‹ Le cercle du Moyen-LogoneChapitre 13 sur 30 · CL · texte numérisé non relu

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Courbes du Logone à LaTen fSû3 eten f30U :. Le J9Jui//et.

fa. roche située dam le Lo^one.â 3oo mètres en ara/ du Poste a été couverte

dans /a nuit.

450 mètres entre berges. Aux basses eaux, il n'occupe qu'une faible partie de son lit, qui est encombré par d'immenses bancs de sable, et en nombre de points il est guéable.

Aux hautes eaux, il sort de son lit, bien que les berges aient 4 ou 5 mètres en moyenne et inonde, surtout sur la rive gauche, les plaines basses qui le bordent.

Il reste en saison sèche une série de grandes mares, longues parfois de 1 ou 2 kilomètres (ce sont des parties d'anciens liis du fleuve), au milieu

desquelles s'ébattent des troupes nombreuses d'hippopotames.

Dès le mois de juillet, le courant du Logone est rapide : environ B kilomètres à Theure.

On voit, par la courbe d'étiage, qui est annexée ci -joint, que le Logone ne reste pas étale et qu'aussitôt après avoir fini de croître, il redescend très brusquement. Il n'en est pas de même du Ghari à Fort-Archambault oii le niveau maxima reste presque constant durant un mois ou deux. Cela s'explique facilement : le Logone et ses affluents viennent tous de la même région (Adamaoua), alors que le Ghari et ses affluents : Gribingui, Aouk, pour ne citer que les plus grands, viennent des zones assez différentes, oii les pluies maxima ne se produisent pas simultanément, ce qui fait qu'un certain équilibre se fait dans le total leurs apports.

Il est à noter que le Logone ne reçoit sur la rive droite aucun affluent important avant Kobou et qu'il envoie même très probablement vers l'Est les deux affluents dont nous avons parlé : le Som et le Nion.

Sur la rive gauche, il reçoit à Ere la rivière que Maistre appelle Ba-Tenna (rivière des hippopotames). D'après M. Antony, qui l'a traversée deux fois, elle ne serait connue des Massas que sous le nom de Tandjilé. G'est une rivière peu importante aux eaux basses (elle n'est pas navigable même pour des pirogues), mais elle grossit vite en saison des pluies et fin juillet M. Antony a traversé difficilement des gués praticables (1 m. 50 à 1 m. 60) à hauteur de Nangtchoa, oii le Tandjilé a une trentaine de mètres de large. Le 30 novembre, la mission Maistre ne put le traverser à gué.

Ne serait-ce pas son cours supérieur qui aurait été reconnu par le maréchal des logis Lahure entre Kor et Damko, oii il dit avoir franchi une

rivière de 60 mètres de large? C'est fort probable, mais l'identification n'est pas faite.

C'est entre Safousso et Amarao ou Dioikoidi, par environ 10''22' Nord, que d'une vaste zone d'inondation se détache, aux hautes eaux, les années où la crue est assez forte, la branche qui se déverse dans le Toubouri.

En 1 903, cette branche a été remplie par les eaux du Logone en septembre et octobre. Elle a été utilisée, non sans peine, par le capitaine Lenfant, qui a pu y tramer son chaland. Il est regrettable qu'il n'ait pu arriver une quinzaine de jours plus tôt, car son passage aurait été beaucoup plus facile.

En 1904, le capitaine d'Adhémar et l'enseigne de vaisseau Audoin, qui ont exploré à fond cette région du 3 août au 23 septembre, ont constaté qu'en août le débouché de la communication dans le Logone, large d'une dizaine de mètres, était barrée à son entrée par des hauts fonds de 1 mètre à 1 m. 30 et qu'au delà il y avait des fonds irréguliers atteignant jusqu'à 3 mètres. On pouvait alors atteindre Dioikoidi en baleinière.

Mais, entre ce point et Szébé, on ne trouvait qu'une série de mares séparées les unes des autres par des isthmes de sable.

De Szébé à Dana, ils ne rencontrèrent qu'une plaine sans eau, large de plusieurs kilomètres, sans dépression nette, semée çà et là de quelques bouquets d'arbres.

A côté de Dana, il y avait quelques mares ; enfin, au sud de Dana, on voyait une dépression qui se prolongeait jusqu'à Dommo. Cette dépression est bordée à l'Ouest parla chaîne de hauteur (fort peu élevées d'ailleurs) qui porte Dana et Mouri. Le lac Toubouri ne commençait qu'àDomo.

