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Glande pinéale

La Glande pinéale, Conarium, Épiphyse (10, fig. 248), est un petit corps grisrougeàtre, en forme de pomme de pin, long de 8 à 10 milimètres, situé dans un pli de la toile choroïdienne, qui forme à son niveau une sorte de gousset pour le contenir, entre le bourrelet du corps calleux et les tubercules quadrijumeaux antérieurs, en avant du cervelet, en arrière du troisième ventricule. Grosse comme un pois, elle repose dans le sillon qui sépare les deux éminences liâtes, qui lui forme une sorte de lit, logette du conarium.

La position de la glande pinéale chez l'Homme s'explique par suite du refoulement en arrière et en bas qu'elle subit de la part des hémisphères cérébraux qui s'avancent progressivement d'avant en arrière pour recouvrir les cerveaux antérieur, moyen et postérieur.

Libre par son sommet, elle est réunie à l'encéphale (paroi postérieure du troisième ventricule) par sa base, d'où partent trois prolongements de chaque côté, pédoncules de la glande pinéale, divisés en antérieurs, postérieurs et transversaux.

Les pédoncules antérieurs ou supérieurs, freins, rênes, habenee, de la glande pinéale (11, fig. 248) sont deux petits cordons blancs qui se portent en avant, en longeant l'angle supéro-interne des couches optiques, pour aller se perdre dans les piliers du trigone après avoir limité la lèvre postérieure du trou de Monro.

Les pédoncules postérieurs ou inférieurs, descendent en bas et en dehors au devant de la commissure blanche postérieure et se perdent sur la commissure et dans la partie la plus reculée de la face interne des couches optiques.

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Les rapports de l'épiphyse avec la commissure (Mi;ynerî, Pawlovsky) sont d'une importance à retenir, à cause de l'étroite relation qui existe entre la commissure postérieure du cerveau et les noyaux des nerfs moteurs de l'œil.

Les pédoncules transversaux ou moyens se portent transversalement en dehors, au-dessus de la commissure blanche postérieure, pour se terminer dans les couches optiques.

Jusque dans ces derniers temps, la nature de la glande pinéale, dans laquelle Descaries avait placé le siège de l'àme, était restée inconnue. — On admettait naguère encore qu'elle était composée d'une écorce de substance grise et d'une partie centrale formée d'un mélange de tissu connectif, de vaisseaux, de follicules clos, de fibres nerveuses en continuité avec celles des pédoncules, et de concrétions calcaires.

Aujourd'hui, nous savons que chez tous les Vertébrés la glande pinéale est le résultat d'une évagination du plafond de la vésicule cérébrale intermédiaire (Voy. Développement

du cerveau), et qu'elle est un œil avorté (troisième œil des Vertébrés).

En effet, on retrouve cet œil médian chez les larves d'Ascidies et chez les Pyrosomes adultes ; — chez les Sauriens, il acquiert la valeur d'un véritable œil analogue à celui des Mollusques céphalopodes, c'està-dire que la paroi antérieure de la vésicule oculaire, remplie d'un liquide hyalin, se différencie en un cristallin et que le reste de son étendue sert à la perception de la lumière, comme le ferait une rétine, dont elle a, d'ailleurs, la constitution élémentaire. — Chez Hatteria Anguis fragilis, Lacerta vivipara, etc., l'œil pariétal comprend une cornée (p, flg. 246), un cristallin (cr, fig. 246) et une rétine (1, 2, fig. 246) avec quatre couches bien nettes. Véritable œil, cet organe est relié au cerveau par un pédoncule comparable au nerf optique (il, flg, 246) et vient se loger sous la peau du crâne qui est dépourvue de pigment à ce niveau en passant à travers un trou pariétal (très développé cbez certains Reptiles fossiles, tels que l'Ichtyosaure, le Plésiosaure, le Nolhosaure, le Labyrynthodonte), chez les Sauriens. Chez les Amphibiens, cette communication se trouve déjà interrompue pendant la période embryonnaire, par suite de l'oblitération du trou pariétal, et chez les Oiseaux et les Mammifères l'œil demeure dans le crâne. — Mais si l'on considère que l'on trouve un trou pariétal chez les Slégocëpkales paléozoiques,- ainsi que les vrais Sauriens fossiles; que, de plus, chez l' Anlr acosaurus ramiceps il n'était pas recouvert par la peau, mais s'ouvrait librement à l'extérieur comme les orbites, on est conduit à penser qu'il existait jadis un œil pariétal bien développé chez les ancêtres des Amphibiens actuels.

