‹ Le certificat prénuptial: Étude de droit comparé et de législationChapitre 76 sur 95 · PAYS-BAS · texte numérisé non relu

PAYS-BAS

En 1912, sur l'initiative du « Conseil National des Femmes », avec le concours d’associations philanthropiques, industrielles, savantes, féministes, ete, fut fondé, en Hollande, un « Comité pour la propagande de l'examen médical avant le mariage » (Comité der bevordering van geneeskundig onderzock voor het huwelyk), qui, en 1920, fut transformé en une Société, dont le Président d'Honneur est M. Dressez-Luys, député et homme politique renommé. Cette « Société néerlandaise en faveur de l’examen médical prénuptial » a créé 41 filiales déployant une activité particulièrement grande pour inciter les fiancés à passer une visite médicale avant leur mariage. Ces comités distribuent des tracts, et dans 42 communes, le Bureau de l’Etat Civil les remet aux fiancés au moment où ils sollicitent la publication de leurs bans, afin d’attirer leur attention sur l’importance de leur santé et sur les responsabilités de la procréation. La septième partie de tous les mariages célébrés en Hollande est ainsi atteinte chaque année. Voici le relevé d’un de ces tracts que l’on trouve, de plus, en plusieurs bureaux officiels.

CONSEILS IMPORTANTS POUR LES CANDIDATS AU MARIAGE « Un corps sain renferme, avec un esprit sain, plus de puissance et de désir de travail. D’un corps sain émane une force physique et morale, facteur important de bonheur conjugal et

familial.

La maladie d’un des époux affecte l’autre et entraîne pour lui un sureroît de besogne ; elle réduit les joies de l'existence ;

elle apporte des troubles et des soucis à toute la famille. En ou-

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tre, la maladie de l’un peut se transmettre à l’autre, et la santé précaire des parents a sa répercussion sur les enfants. Le bonheur de ces derniers est compromis lorsque le père ou la mère jouissent d’une mauvaise santé, et l’harmonie du foyer n'existe plus.

Mais la situation est plus dramatique encore lorsque la maladie des parents, à cause de son caractère spécial, est transmise aux enfants, au détriment de leur physique et de leur moral.

L'expérience nous montre, d’ailleurs, que l’union de parents ‘ malades produit habituellement une progéniture faible et maladive, ou que cette union reste stérile, C’est done un devoir sacré pour celui qui veut se marier, aussi bien pour lui-même que pour sa future famille — de se rendre compte à temps de la possibilité pour lui d’accepter, au point de vue physique, la responsabilité de l’acte qu’il va entreprendre. C’est le devoir des deux conjoints de considérer sérieusement, non seulement l’affectien mutuelle et les conditions pécuniaires, mais aussi l’état de santé des deux parties, afin de réaliser une union heureuse et paisible. Cette responsabilité intéresse également les parents et les tuteurs dont le devoir est de prendre soin du bonheur de leurs enfants. Ils doivent, eux aussi, préconiser un examen consciencieux des conditions physiques des candidats au mariage. Souvenons-nous qu'il arrive souvent que quelqu'un souffre d’une affection qu'il ignore, et que c’est le médecin seul qui peut découvrir une maladie secrète qui oblige à reculer le mariage, du moins pour quelque temps. |

Si les conjoints sont d’avis de remplir leur devoir, ils devraient consulter un médecin qui a leur confiance et qui est toujours tenu par le secret professionnel. Et si le médecin se voit obligé de vous conseiller de remettre votre mariage à cause de votre état de santé, écoutez la voix de la sagesse et de votre conscience, et reculez votre mariage temporairement.

Votre désappointement sera grand, mais il serait bien plus grand encore, et votre chagrin plus amer, si le mariage dont vous attendiez le bonheur ne vous apportait que des désillusions, à cause de votre propre imprudence.

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Dans la majorité des cas, le médecin pourra vous donner un

avis favorable et vous rassurer sur l’état de votre santé, et sur les espérances que vous êtes en droit d'attendre du mariage. Mais s’il devait en être autrement, vous aurez encore l’avantage de bénéficier de ses conseils, et de pouvoir tabler sur une guérison. Après un certain temps, avec une conscience tranquille et une espérance bien fondée de bonheur futur, vous serez en état de réaliser vos projets.