La crue maxima du Logone se produisit le 18 septembre et jusqu'au 23 la descente fut très nette et s'opéra de façon continue.

Au moment des plus hautes eaux, les embarcations calant 60 centimètres pouvaient aller jusqu'à Szébé. La zone d'inondation allait à 1 ou 2 kilomètres au sud de Szébé. Au même moment le Toubouri avait débordé jusqu'à Mouri, mais les pirogues indigènes ne pouvaient dépasser Dommo.

Il y a donc eu en 1904 une solution de continuité longue de 8 à 9 kilomètres.

Pour que des embarcations de 60 centimètres de tirant d'eau puissent aller du Logone au Toubouri ou inversement, il faudrait au moins une crue du Logone supérieur de 1 mètre à celle observée à Dioikoidi en 1904, et d'après les indigènes, il n'en serait ainsi, les années les plus favorables, que durant un mois environ.

Lorsque le lieutenant-colonel Gouraud est venu visiter cette région en novembre 1904, il a fait des constatations identiques et a vu les traces du chenal que le capitaine Lenfant dut faire creuser pour assurer le passage de son chaland.

On le voit donc, la communication Logone-Toubouri est intermittente et n'a lieu que les années où la crue du Logone est au moins moyenne.

Sans travaux d'art, c'est une voie de communication qui ne peut être utilisée commercialement.

Lorsque des études sérieuses, s'appuyant sur des levers de précision au 5 ou 10.000^ et un nivellement exact, auront été faites, il sera possible de dresser un avant-projet de canal, et l'on verra s'il suffit de quelques centaines de mille francs ou s'il faut quelques millions pour aménager cette voie.

Il restera ensuite à déterminer le transit qui y^ passerait pour savoir si l'on doit faire ces travaux de suite ou seulement dans vingt ou trente ans.

Pour le moment on ne peut se prononcer, il faut se contenter de poser ces points d'interrogation.

Le Toubouri est, en saison sèche, une suite de

petits lacs réunis entre eux par un étroit chenal. Aux hautes eaux, au contraire, c'est une vaste nappe d'eau encombrée d'herbes presque partout. Au centre, le Toubouri paraît avoir au maximum 4 mètres d'eau.

Suivant les années, la superficie qu'il recouvre varie beaucoup, car tout le terrain avoisinant les lacs qui restent en saison sèche est très plat, et suivant que les pluies ont été plus ou moins abondantes l'inondation s'étend plus ou moins loin. C'est ce qui se produit d'ailleurs au Tchad et aux lacs Iro et Fittri, qui ne sont pas à cuvette bien définie.

Aux hautes eaux, le lac de Tikem se réunit à la cuvette lacustre qui est au nord de Fianga pendant que vers l'ouest il s'étend jusqu'à 5 kilomètres en aval de Ompi.

Fin juillet 1903, le lac de Tikem ne communiquait au contraire avec le Toubouri Nord que par un canal navigable pour pirogue, mais sans courant sensible.

Le capitaine d'Adhémar et l'enseigne de vaisseaux Audoin ont exploré le Toubouri du 12 août au 18 octobre 1901 . Voici ce qu'ils ont constaté :

Un véritable lac s'étend entre Dommo et Fianga, mais là on trouve un seuil avec 30 centimètres d'eau seulement. Quelques centaines de mètres plus au Sud, on retrouve de grands fonds. Dans la partie libre d'herbes, on constate un courant portant au Sud d'une vitesse de 1 à 1 nœud 1/2.

Une ligne d'eau profonde à rives accores, distantes de 10 à 15 mètres, relie le lac de Tikem à Gangou. De part et d'autre s'étend une zone d'inondation semée d'ondulations hautes de 1 à 2 mètres au maximum, sur lesquels on trouve des bouquets d'arbres.

C'est au lac de Boudoume que l'on rencontre les premiers cailloux.

De Boudoume à Solkando on suit un canal sinueux large de quelques mètres, profond de 30 à 60 centimètres. A partir de Solkando, le canal a une quinzaine de mètres de large et des berges nettes.

Un marécage assez difficile à traverser précède Ompi.

Somme toute, en 1904, on n'a pu trouver dans le Toubouri un chenal continu ayant 60 centimètres de profondeur.

Les Fellatas appellent Mayo-Kabi toute la portion du lac Toubouri qui est à l'Ouest des monts Daoua.

