I. li
marque les limites de la vieille ville, qui ne dépassait pas en aval la place des Quinconces (v. ci-dessous). La porte de Bourgogne, à l'entrée du cours, a été construite de 1751 à 1755, mais transformée en 1807. Le premier quai en aval du pont s’appelle quai de Bourgogne. Il s’en détache à g. une grande et belle rue neuve, le cours d’ Alsace-Lorraine (pl. CD 5), conduisant à la cathédrale.
Plus loin sur le quai, à g. , se trouve la porte de Cailhau, dite aussi porte du Palais ou porte Royale (pl. D 5). C’est l’ancienne porte du palais de l’Ombrière, résidence des ducs d’Aquitaine, puis des gouverneurs du pays, où fut établi le parlement de Bordeaux et qui fut démoli en 1800. C’est une belle porte goth. flanquée de deux tours rondes, dont la construction remonte à 1495, mais qui n’est isolée que depuis peu.
Ensuite vient le quai de la Douane, avec l 'hôtel de la Douane (pl. CD 5), construit, comme nous l’avons dit, à la fin du xvm e s., sous le marquis de Tourny, par Jacques Gabriel. A côté est la place de la Bourse, décorée depuis 1869 de la belle fontaine des Trois-Qrâces, en bronze, par Gumery, d’après Visconti. L 'hôtel de la Bourse (pl. C4-5), qui fait pendant à celui de la Douane et qui est de la même époque et du même architecte, a été remanié de nos jours, où l’on a particulièrement refait la façade du N., sur la place Richelieu, et celle de l’O. , du côté du cours du Chapeau-Rouge (v. ci-dessous). Les sculptures allégoriques des frontons de la Bourse sont dues, les anciennes à Francin, les nouvelles à Coueffanl (place Richelieu) et à Jouandot.
La place des Quinconces (pl. C4), la plus grande de Bordeaux, occupe un peu plus loin l’emplacement du château Trompette (Tropeyte), construit en même temps que le fort du Hâ (p. 110), par Charles VII, après la soumission de Bordeaux en 1453, pour maintenir la ville dans l’obéissance. Ce château a été détruit depuis 1789. Sans compter même l’hémicycle avec un bassin et un jet d’eau qui la termine à l’opposé du port . la place a 390 m. de long et 330 de large. Il y a à l’entrée deux colonnes rostrales de 20 m. de haut, surmontées de statues du Commerce et de la Navigation, par Manceau, et servant aussi de phares. Un peu en arrière, sur les côtés, deux établissements de bains. Plus loin, dans les quinconces, les statues colossales de Montaigne (m. 1592) et de Montesquieu (m. 1755), deux illustrations de la province; elles sont en marbre, par Maggesi, et elles ont été érigées en 1858.
La rue Foy, qui passe entre les vastes bâtiments de l’entrepôt re'el, au N. de la place, conduit à Y église St-Louis (pl. C3), très bel édifice construit de 1875 à 1879, dans le style goth. du xm e s., et qui a à la façade deux tours avec flèches en pierre, un joli porche, etc.
Le cours du XXX-Juillet, qui borne la place des Quinconces à l’O., conduit à dr. au Jardin Public (p. 107) et à g. aux allées de Tourny (p. 106) et à la place de la Comédie (pl. C4). Cette place, qui doit son nom au théâtre voisin , est la plus animée et en quelque sorte le centre de la ville. Là aboutissent le cours du XXX-Juillet
BORDEAUX
Grand -Théâtre.
et les allées de Tourny déjà mentionnées, la belle rue Esprit-des- Lois à l’E., la rue Ste- Catherine au S., rue très animée et très commerçante, mais malheureusement trop étroite, et surtout le cours du Chapeau-Rouge et le cours de l’ Intendance, deux rues superbes qui se font suite et qui, avec la rue Judaïque , leur prolongement à l’O., traversent la ville dans sa plus grande largeur, à partir du quai de la Bourse.
Le Grand-Théâtre (pl. C4), au S. de la place de la Comédie, a été longtemps un des plus beaux théâtres d’Europe. Il a été construit de 1755 à 1780 par Victor Louis, mais restauré à fond de nos jours. Il est du style classique et mesure 88 m. de longueur sur 47 de largeur et 19 de hauteur. Sa façade présente douze colonnes corinthiennes et au-dessus une balustrade avec douze statues colossales. Sur les côtés de l’édifice sont de larges galeries. A l’intérieur, on remarque surtout le vestibule, qui a seize colonnes ioniques; le grand escalier, qui est double, et la salle de spectacle, de forme ronde, avec douze colonnes composites. Au-dessus du vestibule se trouve encore une salle de concert. — C’est dans ce théâtre que se sont tenues, en 1871, les séances de l’Assemblée Nationale, le temps qu’elle a siégé à Bordeaux.
Derrière le théâtre, la Préfecture (pl. C4), hôtel construit également par Louis, en 1775, pour l’avocat général au Parlement. La façade, sur le cours du Chapeau-Rouge, a été restaurée en 1873.
