‹ Le Centre de la FranceChapitre 8 sur 249 · III. Hôtels, maisons meublées, restaurants et cafés · texte numérisé non relu

III. Hôtels, maisons meublées, restaurants et cafés

Hôtels. — Les premiers hôtels des grandes villes de France sont naturellement bien organisés, mais il n’en est pas toujours ainsi des autres. Leurs lits sont sans doute encore généralement bons et propres, et leur table d’hôte est au moins passable; mais ils laissent bien à désirer pour le reste. Même dans beaucoup de prétendus «grands hôtels», certaines pièces communes sont d’une malpropreté repoussante. La faute n’en est toutefois pas uniquement aux hôteliers ni à leur personnel, mais aussi à bien des voyageurs, qui devraient avoir honte de se respecter si peu.

Le mieux est donc, en province, de choisir les premiers hôtels ; mais il ne faut pas toujours s’en rapporter au nom, car c’est souvent une manie d’appeler même une auberge un «grand hôtel». Nous avons tâché de classer ces maisons d’après leur importance, en marqant les plus recommandables d’un astérique (*) ; mais on se rappellera ce que nous avons dit à ce sujet dans la préface. Une des causes principales de changement, c’est le personnel, qui se renouvelle souvent.

Les prix des chambres varient habituellement entre 1 fr. 50 et 3 fr., tout compris. Il n’y a guère d’exceptions à faire que pour les grandes villes, les villes d'eaux et les bains, dans la saison. Là il est très prudent de s’informer des prix d’avance. On vous offre rarement du premier coup la meilleure chambre ou la moins chère, et il est bon de faire son choix. Dans les grands hôtels, il n’est pas rare que les gens d'apparence modeste soient logés dans les combles et mal servis, sans que leur note en soit plus modérée. Le petit déjeuner, de café au lait, avec pain et beurre, coûte habituellement 1 fr. -1 fr. 25; le 2 e déjeuner, vers 11 h., 2 à 3 fr. ; le dîner, vers 6 h., 2 fr. 50 à 4 fr., vin pris. La table d’hôte n’est pas d’habitude obligatoire, mais on ne saurait guère, en province, être mieux servi au restaurant, et on ne s’en dispense pas. Quelquefois, du reste, le

INTRODUCTION

prix de la chambre est plus élevé si l’on ne prend ses repas à l’hôtel. Aussi est-ce assez l’usage de compter à la journée, de 7 à 10 fr., pour la chambre, le second déjeuner et le dîner, ce qui accorde l’avantage d’une petite réduction.

Nota. — Les prix indiqué $ dans le eorps de ce livre sont en général ceux que nous ont donnés les hôteliers eux-mêmes, en réponse à une circulaire que nous leur avons envoyée. Quand nous n'en indiquons pas, c’est que nous n’avons pas eu de réponse, pour des raisons dont nous laissons juge le voyageur, qui sait que nos renseignements sont gratuits et dans son intérêt et que nous ne manquerions pas d’annonces si nous voulions faire de la réclame. Nous ne pouvons du reste garantir autrement ces prix. Nous avons dû les donner, vu leur nombre, avec des abréviations exceptionnelles, dont on trouvera l'explication p. x. Par ■ repas», nous entendons le petit déjeuner, le second déjeuner et le dîner, selon l'usage français. Le premier est souvent plus cher servi dans la chambre et les autres en dehors de la table d’hôte, sans être pour cela meilleurs. La «bougie» est un des item qui peuvent renchérir notablement une chambre, car on compte pour cela jusqu'à 1 fr. dans les grands hôtels et même davantage quand on en allume plus d’une.

Si l’on reste quelque temps dans un hôtel et qu’on n’y prenne point tous ses repas ou qu’on y fasse des dépenses exceptionnelles, il est bon, pour éviter les «erreurs», de demander sa note tous les 3 ou 4 jours; il est plus facile alors d’obtenir des rectifications. Quand on doit partir de bon matin, se faire donner cette note la veille, sauf à ne la régler qu’au départ, quand on n'a pas besoin de changer un billet: c’est quelquefois à dessein qu’on vous fait attendre. Demander toujours une note détaillée et se défier des additions sommaires et de vive voix.

On gardera dans sa malle son argent et ses valeurs , car les meubles des hôtels n’offrent pas assez de sûreté. Si l’on a de grosses sommes, il est bon de les confier, contre reçu, au maître de la maison ou mieux encore à un banquier ou à un ami. En arrivant le soir, demander par précaution où sont les cabinets et se faire donner des allumettes, car il y en a rarement dans les chambres. On n’y trouve pas non plus de tire-bottes. La nuit, on fermera à la clef ou au verrou la porte de sa chambre, après avoir mis dehors les chaussures à nettoyer.