Le Sienlé vient se jeter un peu en amont de Tikem. Le lieutenant Faure l'a traversé plus à l'Est, entre Déro et Gaya.Une reconnaissance de Sénégalais, qui fut envoyée de Demmo (ne pas confondre avec le Demmo de Barth, que le capitaine d'Adhémar appelle Domo, et qui est par 10°09'22" N. alors que celui-ci est par 9° 33' environ), atteignit le Sienlé au village de Gounou (t 5 kilomètres environ au sud de Demmo) et rapporta le renseignement suivant : Le Sienlé se partagerait à Gounou en deux bras ; l'un allant au Toubouri (c'est celui qui a été traversé près de Déro), l'autre nommé Kabbia coulerait vers l'Ouest, passerait à Lamé et s'appellerait dans la dernière partie de son cours Mayo- China.

Ce renseignement paraît tout à fait invraisemblable si on le rapproche des constatations faites par Maistre, qui a traversé entre Dérembaï et Feffè une série de rivières dont l'axe est nettement Nord-Sud. Une des plus importantes paraît être le Dama, qui semble être la rivière traversée par M. Faure immédiatement en amont de Tikem. Rien en tout cas dans la reconnaissance faite en pays Laka par le maréchal des logis Lahure ne semble confirmer les renseignements apportés par la patrouille du lieutenant Faure.

A quelques kilomètres de Binder-Naïri,le Mayo- Kabi tombe brusquement du plateau sur lequel se trouve le Toubouri dans la plaine de la Bénoué, par une série de rapides, de sauts et une chute grandiose, haute de 50 à 60 mètres, que le capitaine Faure a appelée « Chute Gauthiot » .Elle a été reconnue en détail par le capitaine Lenfant.

Toute la région entre Mbourao et Léré a été profondément découpée par une série de torrents, affluents du Mayo-Kabi, qui lui-même s'est creusé un lit souvent très étroit et présentant à peine 15 et 20 mètres de largeur, comme près de Touragué, de Kognak et de Djaloumé. Naturellement ce litest très sinueux. Il est coupé par les lacs de Tréné (10 kilomètres sur 2), de Léré (15 kilomètres sur 4) et enfin par le petit lac Nabarat, qui est presque entièrement couvert d'herbes. C'est sur ces bords que se trouvait Biparé ou Bifara, qui marque notre frontière.

Après avoir reçu sur sa rive droite les Mayo- Loué et Boulo, le Mayo-Kabi. s'élargit et atteint couramment 120 et 150 mètres, parfois même 500. Son cours est rapide, mais n'est plus torrentueux.

Le Mayo-Kabi n'est navigable, pour un vapeur, que deux mois seulement : août et septembre. Dès mi-octobre, il est guéable en nombre de points.

On peut le remonter jusqu'à Ouadéré avec des baleinières, mais de là la route de terre est difficile pour gagner Ompi.

Le point d'accostage pratique pour des vapeurs est Tréné. Une route accidentée, coupée de ravins, mais plus praticable que celle qui part de Ouadéré, mène de Tréné à Ompi en passant par Binder- Naïri. Elle est longue de deux étapes.

Un peu au sud de Vouloum ou Vélendi,le Logone détache sur sa gauche un bras, large de 50 à 60 mètres, profond en moyenne de 1 m. 80, où le courant est assez rapide (5 kilomètres à l'heure

en septembre). Les indigènes l'appellent Mayo- Yeï. Le lieutenant Faure Ta descendu jusqu'au village de ce nom, qui est voisin de Bogo et Kadè où Barth l'avait traversé avant de le recouper plus au Nord près de Baréa et de Daramsouloum.

Ce bras du Logone, qui paraît recevoir le Mayo- Tsanaga, qui passe à Maroua, va-t-il rejoindre le Logone aux environs du H® degré de latitude ou bien se jette-t-il directement dans le Tchad? Le capitaine Lenfant ne paraît pas l'avoir coupé entre Aoffa et Maroua : aussi nous avons tout lieu de croire qu'il rejoint le Logone. D'ailleurs des indigènes l'ont affirmé à l'enseigne de vaisseau Audoin.

On le voit, le Moyen-Logone est un pays excessivement curieux au point de vue hydrographique. Il a offert bien des surprises et en réserve peutêtre encore d'autres.

On commence à entrevoir la solution des divers problèmes géographiques qui s'y posent, mais il faudra encore du temps et des études de détail sérieuses pour les résoudre complètement et de façon définitive.

