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Capsule interne

On donne, depuis Burdach, le nom de Capsule Interne, ou d' Expansion pédonrulaire à une bande épaisse de fibres blanches située entre la couche optique et le noyau caudé d'une part, et le noyau lenticulaire de l'autre. Dans une coupe frontale du cerveau, on la voit suivre un trajet oblique en haut et en dehors entre les noyaux précités, et se continuer en bas, avec le pédoncule cérébral cjont elle tire la plupart de ses fibres, en haut avec le centre ovale (Pc, fis- 225).

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Fig. 263. — Couronne rayonnante (irradiations de la capsule interne)

t , bulbe rachidien ; 2, olive du bulbe ; 3, pont de Varole; 4, cervelet ; 4', sinus rhomboïdal ; S, glande pinéale 6, couche optique ; 7, tubercule mamillaire ; 7', pilier antérieur du trigone; S, glande pituilaire ; 9, ner optique; 10, commissure blanche antérieure; H, trou de Monro ; 12, 12, couronne rayonnante.

Au moment où elle se dégage de l'espace resserré ou détroit lenticulo-strié, elle s'épanouit en gerbe pour constituer la Couronne rayonnante de Reil, et ce point prend le nom de Pied de la couronne rayonnante.

Fig. 264. — La couronne rayonnante (Schwalbe)

pe, pédoncule cérébral; u.lh, nerf oculo-moteur commun ; co.a, commissure blanche antérieure ; a. couche optique ; c, tète du noyau caudé; 6, noyau lenticulaire (face externe); f. lobe frontal ; o, lobe occipital.

Si on étudie la capsule interne sur des coupes horizontales du cerveau à l'aide de la coupe de Flechsig ou la coupe de Brissaud. par exemple, on la voit se pré-

sentersous la forme d'un angle ouvert en dehors, embrassant le noyau lenticulaire (7, 7', 7% fig. 258, et 1, 2, 3, 4, 5, fig. 266). On s'explique ainsi qu'on ait encore appelé la capsule interne Double centre semwirculaire de Vieussens. On peut donc lui considérer deux parties ou segments, et un coude ou genou. Le segment antérieur, placé entre le noyau lenticulaire et le noyau caudé, porte pour cette raison le nom de bras ou segment lenticulo-caudé (1, 2, fig. 266) ; le segment postérieur, situé entre le noyau lenticulaire et la couche optique, prend

pour la même raison le nom de bras ou segment lenticulo-optique (4, 5, fig. 266). Le point de réunion des deux segments est appelé genou de la capsule interne (3, fig. 266). Il siège exactement au centre des trois noyaux, appelés noyau caudé, noyau lenticulaire et couche optique.

Constitution de la capsule interne. — La capsule interne est constituée par : 1° des fibres pédonculaires (fibres d'un fort calibre ou motrices) qui descendent des régions motrices corticales et vont aboutir aux faisceaux pyramidaux de la moelle (fibres cortico- pédonculaires directes) après avoir suivi le pied des pédoncules ; — 2° des fibres descendantes qui vont de l'écorce au corps strié ou à la couche optique (fibres cortico-ganglionnaires ou indirectes) ; — 3° par des fibres qui montent de la moelle (fibres d'un petit calibre, libres sensitives) ou viennent des pédoncules cérébelleux supérieurs et vont se rendre directement dans l'écorce (fibres directes) ou après relais dans les couches optiques (fibres indirectes), et après avoir passé par la calotte des pédoncules ; — 4° par des fibres qui montent du pied des pédoncules dans les ganglions centraux (fibres pèdonculo-ganglionnaires) et pénètrent le noyau caudé par sa face inférieure, le noyeau lenticulaire par son sommet.

Outre les fibres pédonculo-corticales ou directes, la capsule interne contient donc des fibres cortico-ganglionnaires et pèdonculo-ganglionnaires ou fibres indirectes. Les fibres qui viennent du noyau caudé ou de la couche optique restent en dehors et au-dessus des fibres directes et des libres lenticulaires, et passent dans la calotte pédonculaire. Dans le bras antérieur, les fibres ont une direction générale horizontale ; elles sont surtout constituées par le pédoncule

Fig. 265. — Disposition par rapport l'un à l'autre des deux noyaux du corps strié. — Capsule interne.

