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Trajet général des faisceaux encéphalo-médullaires

Dans les études précédentes, nous avons suivi les faisceaux nerveux de la moelle épinière, du bulbe rachidien et du cervelet,

Coupe pariétale (Pitres).

circonvolution pariétale ascendante; 2, lobule de l'insula ; 3, lobe sphénoïdal. — Faisceaux pariétaux : 4, supérieurs; 5, moyen; 6. inférieur ; 7, faisceau sphénoïdal ; 8, corps calleux ; 9, noyau caudé ; 10, couche optique ; H, capsule interne ; 12, noyau lenticulaire; 13, capsule externe ; 14, avant-mur.

Fig. 278. — Coupe pédiculo-pariétale (Pitres).

1, lobule pariétal supérieur; 2, lobule pariétal inférieur; 3, lobule sphénoïdal; 4, faisceau pédiculo-pariétal supérieur ; 5, faisceau inférieur ; 6, faisceau sphénoïdal ; 7, corps calleux ; 8 et 10, noyau caudé ; 9, couche optique.

dans l'isthme de l'encéphale et de là jusqu'à l'écorce du cerveau ou les noyaux opto-striés. Ces faisceaux étant continus, nous aurions dû, pour rester dans la réalité, les poursuivre d'un seul jet de leur origine à leur terminaison. Si nous n'avons point agi ainsi, c'est pour ne point briser les exigences des descriptions classiques et systématiques. Mais maintenant que nous avons parcouru les différents segments du névraxe un à un, nous allons faire le résumé synthétique des trajets nerveux encéphalo-médullaires en suivant les faisceaux de l'écorce du cerveau jusque dans les parties sous-jacentes du névraxe.

1° Faisceau frontal ou psychique. — Ce faisceau naît de la plus grande partie de l'écorce du lobe frontal, à l'exception du pied des trois frontales longitudinales.

Dans le centre ovale, il constitue les faisceaux préfrontaux. Dans la capsule interne il occupe les 2/3 antérieurs du

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segment lenticulo-strié; dans le pédoncule il passe par la partie la plus interne de l'étage inférieur. Le faisceau frontal descend vraisemblablement jusqu'aux noyaux bulbo-protubérantiels, mais son trajet au-dessous du pédoncule n'est pas connu.

2° Faisceau de l'aphasie. — Ce faisceau, que l'on peut considérer comme le faisceau conducteur de la parole, part du pied de la circonvolution de Broca. Dans le centre ovale, il correspond au faisceau pédiculo-frontal inférieur; dans la capsule interne, il occupe le tiers postérieur du segment antérieur, immédiatement derrière le faisceau psychique, en avant du faisceau géniculé; dans le pédoncule il est placé entre le faisceau psychique et le faisceau géniculé, et de là il va se perdre, d'une façon peu connue encore, dans les noyaux bulbo-protubérantiels. Avec le faisceau géniculé, on le considère généralement comme le faisceau volontaire des nerfs crâniens moteurs, celui qui transmet à leurs centres bulbo-protubérantiels le commandement du cerveau.

3° Faisceau géniculé. — L'origine corticale du faisceau géniculé, si bien étudié par Brissaud, est le pied de la frontale ascendante et le pli de passage fronto-pariétal inférieur. Dans le centre ovale il constitue le faisceau frontal inférieur (3e coupe de Pitres), contenant à la fois le faisceau facial inférieur, le faisceau masticateur, le faisceau de l'hypoglosse, et une partie du faisceau laryngé ; dans la capsule interne il occupe la région du genou de la capsule; dans le pédoncule, il longe le côté externe du faisceau de la parole ; dans la protubérance il se place en arrière et en dedans du faisceau pyramidal; enfin, il se divise en trois faisceaux secoodaires, qui s'entrecroisent sur la ligne médiane avec leurs homologues du côté opposé, et viennent aboutir respectivement au noyau masticateur du trijumeau, au noyau du facial et aux noyaux du grand hypoglosse. Quelques-unes de ces fibres se rendent très vraisemblablement au noyau moteur du spinal (nerf laryngé).