On peut toutefois affirmer dès maintenant que, si les communications Mayo-Kabi, Logone et Logone-Babo ne sont pas naturellement utilisables, on pourra les aménager artificiellement et sans de très grosses dépenses.

Dans ce pays, il n'y a pas lieu de songer actuellement à faire des chemins de fer, il suffit de s'occuper d'améliorer les voies d'eau existantes et de créer un système d'irrigation rationnel. Le développement du pays ne pourra être assuré que grâce à des travaux hydrauliques bien compris.

Mais dans combien d'années l'état de nos finances nous permettra-t-il de faire la première mise de fonds indispensable?

Nous ne voyons guère, pour expliquer le régime hydrographique si compliqué du Logone, que l'hypothèse suivante : autrefois tout ce pays était

le fond d'une grande mer ou d'un vaste lac dont le Tchad, les lacs Fittri et Iro et les ngaldjams sont les derniers témoins et c'est seulement à une période assez récente que ce lac ou cette mer se sont desséchés.

Gomment expliquer autrement que l'érosion n'ait pas achevé de sculpter profondément toute cette région et de lui donner ainsi son faciès presque définitif?

Il est peut-être bon cependant de signaler ici quelques raisons qui ont rendu moins actifs qu'ailleurs les phénomènes d'érosion.

La première est que le pays est dans son ensemble excessivement plat, sauf en quelques points comme entre Toubouri et Bénoué. Il en résulte que les cours d'eau ont un courant très lent.

La seconde tient à la climatologie générale du pays. Ici, comme dans le Bahr el Ghazal (bassin duNil),qui paraît offrir de grandes analogies avec le bassin du Chari et qui se trouve presque sous les mêmes latitudes, la végétation vient retenir les courants, qui auraient tendance à se former, quand elle ne les arrête pas complètement.

Par suite de la longueur de la saison sèche, nombre de cours d'eau ne sont plus permanents et lorsque les premières pluies arrivent, le sol desséché les absorbe complètement et empêche tout ruissellement. Mais, dès que le sol est un peu humide, la végétation intense se réveille, les herbes poussent et se développent pendant les mois d'avril, mai et juin, alors que les pluies sont faibles. Lorsque la grande saison des pluies arrive, au moment oii le sol saturé se refuse à absorber l'eau qui tombe, une véritable forêt herbeuse, haute parfois de 2 mètres couvre tout le pays et paralyse l'écoulement naturel des eaux.

Voilà, à notre avis, la cause principale qui

empêche de constater au Gliari des. phénomènes d'érosion semblables à ceux qui frappent en pays saharien. Là, en effet, dès qu'il pleut abondamment, aucune végétation n'existant à la surface du sol, ]'eau se précipite en suivant les lignes de plus grande pente et creuse avec énergie les thalwegs. L'érosion est brève, mais excessivement intense, et le résultat en est bien plus considérable que dans des pays mi-équatoriaux, misahariens, où l'érosion est beaucoup plus longue, mais bien moins violente.

Gomment s'est faite la communication Mayo- Kabi-Logone ? Est-ce, comme le croit le capitaine Faure, le Logone qui, obéissant à la loi de Baër, s'est heurté aux monts Daoïia, les a arasés en partie et a finalement brisé l'obstacle qui le séparait de la Bénoué ? N'est-ce pas plutôt le Logone qui a été capté par le Mayo-Kabi et les torrents qui le rejoignent? Le capitaine Faure a signalé l'érosion intense qui caractérise la zone Binder-Biparé- Mbourao et qui rend l'hypothèse de la capture du Logone très vraisemblable.

Mais les deux phénomènes ne se seraient-ils pas succédé, n'auraient-ils pas coexisté, et la communication ne serait-elle pas la résultante de ces deux actions ? Ne pourrait-on pas émettre aussi l'hypothèse suivante : A un moment donné, soit par suite de mouvements lents du sol exhaussant le fond du lac, ou affaissant la chaussée qui le séparait de la plaine de la Bénoué, ou par suite de dislocations ayant produit l'apparition des soulèvements des monts Daoua, Mendif, de Hadjer el Hamis, des montagnes de Niellim, le lac tchadien n'a-t-il pas débordé et ne s'est-il pas p,récipité par une trouée préexistante, creusant ainsi profondément la vallée dû Mayo-Kabi? Puis, un premier dessèchement de la région tchadienne s'étant produit, la communication n'aurait-elle pas cessé entre la cuvette lacustre et la mer?