Les allées de Tourny (pl. C4)sont une espèce déplacé oblongue, aujourd’hui dépourvue d’arbres, la partie la plus fréquentée de Bordeaux, avec la place de la Comédie. C’est là que sont la plupart des grands cafés (p. 102). Il y a aux extrémités des fontaines monumentales. Au milieu se trouvait avant 1870 une statue équestre de Napoléon III en bronze, par Debay, sur le piédestal de laquelle se lisaient ces mots trop fameux du discours de Bordeaux (1852): «l’Empire, c’est la paix.»
A peu de distance à g. des allées de Tourny, Notre-Dame (pl. C4), église fondée au xm e s., mais reconstruite en 1701, dans le style de l’époque, et restaurée en 1834. L’intérieur est décoré avec une élégance mondaine; on y remarque des peintures de Romain Gazes, dont la principale est une grande fresque représentant le triomphe de la Vierge (1874). — A dr. de l’église , rue Mably , la nouvelle Bibliothèque , remarquable par son fronton. L’ancienne renfermait déjà plus de 150000 volumes et 250 manuscrits. Elle sera sans doute aussi publique tous les jours non fériés, de 11 h. à 4 ou 5 h., excepté le samedi, et seulement le mercr. , de 11 h. à 4 h., durant les vacances (sept, et oct.). La principale curiosité était un exemplaire des «Essais» de Montaigne, couvert d’annotations de la main de l’auteur. Il y avait aussi un muse'e d’armes et dépôt d’antiques, ouvert les dim. et jeudi de 11 h. à 4 ou 5 h. — Derrière la Bibliothèque, le marché des Grands- Hommes (pl. C4), en fer et en verre, de forme circulaire.
Jardin Public.
BORDEAUX
A l’extrémité des allées de Tourny, à l’opposé de la place de la Comédie, est une petite place circulaire avec une statue de Tourny, plus que médiocre , érigée en 1825. A g. , le cours de Tourny, menant à la place Gambetta; à dr., le cours du Jardin-Public.
Le Jardin Public (pi. B C 3), créé aussi par le marquis de Tourny. mais complètement transformé en 1859, est la plus belle promenade de Bordeaux. 11 se compose de deux parties, un magnifique parc anglais, qui a beaucoup d’arbres exotiques, notamment de superbes magnoliers, et un jardin botanique fort riche, avec de grandes serres et où l’on voit même en pleine terre un bosquet de palmiers de Chine (achamærops excelsa»). — Il y a concert militaire dans le parc les dimanche et jeudi à 8 h. du soir en été et à 2 h. */ 2 en hiver, et les promeneurs s’y portent alors en masse. — Dans le même jardin se trouve , à dr. dans le fond , près des serres , le muséum, public les dim. et jeudi de midi à 4 ou 5 h. et visible encore les autres jours aux mêmes heures pour les étrangers. Il occupe le rezde-chaussée et les deux étages. Il comprend surtout une collection d’histoire naturelle, puis de petites colections ethnographique et préhistorique. Il y a partout des étiquettes.
En sortant du Jardin Public par la porte dans l’angle S. -O., au delà du musée, et en tournant à dr. dans la quatrième rue latérale, la rue du Colisée , on a devant soi la partie principale des buines des abènes (pl. B 3) , dites le palais Gallien, parce que l’amphithéâtre passe pour avoir été construit sous cet empereur romain (m. 268). L’arène proprement dite , déformé elliptique, mesurait 77 m. sur 55 et le tout 132 à 137 sur 105 à 114 m. L’édifice existait encore en grande partie en 1792. Les quatre arcades sous lesquelles passe la rue formaient la porte occidentale. La hauteur des ruines est encore à cet endroit d’env. 20 m. Au n° 22 de la rue du Colisée, près des ruines, est un musée lapidaire, ouvert le dim. de midi à 4 h.
La rue transversale quelques pas plus loin nous conduit à g. vers St-Seurin (pl. B 4), l’ancienne cathédrale. Elle en a remplacé au xx® s. une autre beaucoup plus ancienne, mais cextaines parties sont seulement des xin e -xv e s. et même encore plus récentes. La façade, que surmonte un clocher, est du xi e s., mais on l’a masquée en 1829 par un portail médiocre. Il y a au S. un *portail remarquable du xui e s., précédé d’un porche de la renaissance. Le sujet principal des sculptures, qui ont été restaurées, est le jugement dernier.
L’intérieur, fort sombre et bas, présente d’abord d'énormes piliers ronds, puis des piliers avec demi-colonnes. Il y a presque partout de beaux vitraux modernes. Dans le chœur, un très beau trône épiscopal <iu style goth. fleuri, et sur un autel en face de ce trône, la plus grande partie d’un retable ancien en albâtre, dont le reste est dans la chapelle de la Vierge. Il y a en tout quarante sujets, représentant Jésus en croix et des scènes de la vie de St Seurin, évêque de Bordeaux au v e s. A g., en deçà du chœur, une grande chapelle neuve du style goth., puis une chapelle du xm e s. avec de jolies arcatures goth. et un bel autel. — Sous le ^hoeur se trouve une crypte très ancienne et fort curieuse, divisée en trois
BORDEAUX
Mutée.
nefs voûtées en plein cintre (s’adresser au sacristain). Elle renferme un ee'notaplie de la renaissance, placé au-dessus du tombeau de St Fort, premier évêque de Bordeaux, le tombeau de Ste Véronique et six sarcophages précieux en marbre, déeorés de sculptures, datant du iv e au vi e s.