4° Faisceau pyramidal. — Faisceau moteur volontaire des muscles du tronc et des membres, comme le faisceau géniculé est le faisceau moteur volontaire des muscles de la face, de la langue et de la glotte, le faisceau pyramidal (p, fig. 284, et p, fig. 285) naît dans l'écorce de la zone rolandique ou motrice du cerveau (2/3 supérieurs de la frontale ascendante, pariétale ascendante, lobule paracentral). Dans le centre ovale il constitue les faisceaux frontaux supérieur (membres inférieurs) et moyen (membres supérieurs) de la 3" coupe de Pitres ou coupe frontale, et les faisceaux pariétaux supérieur (membres inférieurs) et moyen (membres supérieurs) de la 4e coupe de Pitres ou coupe pariétale. — Dans la capsule interne, il répond aux 2/3 antérieurs du segment lenticulooptique ; dans le pédoncule, il passe dans la région moyenne de l'étage inférieur ou pied, et descend de là dans la protubérance annulaire où il constitue le plan le plus inférieur des libres longitudinales. Dans le bulbe, il occupe la partie la plus antérieure de la pyramide, se dédouble au niveau du collet, en

-Coupe occipiiale (Pitres)

1, circonvolutions occipitales; 2, fais ceaux occipitaux.

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faisceau direct (faisceau pyi'amidal antérieur) et faisceau croisé (faisceau pyrarnidal latéral), et passe dans la moelle épinière, où ses fibres s'arrêtent successivement dans les cellules des cornes antérieures.

Les fibres cérébrales destinées au mouvement sont plus nombreuses pour les membres supérieurs que pour les membres inférieurs dans le rapport de 5 à 1 environ. On conçoit qu'il en soit ainsi quand on se rappelle combien les mouvements intelligents et conscients de la main dépassent ceux du pied qui sont presque entièrement automatiques. (P. Blocq et G. Onanoff, Compt. rend. Acad. Se. CXV, 1892, p. 248).

Le faisceau pyramidal est donc conducteur de la volonté pour les mouvements du tronc et des membres, et, comme le prouvent les dégénérations secondaires à la suite de lésions corticales ou autres, son action Irophique ou physiologique est centrifuge. Le cerveau moteur est donc trophique pour le faisceau pyramidal comme les cornes antérieures de la moelle le sont pour les racines antérieures des nerfs. Toute une série de troubles du mouvement, variables selon qu'ils relèvent de la paralysie ou de l'irritation secondaire, sont fatalement liés à ses lésions : monoplégies, hémiplégies, aphasies contractures précoces ou tardives, convulsions, hémichorée, alhétose.

Lorsqu'une lésion du centre ovale (abcès, tumeurs, hémorrhagies, etc.) ne donne pas lieu à ces phénomènes, on doit considérer, non pas qu'elle écarte simplement les faisceaux sans les interrompre, mais qu'elle siège en dehors des faisceaux excito-moteurs volontaires. Il en est de même encore des contractures qui accompagnent le plus souvent les inondations ventriculaires ou les hémorrhagies sous-méningées : dans ces circonstances on doit admettre que ces lésions portent atteinte à des parties constituantes du cerveau moteur (Pitres).

Fig. 281, — Lésion du centre ovale 7, (faisceau pédiculo-frontal) ayant occasionné une hémiplégie avec aphasie.

Au-dessus du faisceau pyramidal, entre ce faisceau et le locus niger, on a signalé la présence d'un petit faisceau de fibres grêles (ruban du pied de Flechsig) qui, selon Flechsig, se terminerait dans l'insula. Bechterew en fait une voie sensitive des nerfs crâniens.

La dégénération bilatérale des faisceaux pyramidaux dérive sûrement d'un entrecroisement incomplet au niveau du bulbe, et aussi au niveau des faisceaux pyramidaux antérieurs dans la moelle.

5° Faisceau sensitif. — Ce faisceau prend naissance dans l'écorce des lobes pariétal, occipital et temporal (cerveau sensitif de Ballet) et aussi dans le gyrus fornicatus et bippocampi et dans la zone rolandique où il se superpose au faisceau moteur; toutefois à l'inverse de celui-ci il ne semble pas être partagé en centres distincts. Cependant, ce qui parait vrai pour la sensibilité générale, ne l'est pas pour la sensibilité spéciale ou sensorielle, car nous savons que dans la première circonvolution temporale (T1) on a localisé le centre de la surdité verbale; que dans la circonvolution pariétale inférieure (P2) on a localisé le centre de l'hémia-

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nopsie, que d'autres reportent jusque dans le cunéus du lobe occipital ; — qu'enfin dans le pli courbe (P2) on a placé le centre de la cécité verbale.

