‹ Le cercle du Moyen-LogoneChapitre 14 sur 30 · VIII. — Végétation, cultures · texte numérisé non relu

VIII. — Végétation, cultures

Le Moyen-Logone est couvert en général d'une petite brousse, haute de 3 à 4 mètres à peine, composée d'arbres rabougris et noueux, que dominent de temps à autre des tamariniers, des karités et en certains points du Nord des palmiers doums ou hyphènes et des gommiers.

Au nord de 9" 30', on trouve de grandes plaines herbeuses, sans arbres, notamment en pays Somraï.

Naturellement, à mesure qu'on avance vers le Sud ou qu'on s'élève, on trouve des arbres de plus belle venue. En certains points, au sud de 9% on traverse de véritables futaies.

Le long du Logone, lesborassus sont les seuls arbres qui poussent dans les plaines herbeuses voisines du fleuve. Aux hautes eaux, ces plaines, qui ont une largeur de 1 à 2 kilomètres, sont inondées ou émergent à peine.

Dans les villages, on voit un certain nombre de figuiers, qui deviennent souvent énormes, comme à Laï. C'est sous deux d'entre eux que le lieutenant Faure et son détachement ont campé fort à l'aise, en attendant la construction du poste.

Naturellement, les indigènes utilisent les fruits de ces divers arbres, et tout spécialement ceux du karité, qui leur fournissent le beurre végétal avec lequel ils font leur cuisine. Les fruits du borassus qu'ils cassent et font cuire légèrement sur les charbons, et les figues qui en temps ordinaire ne constituent pour eux qu'un appoint agréable, sont en temps de disette leurs seuls aliments, avec quelques racines et un peu de poisson.

Lorsque nous avons occupé Laï, les Massas traversaient une période de famine : aussi les voyait-on se battre pour quelques figues ou quelques fruits de borassus, qui ne pouvaient suffire à les nourrir, si bien que tous étaient maigres comme des squelettes et que beaucoup mouraient de faim et de faiblesse.

Dans le Sud, à partir du 9^ de latitude et audessus de 400 mètres d'altitude, nous avons trouvé sur la rive droite du Logone des lianes à caoutchouc, qui sont des La Jidolphia Owariensis . Les Bandas appellent cette liane « Banga », les Saras a Doui », les Mbaïs a Dutiem » ou « Kia «^ les Niellims « Béroum », les Haoussas « Loba ».

En certains endroits, notamment entre Koumra et Péni, entre Beïara et Békoudou, les lianes sont nombreuses et fort belles.

Malheureusement les indigènes ne savent point les exploiter et jusqu'à présent les marchands baghirmiens, bornouans ou haoussas ne cherchent ni à récolter le caoutchouc, ni à Tacheter aux indigènes.

Le capitaine Faure a essayé de les pousser dans cette voie, mais sans obtenir de grands résultats. Il faut ajouter que les circonstances n'ont guère été favorables : la maladie^ou les événements de guerre ont réduit le personnel du cercle bien audessous de ce qui était prévu (à certains moments, le capitaine Faure est resté seul Européen, sans sergent indigène et seulement avec 2o gardes

régionaux) : aussi a-t-il été impossible de faire, comme on en avait l'intention, une série de reconnaissances dans cette région du Sud et par suite d'entrer en relations fréquentes et directes avec les indigènes, ce qui aurait permis d'exercer sur eux une action véritable. Le nombre des gradés sénégalais étant des plus restreints, il fut impossible d'en détacher, comme cela avait été projeté, pour montrer aux indigènes comment on récolte le caoutchouc, comment on le fait sécher, etc.

Dès que l'on aura les moyens nécessaires, il sera facile de se rendre un compte exact de la valeur caoutchouquière du sud du cercle (il est très vraisemblable que l'on trouvera des Landolphia sur les plateaux de la rive gauche du Logone, au moins au sud du 9*^ degré. Il est à noter que le maréchal des logis Lahure en a signalé dans le pays au sud de Palla) et ensuite d'amener les indigènes à exploiter la liane. Il faudra seulement pour cela de la méthode, de la patience et un peu de temps.

Pour l'instant, on peut affirmer une chose : c est que la liane a été trouvée en divers points et que tout permet d'espérer qu'on la rencontrera dans une zone assez étendue.

Sur les bords du Tandjilé, on trouve quelques forêts de bambous. Il en est de même sur le plateau qui sépare le Bas-Ili du Chari.

Les indigènes cultivent surtout le mil, l'arachide et les haricots de terre. Le maïs est assez rare dans la majeure partie du cercle, mais du côté de Binder et en pays Moundang on en trouve de grandes plantations. On y cultive aussi le riz. Dans quelques villages en aval de Laï, on rencontre quelques plants de taro et un certain nombre de papayers.

La patate, l'igname, le manioc, le bananier paraissent complètement inconnus.

On cultive surtout cinq espèces de mil (voir le livre du commandant Lenfant, page 114).

Autour des centres fellatas et baghirmiens, on trouve en abondance du coton (voir la note consacrée à cette question dans le livre du commandant Lenfant, pages 266 à 272), que les tisserands transforment en bandelettes, servant à fa "^'q des boubous.

Les Baghirmiens et les Fellatas ont de petits champs d'indigo. Ils se servent de cette plante pour teindre leurs vêtements.

Phot. Bruel.

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