1, noyau caudé, et 2, noyau lenticulaire : 3, capsule interne ; 4, couche optique (en couleur); 5, expansion pédonculaire ; 6, 7, faisceau temporo-protubéranliel ■ 8, couronne rayonnante.

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antérieur de la couche optique et sont coupées par des jetées de substance grise qui unissent les deux noyaux du corps strié.

Les fibres centrifuges ou motrices occupent le genou et la partie antérieure du segment postérieur de la capsule interne, les fibres centripètes ou sensitives, la moitié postérieure du segment postérieur. Gomme ce segment déborde en

Coupe horiz. du cerveau passant par les corps opto-slriés Face inférieure de l'isthme de l'encéphale

Fig. 266. — Disposition des faisceaux moteurs et sensilifs dans les pédoncules cérébraux et la capsule interne

a, chiasma optique; b, bandelette optique; e, corps genouillés; tf, pulvinar de la couche optique; e, pédoncule cérébral; f, pédoncule cérébelleux moyen ; 1, faisceau frontal ou psychique (en bleu) ; 2, faisceau de l'aphasie (en blanc) ; 3, faisceau géniculé (en jaune) ; 4, faisceau pyramidal (en rouge) ; 3, faisceau sensitif (en vert); 6, tête du noyau caudé; 6', veine striée ; 7 noyau lenticulaire; 7, queue du noyau caudé; 8, couche optique; 9, noyau antérieur; 10, noyau interne; 11, noyau externe; 12, noyau postérieur de la couche optique; 13. noyau de Phabénule.

arrière le noyau lenticulaire de 10 à 15 mil!., on a distingué cette portion sous le nom de segment rétro-lenticulaire. Il est remarquable par la direction horizontale de ses fibres qui contiennent les radiations optiques.

Cette description nous conduit à l'étude de la systématisation dans la capsule interne.

Systématisation ou groupement des faisceaux dans la capsule interne. — Etudiée à l'œil nu ou à l'aide du microscope, la capsule interne se présente comme homogène et composée de fibres blanches dans lesquelles rien

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Les corps opto-striés

et la capsule interne

pédoncule antérieure de la couche opti- ■ que; 2, voie fronto-protubérantielle (ce faisceau contient des fibres qui se rendent au locus niger et à la formation réticulée du pont de Varole) ; 3, voie centrale des nerfs crâniens moteurs ; 4, voie pyramidale; 5, voie temporo-protubérantielle (faisceau de Turck).

ne peut autoriser à isoler différents segmenta spéciaux. Mais l'anatomie pathologique d'un côté avec l'étude des dégénérations secondaires, l'embryologie de l'autre avec l'étude du moment d'apparition de la myéline dans les faisceaux de fibres nerveuses, nous révèlent un eertain nombre de segments parfaitement séparés au double point de vue fonctionnel et pathologique.

La capsule interne comporte donc une systématisation, et nous retrouvons dans l'ensemble de son corps les cinq faisceaux que nous avons rencontrés dans le pied du pédoncule cérébral. Ce sont : 1° le faisceau frontal ou psychique (1, fîg. 267) qui occupe les 2/3 antérieurs environ du segment antérieur de la capsule, côtoie la partie la plus interne du pédoncule et pénètre jusque dans la protubérance (faisceau cortico-protubérantiel) ; 2° le faisceau de l'aphasie (2, fig 267) qui siège en arrière du précédent, à la partie inférieure du même segment et s'étend de F3 aux régions bulbo-protubérantielles ; — 3° le faisceau géniculé (3, fig. 267) qui occupe le genou de la capsule et descend de l'écorce pour s'arrêter dans les noyaux bulbo - protubérantiels, et comprend lui-même, d'avant en arrière le faisceau du facial inférieur, du nerf masticateur et le faisceau de l'hypoglosse (mouvements de la face et de la langue) ; 4° le faisceau pyramidal (mouvements volontaires des membres) qui occupe les 2/3 anté rieurs du segment postérieur et descend par la partie moyenne du pédoncule pour se porter dans le faisceau pyramidal de la moelle (4, fig. 267) ; — 5° le faisceau sensitif (5, fig. 267) qui occupe le 1/3 postérieur du bras postérieur de la capsule, et comprend le faisceau de Meynert ou faisceau occipital qui vient des régions occipitales

et va aux noyaux venlraux de la protubérance en passant par la région la plus

faisceau frontal

aphasie motrice yeux bouche

genou cheville orteil

hémichorée hémiathétose olfaction-audition

vue-gustation faisceau sensitif cutané

Fig. 26S. — Groupement des faisceaux dans la capsule internet

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externe du pied du pédoncule, et le faisceau du ruban de Reil, qui contient à

Eig. 269. — Coupe frontale du cerveau passant par l'espace inlerpédonculaire.