Quoi qu'il en soit, émané de la zone sensitive du cerveau, le faisceau sensitif (lig. 283 et fig. 286) descend dans le centre ovale où il constitue les deux faisceaux pédiculo-pariétaux et le faisceau temporal (5e coupe de Pitres ou coupe pédiculo-pariétale), ainsi que les faisceaux occipitaux (6e coupe de Pitres ou coupe occipitale). Le faisceau pédiculo-pariétal inférieur contient les fibres de l'hémianopsie et le faisceau temporal renferme celles de la surdité verbale, c'est-à-dire des fibres qui sont en relation avec les noyaux de l'acoustique. Dans les faisceaux occipitaux passent les fibres optiques (centre visuel, cécité verbale) Dans la capsule interne, le faisceau sensitif passe dans le tiers postérieur du segment lenticulo-optique. Au niveau de la partie la plus reculée (carrefour sensitif) il comprend aussi des fibres en rapport avec les centres olfactifs. Arrivé dans le pédoncule, il se divise en trois faisceaux : a) un qui vient du lobe temporal et passe dans la partie externe du pied du pédoncule cérébral (faisceau de Tùrck ou de Meynert, faisceau cortico-protubérantiel postérieur) ; b) un second faisceau qui descend sur les parties latérales de l'isthme de l'encéphale après s'être entrecroisé avec son homologue du côté opposé au niveau des tubercules quadrijumeaux qu'il enlace et englobe (ruban de Reil latéral), et vient se perdre dans les noyaux du champ réticulaire du pont de Varole et l'olive protubérantielle; c) un dernier faisceau enfin, le gros du faisceau sensitif, qui descend dans la calotte pédonculaire et l'isthme de l'encéphale sous le nom de ruban de Reil central. Il passe par la calotte de la protubérance annulaire, la partie postérieure du bulbe rachidien et, au niveau des olives du bulbe s'enti ecroise sur la ligne médiane avec celui du côté opposé de façon à passer dans la moitié controlatéralede la moelle épinière (entrecroisement des cordons sensitifs). Au-delà, nous savons qu'il se continue avec les cordons postérieurs de la moelle, le faisceau latéral profond et le faisceau de Gowers, après s'être interrompu dans les noyaux postpyramidaux (noyau de Goll et noyau de Burdach).

Il faut ajouter à ces systèmes de libres qui vont.de la moelle au cerveau, le Faisceau de la commissure qui, de la commissure blanche postérieure du cerveau descend dans la calotte pédonculaire où il semble se continuer avec la bandelette longitudinale postérieure, et le Faisceau entrai de la calotte qui, de la substance grise centrale du ventricule moyen, descend à travers le pont de Varole et la moelle allongée où il paraît se rendre dans l'olive du bulbe.

On peut admettre que le ruban de Reil provient des noyaux de Goll et de Burdacb, que ses fibres s'entrecroisent dans le champ interolivaire du bulbe, et qu'après avoir traversé la calotte du pont de Varole et du pédoncule, elles vont aboutir au tubercule quadrijumeau antérieur et à la couche optique (Forel). D'après la majorité des auteurs, c'est la partie interne du ruban qui aboutit à la couche optique (ruban central); la partie externe (ruban latéral) aboutirait au tubercule quadrijumeau postérieur, et peut-être aussi (Flechsig, . Bechterew, Edinger, Hensehen, Jacob, etc.), au corps de Luys et au globulus pallidus en suivant la voie de l'anse du noyau lenticulaire. Mais les fibres du ruban de Beil vont au cortex cérébral. Comment ?

On admet généralement que le Ruban de Reil aboutit au noyau ventral de la couche optique, après avoir traversé la région sous-lhalamique, mais un certain nombre de ces fibres ne feraient que traverser la couche optique et passeraient

Série do photographies (réduites) du cerveau après dissection et coupes variées

1, Base de l'encéphale; 2, face latérale du cerveau: 3, vue du lobule de l'insula après écartement de ses lèvres; 4. base du cerveau après secfibn pédoncules et coupe horizontale du lobe temporo-occipilal gauche: base du cerveau et mise à nu de la coupe des pédoncules, du bourrelet, du i calleux, des bandelettes optiques et des corps genouillés, de la corne d'Ammon et de la fimbria après section horizontale du lobe temporo-occipiui est renversé en arrière et maintenu par une érigne; 6. le trigone vu par sa face inférieure; 7, coupe sagittale de l'encéphale passant entre !*s hémisphères : S, le corps calleux, le trigone, le ventricule latéral : 9, une épingle pisse à travers le trou de Monro ; 10, le corps calleux enlevé de en côté laisse voiries ventricules latéraux, les corps opto-slriés, la bandelette géminée et les plexus choroïdes qui en garnissent le plancher ; 11, le tn| vu par sa face supérieure (un stylet est engagé dans le trou de Monro); 12, la toile eboroïdienne du 3» ventricule.

