ARMÉNIE
En 1904 le Catholicos Khrimian, chef suprême : religieux de tous les Arméniens, et en même temps chef suprême de la communauté, avait établi par décret 1 obligation du certificat médical. Le passage principal du décret était libellé comme suit : < Au nom de $. M. Impériale, Empereur de toutes les Russies, le Saint Synode Arméno-Grégorien… constatant que les maladies vénériennes prennent de l’extension, aussi bien parmi Ja population urbaine que rurale ; que ces maladies empoisonnent la vie physique et morale, et ont une répereussion funeste sur la génération présente et future ; que les conséquences de ces phénomènes désastreux sont les demandes en divorce de plus en plus nombreuses, la cause alléguée par les plaideurs étant surtout la transmission des maladies vénériet nnes du mari à la femme... ordonne d’exiger des hommes entrant en mariage un certificat médical de santé, et de n’autoriser le mariage que dans ce cas ». (Jusqu'en ces dernières années, en Arménie, le mariage était ‘exclusivement religieux.)
Mais ce règlement n’avait pas force. de loi, et il fut plus ou moins bien suivi car, comme le dit un médecin arménien que cite le docteur Georges Cornaz, médecin du dispensaire antivénérien de Lausanne : « Le certificat est bien exigé du fiancé, maïs ce n’est qu’une formalité sans valeur ; on demande une déclaration de santé à n’importe quel médecin, et il est toujours facile de l’obtenir ». Il eut fallu, pour le succès de cette disposition, qu'il ‘y eut ici, comme en Turquie, une surveillance officielle. Malgré ce quasi-échec, j’ai tenu à signaler cette recommandation. L'idée en est profondément intéressante, et la date non moins. C'était en 1904. À peine y pensait-on chez nous...