RÉGION SOUS-OPTIQUE
Au-dessous de la couche optique, la calotte des pédoncules cérébraux, très amoindrie, se termine sous la forme d'une petite zon e f] u 'on a ppel 1 e 1 a région sous-optique, région sousthalamique. De forme quadrilatère, elle est limitée en haut par la face inférieure de la couche optique, en bas Je locus niger, en dehors le pédoncule cérébral qui se prolonge dans la capsule interne,
en dedans la substance grise du 3e ventricule. En arrière elle se continue dans la calotte des pédoncules, en avant dans la substance innominée de l'espace perforé.
Cette région est constituée de haut en bas par une couche blanche, Couche dorsale; une couche réticulaire, Couche incertaine; enfin par deux noyaux de substance grise, le Corps sous-thalamique ou Corps de Luys, et le Noyau semilunaire de Flechsig, localisé entre le centre médian de la couche optique et le noyau rouge (fig. 252).
La couche dorsale, immédiatement sous-jacente à la couche optique, est composée de fibres blanches à direction antéro-postérieure et radié (faisceau sous-thalamique de Forel). Certaines de ces fibres vont dans la calotte du pédoncule et au noyau rouge ou pédoncule cérébelleux supérieur {radiations de la calotte d'Edinger), les autres au locus niger, au pied du pédoncule (fibres cortico-
Fig. 253. — Anse du noyau Ientic ulaire (d'après Brissaud)
1, chiasma optique; 2, tuber cinereura; 3, tubercule mamillaire ; 4, 4, pédoncule cérébral ; 5, espace interpédoncplaire ; 0, corps génouillés ; 6', faisceau géniculé; 7, anse lenticulaire; 8, noyau pale; 9, noyau intermédiaire; 10, noyau externe du noyau lenticulaire; 11, capsule externe ; 12, espace virtuel lenliculo-capsulaire; 13, commissure blanche ; 14, pont de Varole.
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médullaires). A ces dernières doit être rattaché le contingent des fibres sousoptiques de Luys, qui relient directement l'écorce cérébrale aux noyaux bulboprotubérantiels.
Meynert fait descendre ces fibres dans la bandelette longitudinale postérieure. Celles qui vont au noyau rouge dégénèrent à la suite des lésions corticales (Déjerine). # La couche incertaine (zona incerta de Forel) s'étend transversalement sous la précédente. Elle est constituée par un réticulum de fibres nerveuses et de petits amas de substance grise irrégulièrement disséminés. Elle est la continuation de la formation réuculaire de la calotte et se perd, en avant, dans l'anse pédonculaire. Selon Monakow, elle a son centre cortical dans la 1" circonvolution temporale.
Le corps de Luys ou olive cérébrale, est un noyau discoïdal d'un gris jaunâtre, d'une longueur de 10 mill. environ, couché au-dessous de la zone incertaine, entre elle et l'extrémité antérieure du locus niger (flg.
252). De ses deux extrémités, part un petit faisceau de fibres blanches, dont l'un, l'externe, parait se rendre dans le globulus pallidus, l'autre, l'interne, dans la substance grise de l'espace interpédonculaire, où il s'entrecroise avec celui du côté opposé et constitue la commissure de Forel. Les deux corps de Luys sont en outre unis l'un à l'autre par une commissure qu'on a appelée la commissure de Meynert.
Seul, le cerveau des Primates parait posséder le corps de Luys.
Les Noyaux Rouges
Dans la région sous-thalamique, de chaque côté du sommet du 4e ventricule, en dedans et un peu plus haut que les corps de Luys, on aperçoit l'extrémité antérieure de deux noyaux rougeâtres, les Noyaux Rouges de blilling (11, fig. 2o4), qui reçoivent les libres des pédoncules cérébelleux supérieurs, et émettent des Libres qui se rendeut au noyau lenticulaire, peut-être aussi directement à l'écorce, mais surtout des libres qui se portent à la couche optique (les radiations de la calotte).