Chez les Lacertilliens, et en particuler chez Hetteria, on peut décrire les couches suivantes à la rétine de l'œil pinéal : 1" une couche de bâtonnets (1 flg. 246, B) tapissant la cavité de l'œil (ils possèdent un noyau à leur base) ; 2° une couche cellulaire interne i2, fig. 246) ; 3° une couche moléculaire intermédiaire (3, fig. 246) ; 4° une couche cellulaire externe (4, fig. 246) :"5° une couche de fibres nerveuses allant se continuer avec celles du nerf optique (5, fig. 246).

Fig. 245. — Œil pinéal des Sauriens.

1, peau de la tète ; 2, paroi du crâne ; 3, œil pinéal traversant le trou pariétal ; 4, pédoncule pinéal ; 5, racine de ce pédoncule émergeant du cerveau; o, lobe olfactif; h, hémisphère du cerveau ; i, cerveau intermédiaire (3« ventricule) ; op, lobes optiques ; c, cervelet .- b, protubérance annulaire ; m, moelle épinière; ?i, nerf oculo-moteur externe; p, glande pituitaire.

CERVEAU

Les recherches embryologiques récentes ont montré qu'il n'y a pas une évagination de la voûte du thalanencéphale (évagination pariétale) mais plusieurs évaginations juxtaposées. Beraneck admet que les Vertébrés anceslraux ootdû posséder deux organes visuels procédant du cerveau intermédiaire : l'un pariétal, l'autre pinéal. Chez les Amphibiens tRana, Bufo, Salamandra), l'œil pinéal s'est seul conservé, quoique frappé d'une dégénérescence marquée ; l'œil pariétal s'est atrophié et n'est plus représenté que par un diverticule transitoire du cerveau intermédiaire. Au contraire, chez les Sauriens, l'œil pariétal a persisté et conserve encore l'empreinte de sa fonction visuelle primitive tandis que l'œil pinéal beaucoup plus dégénéré constitue l'épiphyse. (Voy. Béraneck, Bibliogr. Anat., p. 11,1894; — Francotte, Bull, de l'Acad. des Se. de Belgique, n° 1, 1894).

La glande pinéale est donc morphologiquement un œil atrophié, en pleine régression,

A, Coupe de l'œil pioéal ; p, peau représentant une cornée ; C, C, paroi du crâne ; cr, cristallin ; V, cavité de l'œil ; 1, rétine; 2, choroïde ; 3, tissu fibreux représentant une sclérotique et en continuité avec la duremère ; n, pédondule de l'œil pinéal. — B, Éléments de la rétine ; 1, couche des bâtonnets ; 2, couche des grains de bâtonnets ; 3, couche moléculaire ; 4 couche des éléments coniques et fusiformes ; 5, 6, couche des fibres nerveuses.

constitué chez l'homme adulte par des follicules épithéliaux à éléments dégénérés séparés par des travées conjonctives très vasculaires cloisonnantes, rappelant les glandes vasculaires sanguines, et infiltré de concrétions calcaires dites acervules. D'après Cianini (Riv. sperim. 1888) elle contient des cellules névrogliques et quelques fibres nerveuses à sa base. On a noté l'absence de la glande pinéale chez les idiots ; je l'ai vue faire défaut chez un fou ; son hypertrophie a été constatée (Henrot) dans le myxœdème. (Voy. De Varigny, Rev. scient., 25 décembre 188fi ; — Ch. Julin, Bull, scient, du Nord, 2e série, p. 54, 1887; — A. Peytoureau, La glande pinéale et le troisième œil des Vertébrés (Thèse de Bordeaux, 1887) ; - Bernard, La Nature, 2t mai 1887; — P. Francotte, Recli. sur le dévelop. de l'épiphyse (Arch. de Biologie belges, 1888, p. 757): — H. Strahl et E. Martin, Développement de l'œil pariétal (Arch. f. Anat., 1888); — Mathias Duval, sur l'œil pariétal (Soc. de Biologie, 1889).

Parfois, la glande pinéale est creusée d'une petite cavité centrale, recessus pinealis de Mihalkowicz, correspondant au diverticule embryonnaire du cerveau intermédiaire qui donne naissance à cette glande. Cette cavité est remplie d'un liquide lactescent.

Fig. 246. — Structure de l'œil pinéal de Hatleria.

CERVEAU

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