RUBAN DE REIL
quadrijumeaux. Il est constitué de plus, nous l'avons vu (p. 126), par un faisceau profond, caché à la vue, le ruban de Reil central.
Le ruban latéral ou superficiel de Reil, après avoir contourné le pédoncule cérébelleux correspondant, se partage en deux portions, une interne, composée de quelques libres, qui se rend dans la valvule de Vieussens, et une externe,
.Ruban de Reil central JT. Q.A . cfenouillé cri.
indirectes ^F acoustique "*^F directes
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Cordon post.
Le « Tronc cérébral » à demi-schématisé pour montrer le trajet des libres du ruban de Reil central et latéral. — Origines acoustiques.
presque tout le ruban, qui s'enfonce sous les tubercules quadrijumeaux. Là, ce ruban se partage en deux faisceaux : l'un antérieur, l'autre postérieur. Le faisceau antérieur se porte vers la ligne médiane, s'entrecroise avec le faisceau homologue du côté opposé et rencontre le tubercule quadrijumeau antérieur qu'il traverse tout en l'enveloppant et se reconstitue au-delà pour former en partie le bras antérieur des tubercules quadrijumeaux (ruban de Forel) ; le faisceau postérieur, lui aussi, s'entrecroise sur la ligne médiane avec son similaire du côté opposé, puis traverse et enveloppe le tubercule quadriju-
CERVELET
meau postérieur, et au-delà constitue en partie le bras postérieur des tubercules quadrijumeaux (ruban de Meynert).
Ce ruban est un faisceau acoustique (Voy. Cg. 82). Il contient, outre les fibres radiculaires de l'acoustique, les axones des noyaux du tubercule acoustique, du noyau auditif antérieur, des deux olives supérieures et des noyaux du corps trapézolde. Dans ce ruban il y a de plus des fibres venues de son propre noyau (noyau du ruban latéral), du tubercule quadrijumeau postérieur et des fibres récurrentes. Du tubercule quadrijumeau postérieur, il gagne l'écorce du lobe temporal, soit directement, soit après relai dans le corps genouillé interne. C'est là la voie acoustique centrale (Monakow, Mayser, Z^cher, Mahaim, Ferrier,
TlJRNER, MOELl).
Les fibres de ce ruban contribuent à former le corps trapèzoïde.
CERVELET
Le cervelet (fig. 83 à 86) est situé à la partie postérieure et inférieure du cerveau. Il répond au cerveau par sa face supérieure, qui est séparée de cet organe par la tente du cervelet, et, en avant, à la face postérieure de la protubérance annulaire et du bulbe rachidien, dont il est séparé par le quatrième ventricule.
Le cervelet remplit les fosses occipitales inférieures et, recouvert entièrement par les lobes occipitaux du cerveau chez l'Homme, il l'est incomplètement chez les Singes inférieurs, ce que l'on a pu observer également chez certains idiots. Il est relié par des cordons blancs, pédoncules cérébelleux, à l'encéphale et à la moelle.
Le poids moyen du cervelet est d'environ 140 grammes. D'un volume plus considérable chez l'Homme que chez les animaux, il est proportionnellement moins gros chez le nouveau-né humain que chez l'adulte. — Chez le premier, il est au cerveau comme 1 : 20, tandis que chez le second, il est comme 1:8; mais dans la suite le cervelet croit plus rapidement que le cerveau. — Cuvier et Gall ont considéré le cervelet comme plus volumineux chez la Femme; eu égard au cerveau (poids relatif) il parait, en efiet, en être ainsi. Ce qui a fait dire que si la Femme a moins de cerveau que l'Homme, elle a plus de cervelet que lui. Mais cette opinion a été récemment contestée par Tenchini. Quoi qu'il en soit, voici quelques pesées.
Adultes cf — 145 gr. (Sappey, Broca).
— Ç — 130 gr. (Boyd).
Ce qui fait que chez l'Homme le poids du cervelet égale les 105 millièmes du poids de l'encéphale, tandis que chez la Femme il égale les 109 millièmes du même poids. Nouveau-né çf — 28 gr.
— . 9 — 27 gr. (Danielbekofl).
L'encéphale = 1000, Boyd avait trouvé le rapport suivant selon le sexe du nouveauné : cf = 58; 9 = 62. — Le poids du cervelet, égalant le 10' du poids de l'encéphale chez l'adulte, n'égalerait que le 8e du même poids chez le nouveau-né (Danielbekofl).