Le Noyau Rouge a été considéré comme un simple rendement gangliforme intercalé sur le trajet du pédoncule cérébelleux supérieur (Meynert). Mais Flechsig admet qu'une
Fig 254. — Coupe frontale du cerveau passant par le fond de l'espace interpédonculaire pour montrer la légion sous-optique (photographie).
1, corps calleux ; 2, plexus choroïde épingle; 3, ventricule moyen ; 4, capsule interne ; 5, corne d'Ammon; 6, locus niger; 7, fond de l'espace interpédonculaire; 8, cervelet; 9, bulbe rachidien; 10, protubérance annulaire; 11, noyau rouge; 12, corps de Luys ; 13, noyau lenticulaire; 14, avant-mur ; 15, couche optique; 16, tète du noyau caudé; 17, ventricule latéral (corne frontale); 18, piliers antérieurs de la voûte.
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partie des fibres du pédoncule cérébelleux supérieur s'y.termine, l'autre partie gagnant l'écorce de la région pariétale après l'avoir simplement traversé et émis des « collatérales » descendantes qui s'en vont dans le bulbe et se mettent en relation avec les noyaux des V, VI' et VII0 paires des nerfs crâniens. D'autres (Henle, Forel) pensent que le pédoncule cérébelleux supérieur se rend à la fois dans le noyau rouge et la couche optique. Ses relations avec le thalamus se font par les radiations de la calotte (Korel), qui forment, on le sait, une sorte de coque au noyau. Ce qu'il y a de certain, c'est que les fibres du pédoncule cérébelleux supérieur partent de l'olive cérébelleuse et aboutissent au noyau rouge (Forel, Monakow, Gudden, Marchi, Mingazzini, etc.). Le pédoncule cérébelleux supérieur comprend, outre ses fibres croisées, un faisceau direct qui se rend à la couche optique du même côté (Marchi, Mahaim). Mingazzini soutient que le noyau rouge n'est qu'en relation indirecte avec l'écorce cérébrale par l'intermédiaire de la couche optique et des radiations optiques. Mais les observations de Flechsig et Hôsel, Mahaim, Monakow et M. et Mmt Déjerine qui ont suivi des fibres dégénérées aboutissant au noyau rouge lui-même en grande partie dégénéré à la suite de lésions corticales sans participation des corps opto-striés, s'opposent à cette conclusion (M. et MM Déjerine, C. R. Soc. de Biologie, 1885, p. 226). Il existe donc des radiations du noyau rouge ou fibres corlico-rubriques directes, à côté des fibres thalarno-rubriques et cérébello-rubriques. M. et M" Déjerine ont conclu de leurs recherches que la voie cérébro-cérébelleuse comprend 3 neurones : 1° un neurone supérieur cortico-rubrique constitué par les radiations du noyau rouge; 2° un neurone moyen, rubro-cérébelleux constitué par le pédoncule cérébelleux supérieur aboutissant à l'olive; 3" un neurone inférieur, olivo-cérébelleux, représenté par les radiations du corps denté allant gagner l'écorce du cervelet.
Le noyau rouge a sa zone corticale dans l'écorce de l'opercule, le corps de Luys dans une dépendance de l'écorce : le noyau caudé et le putamen.
b. — Corps Striés
Le Corps Strié, ainsi appelé à cause des stries blanches qui le traversent, est une masse ganglionnaire logée dans le centre de l'hémisphère. Il est en rapport en dehors avec le lobule de l'insula (lobule du corps strié), en dedans avec la couche optique dont il est séparé à la surface par le sillon opto-strié, et fait saillie par l'une de ses parties sur le plancher du ventricule latéral sous la forme d'une grosse éminence en virgule dont la queue est dirigée en arrière et la tête en avant, dans l'épaisseur du lobe frontal.
