‹ Le cerveau et la moelle épinièreChapitre 10 sur 60 · I. — Configuration extérieure · texte numérisé non relu

I. — Configuration extérieure

La surface extérieure de la moelle épinière peut être étudiée malgré la présence de la pie-mère qui rengaine et lui adhère intimement. Elle présente à

Kg. 31. — Coupe transversale de la colonne vertébrale dans sa portion cervicale pour montrer la disposition de la moelle dans le canal vertébral.

C, corps de la vertèbre; AF, apophyse épirteuse; I,, lame vertébrale; Âpo el Ap.p, tubercules antérieur et postérieur de l'apophyse transverse; T, trou verléliral; 1. septUOl médian; 2, veines inlra-raehidiennes ; dure-mère; 1", sac subdural ; 3, arachnoïde viscérale; i. espace 50USarachno'ïdien ; 5, septum postérieur ; G, moelle épinière ; 7, ligament dentelé ; s, pic-mei e.

considérer deux sillons médians longitudinaux, l'un antérieur, l'autre postérieur, qui régnent le long de la moelle et la divisent en deux moitiés le plus

ordinairement parfaitement symétriques, elles origines des nerfs rachidiens situés

de chaque côté sur deux lignes longitudinales parallèles (1).

Le sillon médian antérieur (1, lig. 32) divise la face antérieure de la moelle en deux parties parfaitement égales.

Il s'étend de l'entrecroisement des pyramides (collet du bulbe) à l'extrémité caudale de la moelle, et occupe, en profondeur, à peu près le tiers de l'épaisseur de cet organe. Dans ce sillon s'enfonce un repli de la pie-mère, et dans son fond on aperçoit une lame blanche qui passe d'une moitié de la moelle à l'autre, la commissure blanche, commissure antérieure (7, fig. 38).

Fig. 32. — Coupes transversales de la moelle épinière.

1, sillon médian antérieur; 2, sillon médian postérieur ; 3. sillon collatéral antérieur; 4, sillon collatéral postérieur; entre 1 et 3, cordon antérieur ; entre 3 et 4, cordon latéral ; entre 2 et 4, cordon postérieur; 5, racine antérieure, et 6, racine postérieure des nerfs rachidiens ; 6', ganglion rachidien ; 7, nerf rachidien (nerf mixte) .

(2, fig. 32), plus étroit et plus profond que calamus scriptorius à la terminaison de la moelle, dont il partage la face postérieure en deux moitiés parfaitement semblables. Dans ce sillon, la pie-mère n'envoie qu'une simple cloison, mais celle-ci est très adhérente aux parois du sillon, dont il est très difficile d'écarter les deux lèvres. Son fond est limité par une commissure analogue à celle qui garnit la profondeur du sillon médian antérieur, mais de couleur grisâtre, la commissure grise , commissure postérieure (8, fig. 45).

Sur les parties latérales de la moelle, on observe

(1) Il est de règle qu'il y a 31 paires de nerfs spinaux. Toutefois, 13 fois sur 16 moelles de sujets pris au hasard, Adamkiewicz [Ueber den hàuftgen Mangel dorsaler Ruckenmarks-Wurzeln beim Menschen (Virchow's Arch. 1882) aurait constaté qu'un des dix premiers nerfs thoraciques ne possédait qu'une racine ou même il manquait complètement. Les deux racines manquèrent à la fois dans 4 cas, la postérieure seule dans 7 cas. S'il en est ainsi la moelle dorsale marcherait vers l'atrophie.

Mais ayant entrepris des recherches à ce sujet sur 17 sujets, je n'ai pu confirmer l'assertion de mon savant collègue polonais. Une seule fois, j'ai constaté 2e nerf thoracique (Voy. Ch. Debierre, Le thorax de sion? (Congrès de Home, 1894).

Le sillonmèdianpostérieur l'antérieur, s'étend du bec du

7 f ff

Fig. 33. — Coupe transversale de la moelle et de ses enveloppes.

1, dure-mère; 2, son prolongement sur les nerfs spinaux ; 3-4, les deux feuillets pariétal et viscéral de l'arachnoïde ; 5, cavité arachnoïdienne ; (i, espace sous-arachnoïdien ; 7, cordon postérieur de la moelle ; 8, sillon médi. n postérieur; 9, sillon médian antérieur; 10, sillon collatéral postérieur; 11, cordon antéro-latéral ; 12, racine antérieure des nerfs; 13, racine postérieure; 14, ligament dentelé.

l'absence de la racine ventrale du l'homme est-il en voie de régres-

deux sillons latéraux représentés par les lignes d'implantation des racines antérieures et postérieures des nerfs racbidiens.

Le sillon collatéral postérieur ou sillon des racines postérieures est très apparent lorsqu'on a enlevé la pie-mère et arraché les racines postérieures des nerfs spinaux (4, fig. 32). Il se présente alors sous la forme d'une ligne longitudinale ponctuée, dont les points sont représentés par l'insertion des racines sur la substance grise centrale de la moelle.

Le sillon collatéral antérieur (3, fig. 32) correspond à la ligne d'insertion des racines antérieures des nerfs racbidiens. Mais ce sillon n'est nullement comparable au sillon collatéral postérieur, car l'arrachement des racines antérieures montre que ces racines s'implantent d'une façon irrégulière sur les parties antéro-latérales de la moelle et non pas comme les racines postérieures, suivant une ligne longitudinale régulière. Les sillons latéraux, au reste, on le conçoit, sont purement artificiels.

Les sillons naturels médians et les sillons artificiels collatéraux de la moelle, s'étendent d'un bout à l'autre de cet organe et le divisent en faisceaux ou cordons pairs et symétriques.

La portion de la moelle comprise entre le sillon médian antérieur et le sillon collatéral antérieur porte le nom de cordon antérieur. La portion comprise entre le sillon collatéral antérieur et Je sillon collatéral postérieur est appelée cordon latéral. La portion intermédiaire au sillon collatéral postérieur et au sillon médian postérieur porte le nom de cordon postérieur. L'anatomie et la physiologie démontrant que la séparation du cordon latéral n'est pas complète, on a coutume de réunir ces deux cordons sous la dénomination de cordon antéro- latéral.

Enfin, les cordons antérieur et postérieur sont dédoublés dans une certaine partie de leur trajet par deux petits sillons que l'on a appelés sillons intermédiaires, et que l'on distingue en antérieur et postérieur.

Le sillon intermédiaire antérieur, bien étudié par D.vnte Bertelli (t) sur vingt-cinq moelles d'enfants âgés de plus d'un an, à l'Institut anatomique de Pise, n'est pas constant : il existe le plus souvent d'un seul côté. Lorsqu'il existe, il est presque toujours la continuation du sillon qui sépare les pyramides des olives. Il n'atteint pas la limite inférieure de la région cervicale et la pie-mère s'y insinue.

Le sillon intermédiaire posléfieur, bien visible chez le fœtus, effacé chez l'adulte, chez lequel on ne le retrouve plus que dans les régions supérieures de la moelle, s'étend entre le sillon longitudinal postérieur et le sillon collatéral postérieur, divisant ainsi le cordon postérieur en deux cordons secondaires, l'un interne, l'autre externe, que nous étudierons bientôt sous les noms respectifs de cordon de Goll et cordon de Burdach.

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