Les hôtels de province ont généralement des omnibus aux gares, ou, s’ils n’en ont pas, le service est fait par un omnibus du chemin de fer. Mais il y a longtemps que les hôteliers n’envoient plus leur voiture gratis, pour attirer chez eux les voyageurs. La plupart, il est vrai, ne comptent que 50 c. par personne; mais il y en a dont les maisons se trouvent si près, qu’une voiture est inutile, et tous ne se contentent pas de cela, même près des gares. Quelquefois l’omnibus n’appartient pas à l’hôtel dont il porte le nom , mais à un entrepreneur, qui se fait payer en arrivant, et autant pour un colis à la main qu’on lui confie, que si l’on faisait personnellement usage de sa voiture. Et ces omnibus , qui sont prêts à vous transporter à l’arrivée, ne le sont pas toujours au départ, quand le train ne doit par leur amener de voyageur et que vous êtes seul. Il est donc

INTRODUCTION

bon de se renseigner d’avance à ce sujet. Le mieux serait de pouvoir se passer de ces voitures , en se logeant près des gares ou en ne s’embarrassant pas de bagages. Malheureusement il n’y a pas toujours d’hôtels convenables près des gares, mais un homme seul, de passage, peut ordinairement y loger dans les grandes villes. Il est du moins facile, quand on ne fait que passer, de se débarrasser des ennuis du bagage, cet ennemi du voyageur. Un sac à la main, une petite valise , suffit pour emporter les menus objets indispensables et de quoi changer de linge. Laisser alors le reste à la gare, et l’on sera son maître pour le retour. Dans tous les cas, si l’on a des bagages à faire transporter, veiller bien à ce qu’ils soient réellement chargés sur la voiture et ne pas s’en remettre uniquement aux domestiques.

A ceux à qui la société ne déplaît pas et qui ne sont pas trop exigents, nous recommandons les hôtels fréquentés par les voyageurs de commerce. On les reconnaît à l’arrivée aux omnibus chargés de caisses d’échantillons, noires, avec garnitures de cuivre. Ces maisons sont passables, sans être trop chères, et elles ont d’habitude une bonne table à un prix modéré , quelquefois la meilleurs table. Les voyageurs de commerce y paient d’ordinaire 7 fr. 50 par jour pour la chambre, le second déjeuner et le dîner à table d’hôte.

Maisons meublées. — On trouve beaucoup de maisons meublées dans les villes d’eaux et de bains, à louer en totalité ou en parties, depuis la villa la plus luxueuse jusqu’à la plus modeste chambre garnie. Pour en avoir à sa convenance et à meilleur compte, le mieux est de s’en occuper soi-même, car tout est parfait dans les annonces et les agences sont toujours des intermédiaires coûteux, la remise que leur font les propriétaires devant se retrouver dans le prix de location. Si l’on se contente de peu, il n’est pas impossible de trouver en arrivant dans un séjour un logement garni, sinon il vaut encore mieux descendre d’abord dans un hôtel. Du reste, il n’est pas rare que les hôteliers vous fassent des concessions pour vous garder.

On fera bien de ne pas s’installer dans une maison ou un appartement avant d'avoir fixé les conventions par écrit, sur papier timbré, et d’y avoir inséré un état des lieux aussi détaillé que possible, dans lequel on n’oubliera pas les moindres défectuosités des meubles ou du linge, des papiers peints, etc. On conviendra aussi d’avance du montant des indemnités qu’on pourrait avoir à payer. Plus on mettra de soin à faire un tel écrit, moins on aura l’occasion d’avoir des différends en quittant la maison, et cependant on ne s'en tirera que rarement sans quelque explication finale. L’assistance d'une personne du pays peut etre très utile pour un loyer de ce genre.

Restaurants. — Il n’y a guère en province, ce n’est dans les grandes villes, de restaurants qu’on puisse recommander aux étrangers. Les hôtels en tiennent lieu, car on peut toujours, sans y demeurer, s’y présenter aux heures des repas pour demander de déjeuner ou de dîner à la table d’hôte, et l’on peut encore s’y faire

INTRODUCTION

servir à d’autres moments. On a toujours avantage à manger à la table d’hôte; les repas à la carte ne valent pas les autres et coûtent plus cher. Dans tous les cas, s’informer des prix s’ils ne sont pas marqués sur la carte, ou dire a quel prix on veut être servi.

Cafés. — Les cafés sont nombreux en province comme à Paris, et dans le même genre. Les consommations y sont d’ordinaire de bonne qualité; cependant la bière laisse à désirer dans les petites villes. Le café est, dans la soirée, le rendez-vous de ceux qui n’ont pas d’intérieur et d’autres encore, qui y viennent lire les journaux et faire leur partie. Il n’y a souvent pas d’autre distraction. On y trouve tout ce qu’il faut pour faire sa correspondance.

Page 1