Le cervelet dérive du plafond de la 4e vésicule cérébrale (métencéphale) dont le plancher fournit la Protubérance annulaire. La lame cérébelleuse est lisse chez lei Amphlbiens et les Reptiles, mais chez les Poissons et les Reptiles aquatiques, l'Alligator en particulier, elle présente de gros plis transversaux qui sont d'autant plus développés
CERVELET
que l'animal est meilleur nageur (Edinger). Chez les Oiseaux et les Mammifère?, la lame cérébelleuse se transforme en vermis et se plisse un grand nombre de fois pour former les lobules et les lames. En même temps, apparaissent les hémisphères qui ne prennent un grand développement que chez les Mammifères. Les Poissons, les Amphibiens et les Reptiles, n'ayant point d'hémisphères a leur cervelet, n'ont point de pédoncule moyen.
Chez les Oiseaux, mais surtout dans les Vertébrés inférieurs, le cervelet en est presque réduit au lobe médian qui constitue comme la partie fondamentale de l'organe (Gall). — Les lobes latéraux commencent à paraître chez les Crocodiliens, s'accentuent davantage chez les Oiseaux, augmentent encore chez les Marsupiaux, mais ce n'est que chez les Ruminants et les Carnassiers qu'ils prennent un certain volume, acquérant toutefois seulement toute leur ampleur (hémisphères du cervelet) chez les Singes supérieurs et surtout chez l'Homme.
W. Kuithan a étudié le développement du cervelet chez la Brebis. Il a montré qu'au moment de son apparition, il est représenté par une lame impaire étendue au-dessus de l'origine du 48 ventricule.
Plus tard, cette ébauche impaire s'amincit suivant le plan sagittal médian, tandis que latéralement elle s'épaissit fortement. Cet épaississement latéral est l'origine des hémisphères, la région médiane donnera le vermis.
Les circonvolutions et le vermis apparaissent tardivement. (Die Entwicklung des Kleinhirns). (Munch. med. Abhandl. vu, 6, 1895).
a. Conformation extérieure.
La forme du cervelet a été comparée à celle d'un cœur de carte à jouer, dont l'échancrure serait tournée en arrière. — Il est formé d'un lobe médian, vermis, et de deux lobes latéraux, hémisphères cérébelleux; — sa circonférence présente un sillon, grand sillon circonfèrentiel de Vicq-d'Azyr, qui le divise en deux faces, l'une supérieure, l'autre inférieure, et toute sa surface, d'un gris rougeâtre, est parcourue par des sillons qui la divisent en segments, lames et lamelles.
Parmi ces sillons, les uns, au nombre de 12 à 15, s'enfoncent jusqu'au noyau blanc central du cervelet : ce sont les sillons de premier ordre, sillons profonds, qui divisent l'organe en douze ou quinze segments ou lobules, et dont les plus remarquables sont le sillon circumlobaire ou grand sillon horizontal, et le grand sillon supérieur de Vicq-d'Azyr, qui divise la face supérieure du cervelet.
Les autres sillons ne vont pas jusqu'à la substance blanche centrale, sillons superficiels, et partagent les lobules en lames adossées comme les feuillets d'un livre : ce sont les sillons de second ordre, au nombre de six à huit cents, selon le dénombrement de Malacarne et Chaussier.
Les lames sont divisées à leur tour en lamelles ; — les premières ne tiennent au cervelet que par leur bord adhérent, et sont séparées les unes des autres par un feuillet de pie-mère qui s'enfonce entre elles; — les lamelles, comme ensevelies dans les sillons, passent d'une lame à l'autre ou d'un lobule au lobule voisin sans interruption.
Dans leur ensemble, tous les sillons et toutes les lames décrivent des arcades concentriques à ouverture antérieure, mais ces arcades ne sont pas toutes absolument orientées de même et ne présentent pas toutes le même rayon de courbure, de sorte que certains groupes coupent les voisins sous des angles plus ou moins aigus.
CERVELET
Sur la face supérieure du cervelet, ces arcades passent d'un lobe à l'autre en traversant le vermis (fig. 83), mais, sur la face inférieure (fig. 84), leur continuité ne s'établit que par l'intermédiaire des bras latéraux du vermis inférieur.
Parfaitement symétrique d'ordinaire, le cervelet présente à étudier deux faces et une circonférence.
1° Face supérieure. — Cette face (fig. 83) séparée des lobes postérieurs du cerveau par la tente du cervelet, offre, sur la ligne médiane, une saillie antéropostérieure, divisée en un grand nombre d'anneaux par des sillons qui la coupent transversalement, ce qui lui donne l'aspect d'un ver, d'où le nom de vermis superior sous lequel on la connaît (1, fig. 83). — En avant cette saillie se recourbe en bas pour venir rejoindre une éminence analogue de la face infé-
Fig. 83. — Face supérieure du cervelet.