FE, fenle interhémisphérique; CA, corps calleux; M, ventricule moyen; NC, tète du noyau caudéetNC1, queue de ce noyau: T, trigone; e, e, membrane épendymaire ; Ch. plexus choroïdes ; », corne frontale du ventricule latéral et VL,sa corne temporale; T', T2, T3, T4, les noyaux latéraux, antérieur et postérieur du thalamus, P, pédoncule cérébral; ca, capsule interne; co, couronne rayonnante; S, S, substance blanche du centre ovale; E. écorce cérébrale ; 1, toile choroïdienne du 3« ventricule; 2, frein de la glande pinéale ; 3, faisceau rélroflexe ; 4, paroi latérale du 3c ventricule ; 5, corps de Luys; 6, noyau rouge ; 7. locus niger ; 8. pied du pédoncule cérébral; 9, noyau interpédonculaire ; 10, espace inlerpédonculaire; 11, bandelette optique: 12, corps bordant; 13, corne d'Ammon ; 14, anse du noyau lenticulaire ; 15, commissure blanche antérieure; !(>, capsule externe ; 17, capsule extrême; 1S, avant-mur; 19. ptllamen ; 20 et -'I, globulus pallidus; 22. radiations lenticulo-caudées.

la fois des libres sensitives d'origine médullaire, des libres optiques, auditives et olfactives (carrefour sensitif) et va se terminer dans les régions pariéto-occipitales et temporales de l'hémisphère. D'après Déjerine, le prétendu faisceau de

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Meynert ne serait autre que le faisceau de Turck ou faisceau externe du pied du pédoncule cérébral (faisceau temporo-protubérantiel) qui correspond aux fibres de projection ou couronne rayonnante du lobe temporal.

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En sortant de la capsule, ces cinq faisceaux passent dans la couronne rayonnante où nous les retrouverons dans un instant.

Outre ces faisceaux pédonculaires (irradiations pédonculaires) d'autres faisceaux irradiés entrent dans la constitution de la capsule. Ce sont: 1° des irradiations du globulus pallidus qui longent le bras antérieur ; 2° des irradiations antérieures ou frontales et postérieures ou occipitales de la couche optique, irradiations lhalamiques, qui suivent le bord interne delà capsule et s'épanouissent ensuite dans le centre ovale ; 3° des irradiations optiques qui viennent des tubercules nates, des corps genouillés externes et du pulvinar, et suivent la partie la plus reculée du bras postérieur (carrefour sensitif) pour se répandre dans le lobe occipital. Le segment antérieur de la capsule est presque exclusivement formé par des fibres thalamo-corticales ; ces libres sont croisées par d'autres qui vont du noyau caudé dans les lames médullaires du noyau lenticulaire (fibres lenticulo-caudées).

La couronne rayonnante de Reil est "donc composée dans son ensemble: 1° par des fibres pédonculaires ventrales qui viennent des régions motrices de l'écorce et vont aux noyaux moteurs de la région bulbo-protubérantielle et de la moelle épinière (fibres motrices directes ou descendantes) ; 2° par des fibres pédonculaires dorsales qui viennent des cordons sensitifs de la moelle et des noyaux sensitifs de la moelle allongée et de l'isthme de l'encéphale et vont aboutir au cortex cérébral (fibres sensitives ou ascendantes), soit directement (fibres sensitives directes) ou après avoir pris contact avec, soit la couche optique soit le noyau lenticulaire (fibres indirectes) ; 3° par des fibres qui viennent du cervelet, passent par la calotte pédonculaire où elles s'entrecroisent d'un côté à l'autre et vont se rendre, soit à la couche optique, soit au manteau ; 4° par dés fibres qui vont de la couche optique au cortex (fibres cortico-thalamiques) ; 5° par des fibres, enfin, qui viennent du cortex et se rendent, les unes dans le noyau lenticulaire, la couche optique ou le corps sous-optique, fibres cortico-ganglionnaires, anse du noyau lenticulaire, les autres dans les noyaux bulbo-protubérantiels et le cervelet en passant directement dans la région sous-optique (contingent sousoptique de Luys, fibres rayonnantes de la calotte). Toutes ces fibres se résument en fibres pédonculo-ganglionnaires , fibres pédonculo-corticales ou directes, et fibres cortico-ganglionnaires.

