Ependyme et liquide ventriculaire
Les cavités du cerveau sont revêtues par une membrane mince et lisse à laquelle on a donné le nom d'Épendyme. Cette membrane, constituée par un épithélium pavimenteux simple, à plusieurs couches au niveau du ventricule moyen (Lachi), a uDe surface adhérente qui repose sur la paroi des ventricules et une surface libre qui répond à leur cavité. Partout continue à elle-même, elle passe des ventricules latéraux clans le ventricule moyen en franchissant le trou de Monro, et du ventricule moyen dans le quatrième ventricule en suivant le canal de l'aqueduc de Sylvius. Du quatrième ventricule elle passe dans le canal central de la moelle. L'épendyme forme ainsi une cavité close qui ne communique avec les espaces sous-arachnoïdiens que par le trou de Magendie et les trous de Luschka. — Aussi s'explique-t-on que la cavité des ventricules cérébraux renferme un liquide séreux et transparent, analogue au liquide céphalo rachidien.
Mais ce liquide ventriculaire est à peine assez abondant pour lubréfier les parois des ventricules à l'état normal. Il ne devient abondant que dans les cas pathologiques, notamment dans l'hydrocéphalie.
7. — Pie-mère interne, toile choroïdienne et plexus choroïdes.
La toile choroïdienne du ventricule moyen et les plexus choroïdes des ventricules latéraux sont formés par une invagination de la pie-mère cérébrale dans l'intérieur des cavités ventriculaires, pie-mère interne.
Cette invagination de la pie-mère externe se fait par la fente cérébrale de Bichat. Avant de suivre ce prolongement intérieur de la pie-mère, il est donc nécessaire de bien connaître les voies de pénétration.
a. Fente de Bichat. — Si l'on examine un cerveau renversé, on trouve à sa base une grande fente en forme de fer à cheval, à concavité dirigée en avant : c'est la grande fente cérébrale de Bichat (4, flg. 225). — Cette fente s'étend d'une scissure de Sylvius à l'autre, en contournant les pédoncules cérébraux et en passant au-dessous du bourrelet du corps calleux. — Sa partie moyenne ou médiane (lig. 186 et 191) est limitée en haut par ce bourrelet, et en bas par la face supérieure de l'isthme de l'encéphale qui supporte les tubercules quadrijumeaux.
CERVEAU
— Ses parties latérales sont également limitées, en haut, par la face inférieure
des pédoncules cérébraux et
des couches optiques, en bas par la circonvolution de l'hippocampe. — La partie médiane de la fente résulte du mode de développement du corps calleux qui s'est avancé d'avant en arrière, de façon à recouvrir toute la loile choroïdienne ; — les parties latérales ne sont qu'un segment de la grande scissure choroïdienne, la fente marginale d'Aeby (voy. Développement du cerveau). — C'est par cette fente que se fait la pénétration de la pie-mère interne, mais ce n'est qu'en faisant abstraction de l'épithélium épendy maire que l'on peut dire que la fente de Bichat donne accès dans les cavités ventriculaires, nous l'avons dit déjà.
Bref, la fente cérébrale de Bichat, qui établissait pour les anciens auteurs une communication entre la cavité ventriculaire et la cavité sous-arachnoïdienne
Fis. 240.
mère extér.
Invaginée
Paroi cérébr.
Pie-mère invag.
Pie-mère extér.
Pie-mère extér.
— Pie-mère extérieure s'invaginant clans la scissure interhémisphérii]ue el la dépression choroïdienne
Pie-mère extér.
cérébr.
Pie-mère intér.
(toile choroïd.)
Pie-mère extér.
cérébelleuse.
Fig. 241. — La pie-mère extérieure s'invaginant dans la fente choroïdienne
n'existe pas : elle ne se produit en effet que lorsqu'on arrache les plexus choroïdes et déchire du même coup la membrane épendymaire.
b. — Toile choroïdienne. — La toile choroïdienne (1, fig. 243 et 9 fig. 244 et suivantes), est un repli de la pie-mère qui, parvenue au niveau du
CERVEAU
3" ventricule
Fig. 242. — La toile choroïdienne (pie-mère invaginée).
bourrelet du corps calleux, s'engage sous ce bourrelet et arrive ainsi à la face inférieure du trigone. De forme triangulaire comme ce dernier, elle présente : une face supérieure, qui est recouverte par le trigone auquel elle adhère par quelques tractus vasculaires ; une face inférieure qui passe en pont sur la base du troisième ventricule, dont elle forme la paroi supérieure, tout en restant séparée du ventricule par la membrane épendymaire (membrane du toit ou obturatrice) et repose par ses parties latérales sur la face supérieure des couches optiques. En examinant cette face sous l'eau ou par transparence, on voit qu'elle est parcourue de chaque côté de la ligne médiane par deux traînées de granulations rougeàtres accolées l'une à l'autre et composées de capillaires pelotonnées : ce sont les plexus choroïdes du ventricule (7, fig. 244). En avant, chacun d'eux se recourbe et franchit le trou de Monro correspondant pour se continuer avec les plexus choroïdes du ventricule latéral ; en arrière, ils convergent l'un vers l'autre au niveau de la glande pinéale (8, fig. 238).
Fig. 243. — Coupe horizontale du cerveau, passant par le troisième ventricule pour montrer la toile choroïdienne (Le trigone est renversé en arrièz'eavec la toile choroïdienne).