1, vermis supérieur (lobule moyen); 2, extrémités postérieures des vermis supérieur et inférieur; 3, grand sillon périphérique; 4, grand sillon supérieur du lobe latéral; 5, lobule semi-lunaire; 6, 6, lobule quadrangulaire (en arrière) et 6, 6, lobule central (en avant); 7, 7, coupe des pédoncules cérébraux; 8, commissure postérieure du cerveau ; 9, tubercules quadrijumeaux.
rieure du cervelet et recouvre la valvule de Vieussens. — Elle fait partie du lobe médian du cervelet, et divers de ses anneaux portent un nom spécial. Ce sont, d'avant en arrière : 1° la lingula, petit lobule arrondi, qui se continue avec la valvule de Vieussens; — 2° le lobule central; 3° le monticulus, segment le plus saillant du vermis et le plus considérable, constituant en avant le culmen, en arrière le déclive ; — 4° le folium cacuminis ou bourgeon terminal, qui forme l'extrémité la plus reculée du vermis.
De chaque côté du vermis superior, on voit la face supérieure des lobes latéraux du cervelet incliné à droite et à gauche et sillonnée par de nombreuses rainures curvilignes. Ces rainures subdivisent cette face en plusieurs lobules principaux, qui sont d'avant en arrière : 1° les lobules de la iingula, qui se portent en dehors et recouvrent les pédoncules cérébelleux supérieurs correspondants; — 2° les ailes du lobule central; — 3" les lobules quadranqulaires situés de chaque côté du monticulus du vermis, les plus grands de tousles
CERVELET
lobules de la face supérieure; — 4° les lobules semi-lunaires qui font suite, à droite et à gauche, au folium cacuminis.
2" Face inférieure.— Elle repose sur les fosses occipitales inférieures par ses parties latérales, et, par sa partie moyenne, elle répond au bulbe qu'elle recouvre (fig. 84). Sa partie médiane est profondément échancrée d'avant en arrière, grande scissure médiane du cervelet, scissure inter hémisphérique, vallée de Reil, qui reçoit, en avant, la partie postérieure du bulbe rachidien et sépare nettement l'un de l'autre les deux hémisphères ou lobes latéraux du cervelet. — Dans le fond de ce sillon, on trouve une saillie antéro-postérieure analogue à celle que que nous avons rencontrée sur la face supérieure, c'est le vermis inferior
Face inférieure du cervelet.
1, vermis inférieur; — 2, 2, scissure interhémisphérique ; — 3, 3, lobes et lobules des hémisphères; — 4, lobule nmygdalien ; — 5, lobule du pneumogastrique; — 6, protubérance annulaire; — 7, son sillon basilaire; — 8, pédoncule cérébelleux moyen; — 9, collet du bulbe coupé en travers; — 10. extrémité, antérieure de la grande scissure périphérique; — 11, bord antérieur de la surface supérieure du cervelet ; — 12, racine motrice du trijumeau; — 13, sa racine sensitive ; — 14, oculo-moteur externe; — 15, facial ; — 16, nerf de Wrisberg ; — 17, auditif; — 18, glosso-pharyngien ; — 19, pneumogastrique; — 20, spinal ; — 21, hypoglosse.
(1, fig. 84), qui se continue en avant et en arrière avec le vermis superior, pour former avec lui le lobe médian du cervelet. — Ce vermis peut être aussi subdi visé en plusieurs lobules secondaires, qui sont d'avant en arrière : 1° le nodulus, — 2" Yuvula ou luette (4, fig. 84), — 3° la pyramide de Malacarne ou lobule pyramidal, constituée par une saillie cruciale qui résulte de la pénétration dans les deux hémisphères du cervelet, au niveau des lobules grêles et digastriques, de quelques lames de vermis, — 4° le tubercule posterior ou valvulaire (I, fig. 83; 3, fig. 85).
La luette de Malacarne, éminence mamillaire de Vicq-d'Azyr, est un renflement mamelonné qui termine le vermis en avant et pend dans le quatrième ventricule comme la luette dans la bouche.
Des bords latéraux de ce mamelon partent de longs replis nerveux, connus sous le nom de valvules de Tarin,
CERVELET
Les valmles de Tarin ou voiles médullaires postérieurs (5, fig. 85) sont deux replis curvilignes qui unissent la luette du, vermis aux lobules de l'amygdale et du pneumogastrique.
Kig. 85. — Face inférieure du cervelet : Valvules de Tarin. (Le bulbe est fortement relevé).
I, vermis ; — 2, aile du lobule digastrique; — 3, tubercule postérieur du vermis; — t, luette du vermis ; — 5, valvule de Tarin ; — 6, lobule du pneumogastrique; — 7, lobule de l'amygdale qui a été abrasé d'un coup de scalpel pour laisser voiries valvules de Tarin ; 8, plancher du 4' ventricule; — 9, bulbe relevé; — 10, pont de Varole.