Mais les corps striés sont des ganglions complexes dont on ne peut prendre connaissance que par une série de coupes de l'hémisphère. — Si l'on fait sur la partie moyenue de ce corps une incision transversale, on voit que la saillie visible sur le plancher du ventricule latéral n'est qu'une portion d'une grosse masse nerveuse, et que le corps strié est constitué par deux gros noyaux de substance gris rougeàtre, Noyau Caudé et Noyau Lenticulaire, séparés l'un de l'autre par un faisceau de substance blanche, Capsule Interne (Ci, fig. 255). La séparation entre les 2 noyaux n'est pas complète toutefois ; au niveau de leur extrémité antérieure, en avant du segment antérieur de la capsule interne, ils sont réunis et forment une masse unique.
Le Noyau Caudé, ainsi appelé à cause de sa forme en poire, est placé en haut et en dedans (noyau supéro-interne) ; — c'est lui qui fait saillie sur le plancher du ventricule latéral ; aussi l'appelle- t on encore noyau intra-ventriculaire du corps strié (18, fig. 248).
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Il a la forme d une virgule dont la tête est dirigée en avant et en dedans et la queue en arrière et en dehors. Long d'environ 70 millimètres, large au niveau de sa tête de 10 millimètres, et épais de 23 à 30 millimètres, il est couché par sou bord concave sur la couche optique dont il n'est séparé que par le sillon opto-strié, sa tète reposant sur le centre ovale du lobe frontal et sur la substance grise de l'espace perforé latéral avec laquelle elle se continue, sa queue s'eflilant progressivement tout en gagnant le carrefour ventriculaire, puis en contournant le pédoncule cérébral correspondant pouraller se perdre finalement dans la voûte de la corne sphénoïdale du ventricule latéral. En avant, les têtes des deux noyaux caudés sont très rapprochées ; embrassées par la concavité du genou du corps calleux,
Fig. 256. — Schème des rapports de l'écorce et des noyaux centraux. 1, 1, pédoncule frontal de la couche optique ; 2, 2, fibres caudo- corticales ; 3. 3, l, pédoncule tempora de la couche optique ; 5, fibres lenticulo-corlicales ; 6, faisceaux d'association.
elles ne sont séparées l'une de l'autre que parla cloison transparente (19, tig. 248). Elles font saillie au niveau de l'espace perforé sous le nom de colliculus du
Fig. 255. — Noyaux caudé (NCj et lenticulaire (N L)
du corps strié, et capsule interne (Ci).
Ep, tète du noyau caudé reposant sur l'espace quadrilatère latéral ; Q, queue du noyau caudé; p, traclus gris allant du noyau caudé au noyau lenticulaire à travers la capsule interne; NLp, pédoncule du noyau lenticulaire ; Na noyau amygdalien.
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noyau caudè et sont traversées à leur base par la commissure blanche antérieure qui se porte de chaque côté vers le lobe temporal. La surface libre (ventriculaire) du noyau caudé contraste par sa couleur grise avec la couleur blanche des parties environnantes ; elle est recouverte par l'épendyme ventriculaire et parcourue par des veines volumineuses au niveau supérieur du Tentricule. La face adhérente envoie au niveau de la tête du noyau de nombreuses travées grises qui traversent la capsule interne, et l'unissent au segment externe du noyau lenticulaire; au niveau de la queue du noyau caudé elle court au-dessous du putamen, dont elle reste séparée par une zone de substance blanche comprenant la couronne rayonnante du lobe temporal et le faisceau de Tûrck.
La face contexe ou externe du noyau caudé correspond à l'angle externe du ventricule latéral ; il n'est séparé de la substance grise ventriculaire doublée de
l'épendyme que par le faisceau d'association occipito- frontal de Forel.
