TCHÉCOSLOVAQUIE
En 1906, alors que Prague était une villé autrichienne, le Docteur Haskovec, dans un livre intitulé : « Le contrat matrimonial, et l’hygiène publique » demandait que tout fiancé présentât un certificat attestant qu'il n’est pas atteint d’alcoo- Hsme chronique, de syphilis, de gonorrhée, de tuberculose, de maladie mentale, et « d’autres signes de dégénérescence pouvant constituer une injure pour le conjoint et les enfants qu'ils procréeront ».
Dix-huit ans plus tard, du 14 au 27 septembre 1924, se tint à Prague le « Congrès International d’Anthropologie », au cours duquel le Docteur Haskovec, Président de la Société Eugénique de Prague, fit une communication intéressante. Il fit remarquer qu’en exigeant l’introduction du certificat médical prématrimonial-dans la loi, on ne demandait pas en même temps nécessairement la prohibition éventuelle du mariage pour les malades. D'après lui, par le progrès des Sciences médicales, l’on connaît maintenant l'influence des maladies héréditaires, et les fiancés
doivent au moins en être avertis. C’est le rôle du médecin. T affirme que : « si nous voulons lutter plus efficacement contre la dégénérescence humaine, et restreindre le nombre des infirmités congénitales, lutter contre les maladies vénériennes, mentales, nerveuses, et toxiques, il faut nous adresser directement aux fiancés et aux époux ». Il considère cette consultation médicale avant le mariage comme un des moyens les plus efficaces pour faire pénétrer avec succès, dans les masses, les connaissances d’hygiène sociale. Elle doit être un enseignement ; elle sera profitable à l'Economie nationale et à la Sécurité de l'Etat. Le Docteur Haskovec ne veut pas restreindre le nombre des mariages, loin de là, mais il considère qu’il « est plus avantageux pour l’État d’avoir une population moins nombreuse, mais, moralement, physiquement, et économiquement meilleure, que d’avoir une grande quantité de sujets malades, dégénérés, et faibles ». Il rappelle que le $ 48 du projet du Code Civil, et le $ 7 du projet du Droit Familial du Code Civil Tehécoslovaque, récemment conçu, demandent que l’aliénation mentale, ou l’imbécillité, soient un obstacle au mariage ; que le $ 53 prévoit qu'on a le droit de refuser le mariage aux individus atteints d’une maladie infectieuse, ou d’un défaut faisant obstacle au but du mariage. Qui en informera les autorités ? Seul, un médecin est compétent ; et par quel moyen ? sinon le certificat médical ? La loi ne l’imposera-t-elle pas ? La loi tchécoslovaque de 1919 donne le droit de rompre le mariage à cause d’une « maladie, d’une grande dégénérescence psychique congénitale ou acquise, d’une hystérie grave, d’alcoolisme, ou d’autre intoxication chronique, ou d’épilepsie ». Ne serait-il pas mieux de prévenir ?
La consultation pourrait être confidentielle, et la décision ultérieure des fiancés, libre, sauf dans les cas cités $$ 48 et 53. 11 n’y aurait plus atteinte alors, dit le Docteur Haskovec, au droit individuel, et on préviendrait de nombreux mariages malheureux. On devrait passer outre aux maladies en certains cas, ainsi pour les mariages in-extremis. Le Ministère de la Santé Publique devrait adresser des instructions aux médeeins et offi-