Série de photographies (réduites) du cerveau après dissection el coupes variées

Ouverture des ventricules du cerveau par leur voûte : septum et son ventricule, trigone, iî» ventricule, ventricules latéraux, corps opto-Striés, friande pinéale. tubercules quadrijnmeaux (une épingle est passée pat l'aqueduc de Sylviusi : 14, coupe de Klechsig; 15. coupe frontale de l'encéphale passant par la cloison transparente; 10, coupe passant par la commissure blanche antérieure: 17, coupe passant parles piliers antérieurs du trigone; 18, coupe passant par les tubercules mam II la iris ; 19, coupe passant par l'espace inlerpcdon ulaire ; 20, coupe passant par le bourrelet du corps calleux et les piliers postérieurs du trigone; 21, coupe passant par le bourrelet et le cervelet; 22, coupe passant par les piliers postérieurs du trigone el le 4' ventricule; 23, coupe des pédoncules et du cervelet pour montrer le vermis et la conformation intérieure des hémisphères du cervelet ; 34, face inférieure du cervelet et cavité du 4e ventricule (le bulbe rachidien est fortement relevé et maintenu par une érigne).

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par la couche grillagée pour se rendra à l'écorce, tandis que d'autres traverseraient le globulus pallidus pour de là se rendre également à l'écorce, dans la région centrale et la région pariétale.

Mais il y a des divergences d'opinion.

Tandis qu'elles y monteraient directement selon Flechsig et Hoesel, elles n'y arriveraient qu'indirectement d'après Monakow, Mahaim, Déjerine, c'est-à-dire que le neurone des noyaux de Goll et de Burdach aboutirait au tubercule quadrijumeau antérieur et au thalamus, et serait continué de là par un nouveau neurone thalamo-cortical. Dans tous les cas, lorsque le ruban de Reil est lésé dans le bulbe ou la protubérance (Kahler et Pick, Schultze, Meyer, Rossolimo, Schàfer, Miura, Déjerine, etc.) il subit une dégénérescence ascendante qu'on ne peut suivre au delà de la couche optique (Singer et Munzer, Vejas, Mott, Déjerine). Quand, à la suite d'une lésion optique ou sous-optique, le ruban de Reil est détruit, on observe bien une atrophie descendante du ruban (Witkowsky, Schrader, Hitzig, Henschen, Jacob et Greiwe), mais cette atrophie doit être considérée comme une atrophie rétrograde cellulipède (Déjerine). Comme dans 19 cas de destruction corticale très ancienne des régions rolandique et pariétale, le ruban de Reil n'était dégénéré dans aucun cas (M. et Mme Déjerine); comme après l'ablation du manteau cérébral et du corps strié chez deux Chiens (Goltz) le ruban de Reil est resté intact (Bielchowsky) ; comme dans 3 cas de destruction du lobe insulaire et de l'opercule sylvien avec destruction concomitante du noyau lenticulaire, il existait bien une dégénération de l'anse du noyau lenticulaire mais aucune altération de la capsule interne, de la couche optique et du ruban de Reil (Déjerine); comme dans un cas d'hémiplégie droite avec aphasie où la corticalité de l'hémisphère gauche était largement détruite sans participation aucune des noyaux opto-striés, malgré la dégénérescence de toutes les fibres de projections d'origine corticale (radiations thalamiques et genouillées, fibres cortico-protubérantielles et bulbaires, capsule interne, pied du pédoncule, faisceau pyramidal, etc.), le ruban de Reil était intact (Déjerine), il faut conclure que le ruban de Reil n'est pas en connexion directe avec l'écorce du cerveau contrairement à l'opinion de Flechsig et Hosel, et que les connexions corticales des fibres sensitives médullaires par l'intermédiaire des noyaux de Goll et de Burdach ne sont qu'indirectes et s'effectuent par l'interposition de la couche optique (Voy. M. et Mm" Déjerine, Soc. de Biol. 1893, p. 229 et 295).