Le noyau caudé est relié au pédoncule cérébral par des fibres descendantes qui iraient au locus niger (Bechterew) et jusque dans la moelle allongée (Edinger) et à l'écorce du cerveau par des fibres qui s'infléchissent pour gagner la voie de la capsule interne. A l'aide de la destruction du lobe frontal chez le Singe et le Chien, G. Marinesco {Soc. de Biol., 2 février 1895), a mis en évidence des connexions (fibres d'association vraisemblablement) entre l'écorce du lobe frontal et ce noyau. Ces fibres passent par le segment antérieur de la capsule interne.
Les éléments cellulaires du noyau caudé sont de deux ordres : les uns se rattachent au type sensitif, les autres au type moteur. Les cellules du type moteur sont plus abondantes dans le corps strié que dans la couche optique, mais il est à remarquer cependant que, même dans le noyau caudé, les cellules à prolongements ramifiés (deuxième type de Golgi) sont plus nombreuses que les cellules à un prolongement non ramifié (premier type de Golgi). Ce fait semble yenir plaider contre les fonctions motrices que l'on attribue surtout aux corps striés (Marchi).
Le Noyau Lenticulaire, ou noyau inféro-externe, se confond en avant et en bas avec la tète du noyau caudé, au niveau de l'espace perforé (NI, fig. 250), mais plus en arrière, il en est séparé par la capsule interne en dehors de laquelle il est placé (Ci, fig. 250). — En raison de sa situation près du centre du corps de l'hémisphère et en dehors du ventricule, il porte encore le nom de noyau extraventriculaire du corps strié.
Si on étudie ce noyau sur des coupes frontales de l'hémisphère, il apparaît sous la forme d'une nappe grise striée de filaments blancs qui se présente sous la forme d'un coin auquel on peut considérer une face inférieure, une face supérieure, et une face externe. La face inférieure répond à la base du cerveau d'où
Fig. 257. — Coupe sagittale latérale de l'hémisphère, passant par le ventricule latéral et les corps opto-striés.
1, pédoncule cérébral; 2, corne frontale; 3, corne occipitale ; 4, corne sphénoïdale du ventricule latéral ; 5, noyau caudé ; 6, Couche optique; 7, noyau amygdalien; S, scissure de Sylvius.
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elle émerge à l'origine, reliée en avant au noyau amygdalien et à l'extrémité du noyau caudé par un tractus gris, le pédoncule du noyau lenticulaire. Cette face, plus avant, reste séparée de l'espace perforé antérieur par l'anse pédonculaire de Gratiolet. La face supérieure répond à la capsule interne dans toute son étendue et se relie au noyau caudé par de nombreux petits ponts de substance grise. La face externe est simplement accolée contre une lame de substance blanche appartenant au système d'association composée de fibres cortico - thalami ques qui contournent le noyau lenticulaire pour aboutir à la couche optique, c'est ce qu'on appelle :
la capsule externe (cae, lig. 258). Cette disposition explique que dans les hémorrhagies cérébrales occupant cette région, on rencontre fréquemment le sang collecté en foyer entre la capsule j externe et le noyau lenticulaire comme s'il n'avait eu qu'à se réunir dans une cavité.
La face externe répond au lobule de l'insula ; elle est sillonnée par les vaisseaux lenticulo-striés et lenticulo- optiques. Par son extrémité antérieure le noyau lenticulaire se fusionne avec le noyau caudé; par son extrémité postérieure, il émet des prolongementsquis'enfon.
cent dans le centre ovale.
Le noyau lenticulaire n'est pas homogène comme le noyau caudé. En premier
lieu, on remarque qu'il est divisé en trois segments ou membres (lig. 238, 259, 260, 267 et 268) par deux lames de substance blanche, placées de champ dans son épaisseur (lame médullaire ou cloison interne et lame médullaire ou cloison externe du noyau lenticulaire).