De cette église, nous traversons la place voisine, dite allées Damour, et nous descendons à g. la rue Judaïque, qui traverse bientôt la rue St-Sernin, où se trouve, à peu de distance à g., l 'Institution Nationale des Sourdes-Muettes (pl. B 4), vaste et belle construction dans le style classique, avec une statue de l’abbé de l’Epée au portail. Presque en face, une école professionnelle monumentale.
La rue Judaïque nous conduit ensuite à la place Gambetta (pl. B 4-5), beau square où aboutissent le cours de l’Intendance et le cours Tourny. Prenant ensuite, à l’opposé de la rue Judaïque, la rue Porte-Dijeaux, ainsi nommée d’une ancienne porte de la ville qui n’oifre pas d’intérêt, nous tournons immédiatement à dr. dans la rue des Remparts, qui nous conduit à l’hôtel de ville, au musée et à la cathédrale.
L’ hôtel de ville (pl. B 5) est l’ancien archevêché, bâti de 1770 à 1781, pourlecardinal-princedeRohan-Guéménée, et restauré depuis 1862, à la suite d’un incendie. C’est un assez bel édifice, avec une entrée monumentale entre deux péristyles.
Le musée (pl. B 5) se trouve derrière, dans deux ailes construites depuis peu, de chaque côté d’un petit jardin. Il est public tous les jours, excepté les lundi et vendr., de midi à 5 h. en été et4 h. en hiver. Les étrangers peuvent aussi le visiter les lundi et vendredi. Il y a des inscriptions. Vestiaire facultatif et gratuit.
Aile de droite. — Ecoles anciennes. — Vestibule, quelques sculptures; entre autres, 708, Hoursolle (de Bordeaux), Cet âge est sans pitié; 712, Lemot , Apollon. — l re salle: à dr., 223, P. Grebber, Bethsabée au bain ; 233, Ifolbdn le Jeune , portr. d’homme; 608, Monvoisin , Bataille de Denain (1712); 80, école de Afurillo , la Vierge et l’Enfant : 41, Lor. di Credi , l’Annonciation; 146, le Titien , Triomphe de Qalatée; 32, L. Carrache (?), Danse de petits amours; 76, Afurillo , St Antoine de Padoue en extase; 23, P. Vérone le ; 117, Sabatini, Ste Famille; 664, école hollandaise, portr. d’homme; 22, P. Véronèse, la Femme adultère; 7o, Afoya, portr. d'un peintre; 125, Solimena, Joseph dans sa prison; *12, P. de Cortone, la Vierge et l'Enfant; 138, d’après André del Sarto, Ste Famille; 113, Sait. Posa, Ajax; *147, le Titien (?), la Femme adultère ; 643, école italienne, David devant Saül ; 78, Afurillo (?) , portr. de don I.uis de Haro; 21, P ■ Véronèse , Adoration des mages; 2, le Corrige (?), Ganymède ; 108, Séb. Pied, l’Amour jaloux de la Fidélité; 103, Ribera, Un conciliabule; *143, Vasari, Ste Famille; 63, Liberi , Ste Apolline et un ange; 15, iJo/mctno, la Vierge et l'Enfant; — 8, Fra Bartolommeo, 84, Palma le Vieux, Ste Famille; 139, le Pérugin, la Vierge, l’Enfant, St Jérôme et St Augustin; — 87, Palmezzano, Jésus en croix; plus loin, 77, Afurillo (?), Un philosophe; 649, école italienne, Ecco Homo; 42, Bughet, paysage; 99, le Guide, la Madeleine; 106, Marco Ricd, St Antoine invoquant la Vierge; 3, école d'Allegri , Vénus endormie; 133, Tiepolo , Eliëzer et Rébecca ; 93, le Basson, Jésus entre Marthe et Marie; 148, le Titien (?), Tarquin et Lucrèce; 54, Giordano, Vénus endormie; 95, Preti, le Calabrise, Homme jouant de la guitare; 126, Spada, les Quatre âges de la vie; — 40, Cesari, le Josépin, Jésus lavant les pieds des apôtres; 150, école du Titien, la Madeleine ; 96, Cam. Procacdni (?), la Salutation angélique. — II e salle: à g. de la porte, 128, Tavella, la Madeleine et deux chérubins ; 92, le Bassan, la Sortie de l’arche; 184, Cranach le Vieux, Vénus et l’Amour. — III e salle: à dr., 264, de Jfomper, paysage; 311, Teniers le Jeune,
Cathédrale.
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