Enfin, quelques siècles plus tard, le Kabi n'auraitil pas capté le Logone ? Les lacs Nabarat, de Léré et de Tréné ne seraient-ils pas, comme le pense le capitaine Faure, les témoins de Férosion formidable qui aurait eu lieu durant la première période ? N'auraient-ils pas comme origine l'aflPouillement qui se produisit au pied de toute cataracte ? C'est une hypothèse qui paraît assez vraisemblable.

Avant de terminer ce chapitre, il est peut-être bon d'insister sur le point suivant : Le Logone, et non point le Tchad, se déverse dans la mer et encore seulement à des intervalles indéterminés.

Or, à lire les passages suivants de la conférence faite par le capitaine Lenfant à la Société de Géographie de Paris (voir la Géographie du 15 mai 1904), on pourrait croire — et ce serait bien à tort — que le Tchad lui-même se déverse dans la Bénoué. Il dit en effet (page 327) : « Ainsi les lacs de la région de Tombouctou vont à la mer par le Niger, tandis que le Tchad^ qui s'étend sensiblement sur le même plan, s'écoule dans V Atlantique par la Bénoué. » (Page 328 :) « Les eaux du grand lac africain sont en relation directe avec celles du Niger et comme celles de ce beau fleuve vont se perdre dans V Atlantique au fond du golfe de Bénin », (page 332) « démontrant par une expérience que le grand lac africain est bien en relation directe avec le Niger, et que ses eaux se déversent durant plusieurs semaines chaque année dans le golfe duBénin ».

De même, dans son livre, on peut relever les passages suivants : (page 143) « N'avais-je pas offert de démontrer que ses eaux (il parle du Tchad) sont en corrélation directe avec celles de l'Océan? Car elles le ^oni^ puis qu"" elles s'y déversent. » (Page 154 :) « Cet émissaire du Tchad. » (Il parle duToubouri.)

M. Le Myre de Vilers lui-même a été trompé par ces passages, puisqu'il a écrit dans sa préface la phrase suivante : « Si, comme l'avaient prévu Barth et Wallace, le trop-plein du Tchad ^ du Chari et du Logone alimentent la Bénoué- Niger pendant la saison des pluies... »

Il est à noter d'ailleurs que les altitudes données par le commandant Lenfant paraissent être inexactes. 11 indique comme altitude des lacs de Tombouctou (page 208 de son livre) 340 mètres environ, alors que, d'après l'atlas de Paul Pelet, Tombouctou serait à 240 mètres, chiffre qui semble très vraisemblable si on le compare aux altitudesde Kouroussa (365 m.), Bammako (316 m.) et Molla (177 m.) déterminées par les missions, qui ont étudié les chemins de fer de la Guinée, du Soudan et du Dahomey.

Pour le Tchad, le commandant Lenfant donne comme altitude 330 mètres (voir page 209), alors que Vogel donne 259, Nachtigal 270, Fourneau 277 et queFoureau dans sa carte adopte 260 mètres. Ce dernier a trouvé 290 mètres pour Begra, 287 poùrKiessa, 281 pour Mara, et ces trois points, où il a séjourné et calculé des altitudes absolues, sont sensiblement au-dessus du lac. Nous admettons donc comme altitude probable du Tchad 265 mètres.

Nous-même avons trouvé pour Laï 379 mètres. Il est donc probable que la communication Logone- Toubouri est par environ 350 mètres (le commandant Lenfant donne pour cette région une moyenne de 371 mètres) : il s'ensuit qu'entre Dioikoidi et le Tchad il y a une différence de niveau d'environ 85 mètres. D'après le commandant Lenfant luimême, le Tchad serait à 41 mètres au-dessous de Dioikoidi.

Il est donc bien évident que, dans les passages cités plus haut, le commandant Lenfant a voulu parler non du Tchad lui-même, mais de la mer

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tchadienne (mer ou lac, le mot importe peu) dont nous admettons Tun et l'autre l'existence à une époque géologique que nous ne pouvons fixer.

Mais comme une confusion regrettable peut se produire dans l'esprit du lecteur, surtout après la comparaison qui est faite entre le Tchad et les lacs des environs de Tombouctou, qui encore à l'heure actuelle se déversent dans le Niger et par suite dans la mer lorsque le fleuve décroît, nous avons tenu à bien indiquer ici que ce sont les eaux du Logone seules qui vont, certaines années, à la fois à la mer et au Tchad.

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