Les observations de Schurhoff chez des hémicéphales concordent avec celles que l'on a faites dans le cas de porencéphalie ancienne chez l'adulte et mettent en évidence l'indépendance du neurone sensitif périphérique et du neurone sensitif central ou ruban de Reil. C'est ainsi que dans 9 cas d'hémicéphalie il y avait intégrité du neurone périphérique ou primaire, mais atrophie profonde du neurone sensitif central ou secondaire.

Une lésion assez restreinte du carrefour sensitif, en raison de la condensation en ce point de toutes les fibres sensitives, peut donner lieu à l' hémianesthésie du côté opposé du corps, et à des phénomènes concomitants d'anosmie et à'amblyopie. Si l'on se rappelle qu'à son passage à travers le bulbe et la protubérance, le faisceau sensitif se grossit des fibres cérébrales des nerfs crâniens, y compris les fibres gustatives et auditives, on comprendra de même qu'une lésion localisée dans uti point correspondant du pédoncule, puisse produire une hémianesthésie complète et croisée dans laquelle l'ouïe et le goût pourront être compris, tandis que la vue et l'odorat resteront intacts, puisque les origines olfactives et optiques sont plus élevées.

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Le cervelet à son tour est uni à la moelle et au cerveau. Par ses trois pédoncules il est relié au bulbe, au mésocéphale et au cerveau. Les pédoncules cérébelleux supérieurs partent du corps denté intra-cérébelleux, s'entrecroisent au-devant des tubercules quadrijumeaux, pénètrent dans le noyau rouge de Stilling, contournent la partie postérieure de la couche optique, se redressent ensuite et vont se terminer dans un point encore inconnu de l'écorce. Une grande partie de leurs fibres se termineraient dans les régions autérieures du thalamus selon Forel. Les pédoncules cérébelleux inférieurs s'étendent de l'écorce du cervelet et des noyaux du toit d'un côté, à l'olive bulbaire du côté opposé, et par une partie de leurs fibres vont constituer le faisceau cérébelleux direct et le faisceau de Goll de la moelle épinière. Les pédoncules cérébelleux moyens partent de l'écorce du cervelet et vont former trois groupes de fibres, dont les premières se perdent dans les noyaux du pont de Varole, où elles se mettent en communication avec les fibres cérébro-médullaires centripètes et centrifuges (Pierret), dont les secondes remontent dans l'hémisphère cérébelleux du côté opposé et dont les dernières s'incurvent en haut pour suivre le pédoncule cérébral.

Le cervelet communique avec le cerveau par l'intermédiaire de trois neurones superposés : 1° un neurone cortico-thalamique ; 2° un neurone thalamo-rubrique ; 3° un neurone rubro-cérébelleux (Cramer, Mœli, Henschen, Monakow, Mingazzini, Déjerine). Les lésions d'un hémisphère du cerveau chez l'enfant s'accompagnent à la longue d'une atrophie croisée du cervelet.

Résumé des Voies Motrices et Sensitives. On peut ainsi résumer les voies sensitives.

1° Il y a une Voie sensitive directe dans le cordon postérieur de la moelle, composée de :

a) fibre sensitive périphérique, b) cellule du ganglion spinal, c) fibre radiculaire postérieure, d) libre médullaire ascendante longue, e) terminaison autour des cellules des noyaux de Goll et de Burdach du bulbe (neurone sensitif périphérique). Cette voie est continuée au-delà par :

a) fibres des cellules des noyaux de Goll et de Burdach, b) entrecroisement des rubans de Reil, c) carrefour sensitif, d) écorce cérébrale (neurone sensitif central). Cette voie doit servir à conduire de la périphérie au cerveau les impressions tactiles et musculaires.

2° Une Voie sensitive indirecte par l'intermédiaire des faisceaux fondamentaux antérieur et latéral et le faisceau de Gowers (Edinger). Elle est constituée par le neurone sensjtif périphérique à branche médullaire ascendante ou descendante courte se terminant par ses collatérales et son rameau principal autour des cellules des cordons, et au-delà par :

a) le neurone sensitif central composé des fibres ascendantes des cellules des cordons, se croisant dans la commissure blanche de la moelle et se terminant autour des noyaux du champ réticulaire de la moelle allongée et de l'isthme de l'encéphale (nucleus magnocellularis diffusus de Kolliker) ; b) les fibres émanées des cellules de ces derniers noyaux qui se joignent au ruban de Reil dont elles

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suivent Je trajet pour gagner l'écorce cérébrale. Cette voie conduit probablement les impressions thermiques et douloureuses de la périphérie.

