‹ Le cerisier fleuriChapitre 51 sur 64 · A MARTHE · texte numérisé non relu

A MARTHE

Blonde enfant, qui retiens le ciel dans ta prunelle, Écoute : mon ami, le jeune et fier soldat, Brûle pour tes grands yeux. Ne lui sois point cruelle. Il est beau. Son front clair brille d'un noble éclat.

Son sourcil, l'on dirait l'aile d'une hirondelle. Sa lèvre a la fraîcheur et le duvet d'un fruit Et son rire bondit comme la cascatelle Qui parmi les cailloux jase, écume et s'enfuit.

58 Odelettes familières.

Profite du présent; cueille le jour et l'heure, Puisque voici les fleurs et les fruits parfumés ! Demain le froid hiver glacera ta demeure ; La neige blanchira tes cheveux bien-aimés.

La toux au coin de l'âtre et les rides moroses Succéderont, hélas ! aux baisers amoureux Et l'hirondelle agile ira sous d'autres cieux Chercher d'autres printemps parfumés d'autres roses.

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