Elles présentent un bord postérieur convexe et adhérent, uni à la face inférieure de l'hémisphère cérébelleux, aux lobes amygdalien et cunéiforme infé-
( Coupe sagittale du Tronc cérébral).
1, noyau rouge; 3, cavité du 4« ventricule; C, C, culmen et clivus, P, pont de Varole ; B, bulbe rachidien.
rieur, et un bord antérieur concave, libre en apparence dans la cavité du 4e ventricule, mais en réalité continu avec l'épendyme ventriculaire ; — une extrémité interne adhérente à la luette; — une extrémité externe qui con-
CERVELET
tourne le corps restiforme correspondant et vient s'unir à la racine du lobule du pneumogastrique. Une face inférieure qui est recouverte par le lobule amygdalien, et une face supérieure qui fait partie de la voûte du 4* ventricule.
Entre elle et la paroi postérieure du 4e ventricule il existe un petit carrefour que Reil comparait à un nid d'hirondelle.
De chaque côté de la grande scissure médiane, on voit la surface inférieure convexe des hémisphères du cervelet qui présente les lobules secondaires suivants : 1° le lobule du pneumogastrique ou flocculus (6, fig. 85), sorte de touffe implantée au-dessous des pédoncules cérébelleux moyens, au-dessus et en avant des racines des nerfs pneumogastriques, et reliée à la luette par la valvule de Tarin ; — 2° le lobule du bulbe rachidien, lobule tonsillaire ou amygdale (4, fig. 84),
situé sur la partie la plus interne de chaque lobe latéral, de chaque côté de l'uvula, à laquelle il se réunit, et comme creusé pour recevoir le bulbe : il recouvre la valvule de Tarin, qu'il cache à la vue, et pénètre dans le trou occipital de chaque côté du bulbe; 3" les lobules cunéiformes, digastriques ou lobuli biventres de Reil (3, fig. 84), placés en dehors et un peu en avant des amygdales et reliés à la pyramide du vermis ; — 4° le lobule grêle, qui limite en arrière et de chaque côté de l'échancrure médiane, la face inférieure des hémisphères cérébelleux ; — 5° le lobule semi-lunaire inférieur (3', fig. 84) qui s'étend en arrière jusqu'au grand sillon circonférentiel de Vicq-d'Azyr.
Ces lobules présentent de nombreuses variétés selon les sujets et leurs limites ne sont pas toujours aussi précises que celles que nous venons de leur donner.
On trouve parfois chez l'Homme l'ébauche d'un flocculus accessoire, lobule auriculaire, que l'on peut regarder comme le représentant du même corps très développé chez les Marsupiaux, les Rongeurs et les Carnassiers.
CERVELET
3* Circonférence. — La Circonférence du cervelet présente, en arrière, une échancrure où vient se loger la crête occipitale interne et la faux du cervelet, et au fond de laquelle on voit la continuation des deux éminences vermiformes ; en avant elle présente également une échancrure qui forme une sorte de lit au bulbe et à la protubérance : dans le fond de celte échancrure, on aperçoit la luette. — Sur les parties latérales, la circonférence est formée par les bords externes des hémisphères cérébelleux, sauf en avant, où l'on rencontre l'implantation des pédoncules cérébelleux moyens. C'est la partie la plus mince du cervelet; elle est parcourue par le grand sillon horizontal, où aboutissent les principaux sillons des faces supérieure et inférieure de l'organe. Elle répond en
Fig. 88. — Photographie d'une coupe en long du Tronc eérèbral.
arrière à la gouttière latérale (sinus latéral) et en avant à la gouttière pétreuse supérieure (sinus pétreux supérieur).
b. — Constitution intérieure du cervelet.
Le cervelet, comme le cerveau et la moelle, est composé de substance blanche et grise. — La substance grise, plus abondante, occupe la périphérie de l'organe, où elle forme une couche mince de 2 à 3 millimètres d'épaisseur (13, fig. 87); — la substance blanche, qui représente à peu près le tiers de la masse totale du cervelet et dont la consistance est supérieure à celle de la substance grise, est placée au centre de l'organe et enveloppée de toutes parts par la matière grise (14, fig. 86).
Du noyau central de substance blanche partent une infinité de prolongements arborescents qui vont se terminer dans les cellules de la substance grise des
CERVELET
lames et des lamelles : c'est à cette formation rameuse qu'on a donné le nom d'arbre dévie (fig. 86, 87 et 88).
Chacune des divisions foliacées de cette formation blanche arbonforme est entièrement enveloppée par la substance grise corticale du cervelet qui s'enfonce dans la substance blanche au niveau des sillons qui séparent les lames les unes des autres. Dans le vermis, l'arbre de vie porte le nom de corps trapézoïde (fig. 87).