Ces trois segments se distinguent les uns des autres par leur coloration, qui est plus foncée pour le segment externe, plus pâle pour le segment moyen, plus
Com.p
Fig. 258. — Coupe horizontale du cerveau passant par le 3» ventricule, les ventricules latéraux et les corps opto-striés
E, écorce ; P, putamen; Gai, globulus medialis ; Gi, globulus intérims ; Ce, capsule externe; Cae, capsule extrême ; Cla, clatistrum ; Ncq, queue du noyau caudé ; CA, corne d'Ammon ; VI, ventricule latéral ; EM, ergot de Morand; Ped.p, pédoncule cérébral ; Com.p, commissure blanche postérieure ; l,sepluni lucidum; 2, ventricule latéral ; 3, noyau caudé; 4, pilier antérieur du trigone ; 5, vulve; 6, veine du sillon opto-strié , 7, genou de la capsule interne, 7', son bras antérieur et 72. son bras postérieur; S, noyau lenticulaire; 9, couche optique ; 10, ventricule moyen; 11, commissure grise; 12, freins de la glande pinéale ; 13, noyau de l'habénule ; 11. triangle de l'habénule; 15, glande pinéale, 1G, tubercules quadri jumeaux; 17, frein de la valvule de Vieussens ; 18, centre blanc de l'hémisphère.
DbblkhHK. — 23.
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claire encore pour le segment interne. Le segment externe a reçu de Burdach le nom de putamen (P, fig. 258) ; aux deux autres on a réservé le nom de globulus pallidus, le plus interne étant appelé segment interne et l'autre segment externe du globulus pallidus (Gm et Gi, fig. 258). On peut appeler le segment moyen globulus medialis et réserver au segment interne du noyau lenticulaire le nom
F.de J ourlet
Fig. 259. — Corps opto-striés vus en coupe frontale
de globulus intérims. Le putamen fait corps en avant avec la tète du noyau caudé (fig. 255), le globulus pallidus en est indépendant et le putamen présente un prolongement qui se porte au-dessous du globulus pallidus pour se diriger vers le noyau amygdalien et la paroi du tuber cinereum : c'est le prolongement temporal du noyau lenticulaire ( Wernicke, Brissaud), le pédoncule du noyau lenticulaire (Déjerine). Du reste le putamen est réuni au noyau caudé par de nombreux ponts de substance grise qui traverse la capsule interne.
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La différence de coloration de ces trois parties tient à la présence de libres blanches transversales qui rayonnent du sommet vers la base et dont le nombre diminue à mesure qu'on s'écarte du sommet ; ces libres blanches proviennent de la capsule interne (fibres pédonculaires) qui s'engagent dans le noyau lenticulaire. Les unes s'y terminent; les autres se relèvent en suivant les cloisons et sortent du noyau lenticulaire pour gagner l'écorce cérébrale.
Ces dernières fibres appartiennent aux fibres pédonculo-corticales directes
Pédoncule inférieur de la couche optique et anse du noyau lenticulaire.
qui ne traversent pas la capsule interne et dont les recherches anatomo-pathologiques (Charcot, etc.) ont démontré l'existence.
Le corps strié donne naissance à des fibres appartenant à des systèmes différents. Les unes entrent dans la constitution de l'anse du noyau lenticulaire, d'autres réunies à des fibres venant de la couche optique concourent à former l'anse pédonculaire de Gratiolet. D'autres fibres enfin, faisceau basai du cerveau antérieur (Edinger) se portent au corps de Luys et au locus niger.
Ces fibres traversent le noyau lenticulaire sous deux directions : sous la direction verticale (fibres constituant les cloisons du noyau) et sous la direction transversale (fibres radiées du putamen et du globulus pallidus).
Le noyau caudê est uni: 1° à l'écorce de la région rolandique et frontale par des fibres descendantes (fibres cortico-caudées) qui lui arrivent par sa face inférieure et suivent la voie de la capsule interne ; 2° au noyau lenticu-
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laire (fibres caudo-lenticulaires) qui traversent transversalement la capsule interne et se perdent dans le noyau lenticulaire ou se relèvent dans ses cloisons ; 31 à la couche optique par des libres qui se mêlent à l'anse du noyau lenticulaire.
