‹ Le cercle, ou, La Soirée à la modeChapitre 27 sur 57 · LISIDOR, ARAMINTE, LE BARON · texte numérisé non relu

LISIDOR, ARAMINTE, LE BARON

Le Baron.

Bonjour, ma belle dame. Pardon, si j'entre sans façon, sans me faire annoncer, mais ce n'est pas ma faute. Vos gens sont si occupés à jouer dans votre antichambre que, malgré le bruit que j'ai fait, ils n'ont pas daigné m'apercevoir. Il y a des siècles que vous nous abandonnez.

D'accord, il y a longtemps que je ne suis venu. Mais que voulez-vous? on ne peut pas être partout. Je ne dis pas partout où Ton s'amuse, car, si on n'allait que là, on resterait souvent chez soi.

LiSIDOR.

Ce gentilhomme n*est pas complimenteur.

Araminte.

Vous me paraissez toujours aussi franc qu'à votre ordinaire.

Le Baron.

Et je m'en fais honneur. Il y a tant de gens qui mentent, les uns par goût, les autres malheureusement par devoir, que l'on oublierait enfin l'existence de la vérité, si le cœur de quelque galant homme ne lui servait encore d'asile. Au reste, ce n'est point vous qui me devez reprocher ma franchise, elle vous a souvent été utile et va vous l'être encore aujourd'hui. Je viens vous parler d'affaires.

Araminte.

Oh! je m'y attendais.

Le Baron.

Vous savez que je n'aime pas les visites inutiles; mais savez-vous que l'objet qui m'occupe rend celle-ci très importante? Peut-on s'expliquer devant monsieur?

Araminte.

Il est de mes amis, il est digne d'être des vôtres, sa réputation même vous est déjà connue : c'est M. Lisidor.

Oui, j'en conviens; vous êtes peut-être. Monsieur, le seul homme dont je n'aie jamais entendu dire que du bien.

Lisidor.

C'est trop me flatter.

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