1, trigone sectionné et rejeté en arrière avec la toile choroïdienne, pour découvrir le troisième ventricule ; 2, veines de Galien; 3, glande pinéale; 4, pédoncules antérieurs de la glande pinéale : 5, commissure postérieure du cerveau ; tj, commissui e antérieure ; 7, coupe des piliers antérieurs du lrigone; 8, troisième ventricule; 9, commissure moyenne ou grise; 10, noyau caudé du corps strié; 11, couche optique ; 12, tœnia semi-circularis ; 13, 14, 15. coupe des circonvolutions de l insula de Reil ; 16, noyau caudé du corps strié; 17. insertion du corps calleux, sur le centre ovale.
CERVEAU
Le sommet de la toile se bifurque et va se continuer de chaque côté avec les plexus choroïdes des ventricules latéraux à travers les trous de Monrô.
La base occupe la partie médiane de la fen-te dé Bichat ; à ce niveau, les deux feuillets de la toile s'écartent et enveloppent la glande pinéale, puis se continuent, le supérieur avec la pie-mère cérébrale, l'inférieur avec la pie-mère cérébelleuse.
Les bords latéraux de la toile choroïdienne répondent au bord externe du trigone et sont garnis de pelotons vasculaires, les plexus choroïdes des ventricules latéraux (4, fig. 244).
c. Plexus choroïdes des ventricules latéraux. — Ce sont deux cordons vasculaires rougeâtres situés dans le sillon choroïdien, sur les bords latéraux du trigone, où ils se continuent avec les bords latéraux de la toile choroïdienne (9, fig. 223, et 4, fig. 244). Ils proviennent de la pie-mère, qui s'introduit dans la corne sphénoïdale du ventricule latéral par les côtés de la fente de Bichat. Situés sur le plancher des ventricules, les plexus choroïdes montent vers le trou de Monro en suivant la corne d'Ammon, puis les bords latéraux du trigone, trajet dans lequel ils décrivent une sorte d'anse qui embrasse par sa cavité l'extrémité postérieure de la couche optique et traversent les trous de Monro pour se continuer avec les
plexus choroïdes du troisième ventricule. Ils ont donc un pied dans la corne sphénoïdale et l'autre dans la corne frontale. Au niveau du carrefour, ils présentent un renflement ovoïde, le glomus de Wenzel, formé par un pelotonnement de la veine choroïdienne (Albarran). Ils ne se prolongent ni dans la corne frontale ni dans la corne occipitale, et n'atteignent pas non plus tout à fait l'extrémité de la corne temporale. 11 en résulte qu'à ce niveau, la paroi interne de la corne temporale en est réduite à une mince lame nervo-épendymaire, le vélum terminale d'Aeby.
Fig. 244. — Toile choroïdienne du troisième ventricule et plexus choroïdes des ventricules latéraux.
cloison transparente ; 2, noyau caudé du corps strié ; 3, pilier antérieur du trigone coupé ; 4, plexus choroïdes ; o, strie cornée à travers laquelle s'échappent les rameaux de la veine striée ; 6, couche optique ; 7, plexus choroïdes de la toile ; 8, veines choroïdiennes se réunissant en arrière pour former la veine de Galien ; 9, toile choroïdienne; 10, corps bordant coupé en travers; 11, tubercules quadrijumeaux. (Les plexus choroïdes sont en rouge).
La toile choroïdienne, étant une dépendance de la pie-mère, en a la structure. C'est une membrane cellulo-vasculaire constituée par un pli de la pie-mère, c'est dire qu'elle comporte un feuillet supérieur qui tapisse la face inférieure du trigone et un feuillet inférieur recouvrant la lame épendymaire qui constitue le plafond du ventricule moyen.
CERVEAU
Ces deux feuillets s'écartent l'un de l'autre au niveau de la base de la toile; le supérieur se continue avec la pie-mère cérébrale, l'inférieur avec la pie-mère cérébelleuse. Entre les deux, on trouve une couche de tissu cellulaire lâche provenant du tissu sousarachnoîdien, au sein duquel cheminent les artères qui proviennent des cérébelleuses supérieures, des cérébrales postérieures et des artères choroïdiennes, et les veines qui se concentrent en deux troncs, les veines de Galien (8, lig. 244). Elles proviennent : Ie des veinules de la portion réfléchie du corps calleux et du seplum lucidum; — 2° de la veine du corps strié ; — 3° de la veine du plexus choroïde du ventricule latéral ;
— 4° de la veine du trigone et de la couche optique; o" des veines de la corne d'Ammon et de l'ergot de Morand : toutes ces veines se rendent dans les veines de Galien. Celles-ci, nées de chaque côté (au niveau des trous de Monro) des veines des plexus choroïdes des ventricules latéraux, se réunissent vers la partie postérieure de la toile en un seul tronc qui passe au-dessus de la glande pinéale et va se jeter dans le sinus droit.
Les plexus choroïdes sont formés par des prolongements villeux de la pie-mère. Leur stroma est composé de tissu connectif englobant un réseau de capillaires unciformes, dépourvues de gaine lymphatique (Albarran). — Les plexus choroïdes, comme la toile choroïdienne, du reste, sont tapissés par un épithélium (cilié chez l'embryon), qui les sépare complètement de la cavité des ventricules ; c'est la membrane épendymaire.
— On peut donc répéter avec Mathias Duval que ces cordons vasculaires passent, non par les trous de Monro, mais à côté d'eux; ils ne siègent pas dans l'intérieur de la cavité ventriculaire, mais à coté d'elle, c'est-à-dire séparés de cette cavité par l'épendyme ventriculaire.