A UNE JEUNE FILLE
Vous allez, ô jeune inconnue, Régner sur un cœur tout plein de mon cœur.
Venez ! Soyez la bienvenue !
L'amitié sourit à l'amour vainqueur.
Le printemps caresse la feuille, Le bouton naissant, puis la jeune fleur,
Afin qu'une vierge la cueille Et respire, un jour, sa divine odeur ;
1 5 2 Odelettes familières.
Ainsi les amitiés fidèles Font plus doux encor les cœurs les plus doux,
Pour le bonheur sacré de celles Qui sauront choisir les meilleurs époux.
A ERNEST VERLAN!
Pour vivre, l'homme doit lutter contre les choses. Satisfait un moment, s'il fait trêve au combat, Sur lui l'ennui s'abat Comme un vol de corbeaux moroses.
L'un cherche un compagnon pour bâiller avec lui L'autre quitte la ville et court à la campagne, Mais l'ennui l'accompagne, Il rentre en ville avec l'ennui.
154 Odelettes familières.
Heureux qui sait penser! Si l'imbécile est vide, Un grand esprit, Verlant, porte le monde en soi Et, mendiant ou roi, Il possède un trésor splendide.
Sa cervelle puissante est le rare athanor Où du moindre métal ce savant alchimiste Comme Hermès Trismégiste Tire la quintessence d'or.
Tout se change en pensée au feu de ses prunelles. La vie et ses douleurs n'offensent plus ses yeux Que la beauté des dieux Remplit des clartés éternelles.