feydau, cette page d'un anti-clérical forcené, n'est-elle pas un chef-d'œuvre, non seulement de style, mais de sagesse, de vérité et de goût ?
Sainte-Beuve oublie d'ajouter que les tristes notes dont il parle avec tant de mépris, furent publiées sous le pseudonyme de M. de Mor-j, dont Voltaire signa depuis (1772) les notes de la satire les Cabales, et (1 774) le notes de la satire : Dialogue de Pégase et du l 'ieillard. — Il n'eut pas même ce facile courage !
Toujours Sainte-Beuve*, nous ne nous lassons pas de l'écouter :
« Les gens de goût, et dont en même temps l'esprit
a s'ouvrait à des aperçus d'un ordre plus élevé ,
« savaient fort bien concilier ce que méritait en Vol-
« taire l'auteur charmant, et ce qui était dû au satiri-
« que indécent, au Philosophe imprudent pourquoi
« pas, impudent ?} inexcusable. ... Le défaut, c'était
u le besoin d'action à tout prix, le besoin de bruit et
« de renommée qui ne se passait ni des intrigues ni des
« manèges, et qui jouait avec les moyens scabreux : « de là, toute une suite d'indiscrétions, de déguise- « ments, de rétractations, de désaveux, de mensonges, « une infinité de misère
« .... On sent en plus d'un endroit une sorte de « parti pris de rire. Il ne rit pas seulement, il ricane*, « il y a un peu de tic, c'est le défaut. A la longue, on « prend toujours la ride de son sourire. (N'est-ce pas ce que J. de Maistre appelait ce rictus épouvantable ?) — Quoiqu'il en soit, Voltaire, même au début, avant le rire bouffon et le rire décharné, Voltaire, « dans sa fleur de gaieté et de malice, était bien, par « tempérament comme par principe, le Poète et TAr- « tiste d'une époque dont le but et l'inspiration avouée « était le plaisir, avant tout le plaisir.
(Causeries du Lundi. — 20 Octobre, i856).
» On fait plus qu'entrevoir le fond du cœur de « Voltaire et sa passion d'homme de parti, lorsque, « écrivant à M. Bordes de Lyon sur la nomination de a Clément XIV, il lui dit :
(Juillet, 1769) ;
« Je ne sais pas trop ce que sera le cordelier Ganga- « nelli *, tout ce que je sais, c'est que le cardinal de
« BenÙS l'a nomme Pape, et par conséquent ce ne « sera pas un Sixte-Quint. C'est bien dommage, « comme vous le dites, qu'on ne nous ait pas donné « un brouillon. Il nous fallait un fou, et j ai peur « qu'on ne nous ait donné un homme sage... Les « abus ne se corrigent que quand ils sont outrés, d
« Ce sont là de détestables sentiments, en même « temps qu'un détestable système et une fausse vue u des intérêts véritables qui importent le plus aux « hommes réunis en société. Bien imprudent et bien « insensé celui, qui, en quelque ordre que ce soit, a appelle de ses vceux l'excès du mal sous prétexte d'un « total et prochain redressement. . .
« Ce n'était pas un démocrate que Voltaire, et il 'esi pas mauvais nr. le rappeler a cbui qui de loin,
S l.l roi R LE BESOIN DE LEURS SYSTÈMES, VE1 ! EN l NOUS (« DONNER UN VOLTAIRE ACCOMMODÉ A LA JEAN-JACQl ES.
« Quand on aime a ÉTi dier les hommes et a les voir ii:ls « qu'ils sont, on m: saurait s'accoutumer A ces
a STATUES SYMBOLIQUES DONT o\ MENACE DE FAIRE LES