Le noyau lenticulaire est uni : 1° à l'écorce par des libres descendantes qui passent dans les cloisons médullaires et de là, ou bien s'arrêtent dans les segments du noyau ou bien descendent pour entrer dans la radiation de la calotte (Edinger); 2° au noyau caudé (voy. plus haut); 3° au tronc cérébral par le faisceau basai du cerveau antérieur chez les Vertébrés ovipares (Edinger), par les fibres lenticulo-opliques et l'anse lenticulaire chez les Mammifères. Le globulus pallidus est relié à la couche optique par les fibres transversales de la capsule interne, au corps sous-optique et à la couche optique du côté opposé par un faisceau croisé, le faisceau du tuber cinéreum.
Si on étudie le corps strié dans son ensemble, c'est-à-dire pour se rendre compte des relations qu'affectent entre eux les deux noyaux caudé et lenticulaire, voici ce qu'on voit sur des coupes frontales sériées. En arrière, c'est-à-dire dans une coupe passant au-delà du chiasma des nerfs optiques, les deux noyaux sont tout à fait isolés l'un de l'autre par la capsule interne qui passe entre eux ; un peu plus avant, se dégagent de l'un et l'autre noyaux des ponts qui s'enfoncent dans la capsule interne ; plus loin encore, ces ponts traversent totalement la capsule interne et s'unissent les uns aux autres en constituant des traînées transversales qui subdivisent la capsule interne en une série de tronçons ; en même temps les deux noyaux se sont unis par leur partie inférieure (pont basai). Il résulte de là, que le corps strié a la forme d'un S, dont la branche supérieure serait représentée par le noyau caudé, la branche inférieure par le noyau lenticulaire et dont le genou, dirigé en avant, représenterait l'union des deux noyaux. Entre les deux branches s'engagent les faisceaux de la capsule interne (fig. 265).
Les corps striés sont d'origine corticale, et non pas d'origine centrale comme le thalamus. Ils naissent de l'écorce de la base de la vésicule des hémisphères à laquelle ils restent toujours attachés par leur face inférieure au niveau de l'espace perforé antérieur. Ils ont peu d'irradiations vers l'écorce. Aussi, les vastes destructions des lobes cérébraux sont-elles sans grande influence sur les corps striés.
Ils paraissent jouer pour les incitations centrifuges le même rôle que les couches optiques pour les impressions centripètes, c'esl-à-dire que l'influx nerveux du mouvement volontaire ordonné par l'écorce descendrait tout d'abord dans les corps striés, où il subirait une première matérialisation avant d'apparaître au grand jour sous l'aspect des mouvements musculaires combinés (Todd et Carpenter, Nothnagel, etc.) On a, en effet, constaté de l'hémiplégie après leur lésion (Vulpianj, et Nothnagel y aurait démontré l'existence d'un centre de course irrésistible. Cependant, il faut bien dire qu'actuellement encore nous ne savons guère à quel symptôme exact donne lieu la lésion du corps strié seul (sans compression des parties voisines), c'est-à-dire que nous connaissons peu la physiologie de cet organe, encore que l'analyse des faits expérimentaux semble amener à la conclusion que les corps striés sont des organes moteurs (Laborde).
