‹ Le cerisier fleuriChapitre 61 sur 64 · A LÉANDRE · texte numérisé non relu

A LÉANDRE

L'été brûle. Au fond du jardin, Sous la fraîche tonnelle

Où la vigne enlace au jasmin Sa grâce fraternelle,

Autour de la table de fer

Babille un joyeux groupe.

Que l'or glacé du Rœderer Parfume notre coupe !

Odelettes familières.

Que sous des pampres festonnés

Chaque tête s'incline Pour que nous buvions couronnés

A la mode latine.

Levons le savoureux cristal Encore, encore, encore,

A celle qu'un destin fatal Veut, hélas ! que j'adore !

Léandre, tes yeux de velours, Tes lèvres, fleurs vermeilles

Où voltige un essaim d'amours Moins gros que des abeilles,

Font pâlir la joue et languir

Les yeux mourants d'Hélène

Pour moi, Rosette est mon désir Et ma joie et ma peine.

Son petit cœur trop occupé Joint la glace à la flamme

Et dans le Champagne frappé Je bois toute son âme.

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