A ANNE
Quel est, dans ta mignonne chambre, Ce mol enfant parfumé d'ambre, Anne, et qui, te parlant tout bas, Te serre dans ses bras ?
Sa chemise de soie ouverte Laisse voir sa poitrine offerte Avec ses bras blancs et rosés A tes légers baisers.
170 Odelettes familières.
Est-ce pour lui, cette parure Qui brille dans ta chevelure, Et ces regards chauds et subtils Qui coulent sous tes cils ?
Est-ce pour lui que sur tes lèvres Frémit le papillon des fièvres Et que tes divins cheveux roux Pleuvent sur tes genoux?
Hélas ! victime de tes charmes, Il connaîtra bientôt les larmes Des beaux jours vite évanouis Et des serments trahis.