‹ Le centurion [microforme]Chapitre 20 sur 70 · MEMPHIS · texte numérisé non relu

MEMPHIS

D'Héliopolis nous sommes allés à Memphis, l'ancienne capitale de l'empire égyptien, aujourd'hui en ruines comme Héliopolis. C’est le grand cimetière de l'Egypte primitive, et conséquemment la ville des pyramides. Car les premiers pharaons

le Nil, visité les trois de Khéphrém, de

* NOUS nous sommes dont les tombes colossales

exquise !

d'élégants

€ pourpre qui recouv chameau, il me sem trônes de l'Orient, e “erviteurs.—«Vous à Salomon», m'a dit Gamajouta Onkelos, que c'est Jui qui vous visite.— Dans le désert, j'aime ue le cheval. Mon père, toua cédé à mon Caprice, et m'a mon choix,

C'est le navire du désert, qui est un océan, et il en a les bercements. Tout d’abord, cela trouble un peu le cœur ; mais on s’y fait, et la bosse de l'animal, comme la coupole d'un observatoire, nous permet d'admirer l'horizon.

On croit généralement qu'il n'y a pas d'horizon dans le désert ; mais c'est une erreur. Avoir devant les yeux l'immensité des sables, et, dans un lointain vague, une zône bleue qui ressemble à la mer ; y découvrir ca et là des îles, qu'on voit surgir, et se transformer graduellement en forêts de palraiers : voin défiler des caravanes ou des troupeaux aux confins de longues plaines de sable, dans un mirage qui les transfigure et leur donne les proportions de monstres antédiluviens ; voi: resplendir au soleil des campements :‘: tentes blanches qui ressemblent à des volées de cygies géants ; gravir ou contourner des montagnes de granit rouge, ou de quartz rose ; apercevoir tout à coup au bord d’une fontaine un tombeau monumental, ou un temple de Tot ou de Phtah avec ses hautes pylônes et ses colonnades énormes, avec ses chapitaux en feuilles de lotus: Voilà quelques-unes des variétés d'horizons qui ont tour à tour charmé mes regards, dans mes courses.

Et dans quelle exquise rêverie cette marche lente et monotone vous plonge ! Nulle part ailleurs, et jamais, je n’ai senti si profondément le charme de la grande solitude et du suprême recueillement des être vivants mêlés aux choses mortes.

Etre peu éloigné d'une grande ville des siècles Pourtant la sensation de lointains du repos définitif, du ent, c'est un état d'âme dont j'aime la quiétude et la douceur.

Quelquefois on voit des ombres s'étendre ou Courir sur le sable brûlant, ce sont des nuages fuyants qui Passent sur le soleil.

J'ai parfois Ja sensation que tout cela est un rêve, et que je vais m'éveiller, Mais non, mon rêve est une réalité,

Priment leur perpétu têtes ondulent Sans cesse, navire sur les vague:

allure fatiguée anno

se coucher à Ja

et nous ne faisons q

la mort, c'est l'absence

la création n'y soit pas

C'est le chaos, en travail de

Et dans ce chaos nous sommes jes

frèles demeures ambulantes que des esprits animent et éclairent. ;

Que vous dire, à mère, des ruines colossales de Memphis ? Comment vous décrire le Serapeum, et le Mastaba de Thi, et le Colosse de Ramsès II, et les avenues de sphinx, et les onze grandes pyramides ?

L'antiquité de tous ces monuments, qui remontent à quinze, vingt et trente siècles, leurs proportions énormes, leur architecture massive et simple, me jettent dans la stupeur. Je reste sans parole en présence de ces merveilles, dont je voudrais tant connaître l'histoire.

J'ai été attristée par le contraste que présentent ces grandes ruines, œuvres des hommes, avec l’éternelle jeunesse de la nature. Parmi les restes de la vieille Memphis, et les monumentales pyramides où dorment des Pharaons inconnus, il y a de la vie qui subsiste. Il y a un bois de palmiers toujours verts, qui ombrage la rive d'un petit lac sacré.

Des canards joyeux y prennent leurs ébats, pendant que sur la grève des ibis pâles et des flamants roses, juchés sur leurs longues pattes comme sur des échasses, semblent dormir leur dernier sommeil. Quels rêves font-ils dans cette attitude d’immobilité qui ressemble à la mort? Quelles visions étranges passent devant leurs yeux à demifermés, et les fascinent ?

Page 1