RUINES DE LAI . — UN GRENIER A MIL
Les Massas, qui habitent au nord des Oualias et que l'on appelle aussi Mousgous, ont des cases tout en terre. Voici la description qu'en fait le lieutenant Kieffer : « Gamsi et le village qui lui fait face apparaissent chacun comme un groupe d'immenses obus posés debout sur leur culot. Des ornements en relief et disposés en hélice, figurant ainsi de nombreuses ailettes, permettent la comparaison sans aucune exagération.
« Les cases sont entièrement en argile. Les plus hautes peuvent atteindre 8 mètres, les plus
basses 3 à 4 mètres. Disposées par groupes circulaires dont chacun indique une famille, elles communiquent entre elles par des voûtes fermées, les deux cases extrêmes seules communiquant avec l'extérieur.
« On y loge tout : famille, chevaux, moutons, bestiaux, basse-cour. Comme ouverture, une sorte de hublot horizontal placé tout au sommet (c'est le logement de fusée de l'obus). Cette ouverture peut se boucher à l'aide d'une grosse sphère de chanvre, manœuvrée par deux cordes, l'une à l'intérieur, l'autre à l'extérieur.
« Il y a un art chez les Massas. Dans leurs cases d'une très grande sonorité, on rencontre sur les parois des dessins de couleur blanche, noire ou ocre : chevaux, chiens, cabris. Jusqu'à hauteur d'homme des dessins en relief figurent de véritables lambris. Ces dessins sont peu compliqués. Ils se composent d'un assemblage de lignes droites ou brisées tracées en creux sur l'argile encore pâteuse et ressemblant fort aux dessins que l'on trouve sur les objets dus à l'industrie arabe en Algérie. »
Les Massas de Laï ne portent point, comme ceux du Nord, des casques en corde et des cuirasses en cuir. Ils se contentent du bouclier comme arme défensive, des sagaies et des couteaux de jet comme armes offensives.
Les boucliers sont en vannerie, ils ont la forme d'un trapèze surmonté d'une ogive. Ils ont 1 m. 40 de haut sur 90 centimètres à 1 mètre de large à la base. Le haut est légèrement incurvé. La poignée est en bois.
Leurs couteaux de jet sont identiques à ceux des Saras. Ils se lancent à plat de façon à planer tout en tournant. Leur trajectoire est courbe et inclinée vers la gauche du tireur. Leur portée maxima est d'environ 100 mètres. Celle de la sagaie est de 50 mètres.
A 30 mètres, pour toucher un de leurs boucliers planté en terre, il leur faut lancer une dizaine de sagaies et huit ou neuf couteaux de jet. Mais, dès qu'ils se rapprochent à 25 mètres, leur tir devient beaucoup plus précis. Ils touchent presque à chaque coup.
Les Bandas et les Mandjias lancent la sagaie mieux que les Massas. Ils Fenvoient plus loin et ont un tir plus juste.
Les Massas sont de grande taille, tout en étant
Phot. Bruel.