Carpenter s'accorde avec Luys pour relier la couche optique à l'écorce par des fibres centripètes et le corps strié à la môme écorce par des libres centrifuges. Ces libres auraient pour but de mettre en relation l'organe de l'intelligence et de la volonté avec les corps opto-slriés, organes sensori-moteurs qui fourniraient le mécanisme des sensations et des mouvements automatiques ou instinctifs (Carpenter, Mental Physiology, 5e éd., London, 1875, p. 99). François Franck et Pitres sur le Chien, E. Beevor et V. Horsley sur le Singe, ont constaté que le courant électrique appliqué sur le corps strié ne détermine aucun effet moteur. Pitres dans un cas, chez l'Homme, a vu un foyer nette-
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ment localisé dans les deux noyaux du corps strié ne déterminer aucun phénomène paralytique pendant la vie d'un homme qui avait présenté de la monoplégie du membre inférieur persistante pour lésion en foyer de la capsule interne de l'autre hémisphère (François Frank et Pitres, Soc. de Biol., 1877 et 1878. — Beevor et Horsley, Philosoph. Transactions of the Royal Society of London, 1890, p. 49 et 129. — Pitres, Arch. clin, de Bordeaux, 1893, p. 1).
c. — Avant-mur.
Au corps strié doit être rattachée une mince lame de substance grise, constante chez les Mammifères, placée de champ entre le noyau lenticulaire et le lobe de l'insula.
Cette bandelette, qui dérive de l'écorce au même titre que le corps strié, c'est l'Avant -mur ou Claustrum (7, fig. 261). Cette lame, un peu incurvée en dedans et présentant un ou deux coudes assez aigus, est séparée de la face externe du noyau lenticulaire par une bande de substance blanche, la capsule externe, et des circonvolutions de l'insula par une autre bande analogue, la capsule extrême, qui se continue avec le centre ovale.
L'Avant-Mur se termine en avant par une pointe effilée qui va se perdre dans l'écorce de la région sylvienne ; en arrière il présente une sorte de base d'où s'échappent des traînées qui se recourbent aussi pour la plupart vers l'écorce cérébrale. En bas, il se recourbe en dedans pour s'unir à la substance grise de l'espace perforé. Une partie de ses fibres s'enfoncent dans le centre ovale. Constitué surtout par des cellules fusiformes en tout pareilles à celles qu'on rencontre dans la couche profonde de l'écorce, l'avant-mur doit être considéré comme détaché de la partie profonde de l'écorce par le passage d'un paquet de fibres d'association, fibres arquées qui unissent les circonvolutions entre elles.
La Capsule Externe est formée par des fibres d'origines diverses : 1° des fibres courtes d'association intra-hémisphériques ; 2° des fibres des faisceaux longitudinaux supérieur et inférieur ; 3° quelques fibres calleuses, de la commissure blanche et du pédoncule inférieur de la couche optique.
d. — Noyau amygdalien.
Le Noyau Amygdalien, appelé Ganglion Olfactif par Luys, est un amas de substance grise de la grosseur d'une aveline, située dans la pointe du lobe
la poinle du lobe temporal et le noyau amygdalien.
1, septum lucidum; 2, lame grise sus-optique; 2', chiasma optique renversé ; 3, corps calleux ; 4, noyau catidé; 5, noyau lenticulaire du corps strié; (i, capsule inlerne; 7, avant-mur; 8, noyau amygdalien ; 9. écorce du lobe temporal.
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temporal. — Exactement placé à l'extrémité antérieure de la circonvolution de l'hippocampe, il fait assez souvent une légère saillie sur le plancher de la corne sphénoïdale du ventricule latéral, au devant du pied de la corne d'Ammon (8, fig. 261 et fig. 262).
C'est un ganglion rougeâtre, étoilé, qui se met en contact par sa face supérieure avec l'écorce de la pointe du lobe temporal dont il semble n'être qu'une dépendance, encore qu'il tranche un peu par sa coloration sur la coloration grise de l'écorce. Il semble être l'aboutissant du taenia semi-circularis, et selon Luys et d'autres
3e ventricule
Corps optique
Corps bordant Bourre/et Corne d'Ammon Ergot de Morand
Fig. 262. — Vue du noyau amygdalien dans l'épaisseur du lobe frontal.
anatomistes, dans son épaisseur viendrait aussi se terminer la racine blanche externe du nerf olfactif, mais cette connexion aurait besoin d'être mieux établie.