A BERTHE
Berthe, Berthe, pourquoi t'acharner à la perte
Du jeune et beau Rodolphe? Berthe, Tes baisers parfumés ont amolli ses bras
Aujourd'hui roses, blancs et gras, Qui naguère, plus durs que le bois et la pierre,
Brandissaient la lourde rapière Ou fendaient l'onde froide infatigablement.
Enlacés à ton corps charmant,
164 Odelettes familières.
Ils ne demandent plus que de tendres caresses.
Dans leurs amoureuses paresses Ses genoux, qui jadis domptaient d'ardents chevaux,
A présent les voilà rivaux De tes genoux polis et blancs comme l'ivoire.
Seule une légère ombre noire Au-dessus de sa lèvre empêche avec douceur
Qu'on ne le prenne pour ta sœur.