. Avant que le mariage soit définitivement contracté, il est du devoir des jeunes gens de se communiquer directement, ou indirectement, l’opinion du médecin. Celui qui manque à ce devoir commet un crime contre son futur conjoint, et contre les enfants qui naîtront de cette union. Il commet également un crime contre sa patrie, qui ne peut être servie que par une génération saine et vigoureuse. »

Remarquons combien ces nôtices sont complètes. Elles font un tableau bref d’une union où règne la maladie. C’est la misère pour le conjoint et les enfants, et ce peut être la maladie pour ces derniers. Il faut donc se faire examiner par un médecin avant le mariage, car, seul, il peut découvrir une maladie secrète ; il faut écouter ses conseils, et il ne demande souvent qu’une temporisation. Pour conclure, ces tracts enjoignent aux jeunes gens de se communiquer l’opinion du médecin, sinon il y a crime : envers le conjoint, les enfants, et la Patrie. Il n’y a qu’une seule chose à regretter, c’est que ces conseils ne soient remis aux fiancés, quand ils solliéitent la publication de leurs bans, que dans « 42 communes » et non dans « toutes » les communes néerlandaises, et il est à souhaiter que cette distribution se généralise vu la valeur profondément éducatrice de ces tracts qui préparent peu à peu l’opinion publique à l'obligation légale du certificat médical prématrimonial.

En 1923, il y eut à Milan une séance de la Commission Internationale d’Eugénique. La Société Hollandaise, par l'entremise de M'' le D' Van Herwerden, demanda l'opinion de la Commission sur ladite notice. Plusieurs réponses y furent favorables. Pourtant deux membres, le Major Darwin, et le Professeur ini,

de Padoue, exprimèrent la crainte que, seuls les meilleurs se aissent examiner et suivent l'avis du médecin. M’! le D' Van Herwerden répondit : « Raison de plus, il me semble, pour faire la propagande jusqu’à ce qu’on gagne l'opinion publique, pour que là coutume de l’examen médical s’infiltre dans les mœurs du peuple, soutenue par un échange obligatoire de certificats ».

L'opinion publique commence à être gagnée. M'!* le D' Van Herwerden signala, en effet, dans la communication qu’elle fit au Comité International des Sociétés Eugéniques, réuni à Paris, au siège de la Ligue des Sociétés de la Croix-Rouge les 2 et 3 juillet 1926, que plusieurs comités hollandais, s’occupant de l’hygiène publique et des problèmes sociaux, donnent actuellement leur appui financier et moral à la « Société néerlandaise en faveur de l’examen médical prénuptial ». Elle ajoute : « Une Société politique de « Citoyennes hollandaises » a écrit dans ses statuts que le législateur a le pouvoir, et en quelque sorte le devoir, d'empêcher que les hommes sains et les femmes saines se livrent inconsciemment avec leur descendance, à des dangers qu'ils auraient pu éviter consciencieusement ». M! le D' Van Herwerden conclut en faisant appel à la coopération internatiopale,

A Amsterdam, depuis février 1925, de même qu'à Vienne et Milan, des consultations prématrimoniales sont ouvertes à tous les fiancés se présentant volontairement. L'examen est pratiqué par trois médecins, successivement, au point de vue général, wynécologique, et vénérien. Il est à souhaïter que la pratique de ces consultations se généralise en d’autres villes qu’Amsterdam qui, dans les premiers onze mois de son fonctionnement avait déjà examiné 116 personnes.

Dans aucun cas, on n'avait déconseillé définitivement le mariàge ; en cinq, on avait conseillé avec succès de le remettre Jjusqu’à la guérison, ou jusqu’à ce que le danger de contagion soit passé. Pr PART PA

Provisoirement, le Bureau d'Amsterdam s’abstient de donmér des avis concernant les facteurs d’hérédité. À La Haÿe, il existe à la Policlinique pour les maladies vénériennes des faeilités pour l’examen médical avant le mariage.

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