Il est rare que les lésions en foyer de la capsule interne soient assez limitées pour donner lieu à une localisation précise des faisceaux moteurs. Cependant quelques observations (Garel et Dor, etc.) sont conformes à l'expérimentation (Horsley et Beevor) pour attester que l'échelonnement des faisceaux que nous avons admis dans le faisceau géniculé et le faisceau pyramidal sont bien réels. Il en est de même de la partie postérieure du segment postérieur. Aussi les lésions des deux tiers antérieurs de la portion lenticulooptique de la capsule interne déterminent-elles des troubles de la motilité. Si la lésion est destructive, il y a hémiplégie, puis dégenération secondaire descendante des faisceaux et de la contracture. S'il y a seulement irritation, il y a des troubles moteurs particuliers, hémichorée, hémiathétose, troubles de la coordination motrice qui succèdent le plus ordinairement à la paralysie (hémichorée post-hémiplégique), mais qui, dans certains cas, peuvent la précéder. Ces phénomènes du reste n'appartiennent pas en propre aux lésions de la capsule interne. Ils peuvent tout aussi bien résulter d'jine lésion des régions correspondantes du centre ovale ou de l'écorce cérébrale.

La lésion atteint elle le faisceau frontal ou le faisceau géniculé, la dégénérescence descendante ne dépasse jamais les régions bulbo-protubérantielles. Frappe-t-elle le

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faisceau pyramidal, au contraire, la dégénérescence, après être passée par la région moyenne du pied du pédoncule, gagne la pyramide correspondante du bulbe, et audessous de l'entrecroisement des pyramides se continue dans le faisceau pyramidal du côté opposé de la moelle épinière.

Cette sclérose secondaire des cordons conducteurs de la motricité (sclérose des cordons latéraux) s'accompagne de contractures qu'annoncent l'exagération du réflexe lendineux (phénomène du genou, signe de Wesphal) et la trépidation épileptoide provoquée du côté paralysé, symptomatologie qui apparaît toutes les fois au reste que sont frappés les cordons pyramidaux, primitivement comme dans le ta bes dorsal spasmodique,

Fig. 271. — Fibres de projection et lilires d'association.

ou secondairement comme dans les dégénérescences descendantes, conséquences de lésions cérébrales.

De môme, les lésions du tiers postérieur de la capsule interne donnent lieu à des troubles sensitifs, à une hémianesthésie sensitivo-sensoriella qui, elle aussi, quand la destruction n'est pas complète, peut être remplacée, comme l'hémiplégie l'était par l'hémichorée, par une hémidysesthésie. De plus, comme les lésions de la partie externe du faisceau sensitif dans le carrefour, donnent, lieu à l'hémianesthésie seule sans abolition des sensibilités- spéciales, il y a lieu de penser que les fibres en rapport avec ces dernières passent par la partie la [dus interne du carrefour. La lésion de cette zone détermine en effet Vambli/upie et Vhémianopsie, la surdité, l'anosmie et la paralysie du goût du côté opposé.

Dans l'hémianesthésie d'origine cérébrale, il peut de plus y avoir amblyopie croisée, d'où- il s'en-uit que les racines optiques subiraient un entrecroisement total dans le cerveau. Charcot a essayé de schématiser cet'e disposition dans la figure 130 que nous lui avons empruntée (voy. p. 214).

Les libres pédonculaires.

A, Les fibres traversant la capsule interne.

B, Coupe horizontale (les noyaux opto-stnés et de la capsule interne.

C, Les pédoncules cérébraux vus de face s'enfonçant dans les hémisphères,

D, Les pédoncules cérébraux vus en coupe transversale.

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