Fig. 282. — Sihènie des communications entre les neurones sensitifs et les neurones moteurs (mécanisme des réflexes)

M, moelle ; B, bulbe rachidien ; a, corne ventrale ; p, corne dorsale ; A, cordon antéro latéral ; P, cordon postérieur; i, surface sensible (téguments) ; 2, nerf sensitif; 3, racine sensitive; 4, ganglion rachidien; 5, neurone sensitif; 6, neurone moteur périphérique ; 7, nerf moteur ; 8. neurone moteur central (cérébromédullaire) ; 9, neurone sensitif central (médullo-encéphalique) ; 10, cellule motrice corticale ; 12, neurone cortical de communication; 13, cortex cérébral; E, entrecroisement des pyramides motrices; E', entrecroisement des cordons sensitifs.

Quant à la Voie sensitive des nerfs crâniens, elle est absolument analogue à celle des nerfs rachidiens. La fibre sensitive du nerf crânien prend son origine dans une cellule du ganglion annexé à ce nerf et situé en dehors du névrare, comme la libre du nerf rachidien sensitif prend son origine dans la cellule du

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ganglion rachidien placé en dehors de la moelle épinière. Elle pénètre dans la moelle allongée, l'isthme de lencéphale et le cerveau en s'y divisant comme les

'doreuse mp de couche optique

Neurone thaltmo-cortiul sensitif 3S neurone

JVeurone moteur COPtico-méduJ lâjr?

Théorie du faîsce&u direct î Théorie de la voie indirecte.

Fibres céréùeJ/o~cérél>ra/e

Neurone de Burd&ch ou bulbo-tAeJamiyue 2f neuroie sentît»!*

jCo//sféraJes du neurone périphérique

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Neurone sensitif périphérique

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P ta.u

V\g. 283. — Neurones sensitifs et moteurs périphériques. — Neurone sensitif'central.

racines postérieures dans la moelle, en une branche ascendante et en une branche descendanle, lesquelles à leur tour se résolvent en collatérales et en ramilles terminales qui vont entourer de leurs ramifications les cellules des noyaux dits sensitifs des nerfs crâniens, noyaux terminaux. Les cellules de ces noyaux jouent

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le rôle des cellules de cordon de la moelle et des noyaux de Goll et de Burdacb. Elles émettent : a) des fibres longues ascendantes qui. après s'être entrecroisées dans le raphé, conduisent sans interruption les impressions périphériques à l'écorce cérébrale; b) des libres courtes qui, après un trajet peu étendu se terminent autour de différentes cellules de la substance grise de la moelle allongée et de l'isthme de l'encéphale pour servir principalement aux mouvements réflexes.

Ainsi, les fibres centrales des cellules du ganglion de Gasser (V paire) se bifurquent en une branche ascendante et en une branche descendante. Les branches descendantes constituent ce que l'on appelle la racine descendante ou bulbaire du trijumeau. Ces fibres se terminent par des arborisations autour du noyau dit sensitif du trijumeau, et plus bas dans les cornes postérieures de la moelle des environs de la 1™ paire cervicale. Du noyau sensitif part :

a) une fibre ascendante longue, qui, après croisement dans le raphé, gagne le ruban de Reil pour monter au cerveau avec lui ; b) une libre courte qui va se ramifier autour des noyaux moteurs des nerfs trijumeau, facial, hypoglosse, et sans doute aussi autour des noyaux moteurs des nerfs glosso-pharyngien et pneumogastrique, pour servir aux mouvements réflexes, comme dans le cas, par exemple, où l'on détermine le trismus en irritant la portion sensitive du trijumeau.

Pareillement, les fibres centrales des ganglions d'Andersch (IXe paire) et jugulaire (Xe paire) se bifurquent en branche ascendanteet en branche descendante. Le groupe des branches descendantes forme le faisceau solitaire qu'on peut suivre jusqu'à la partie inférieure de la moelle cervicale. Ces branches envoient leurs ramifications autour des cellules des noyaux dits sensitifs du nerf glossopharyngien et du nerf vague, et plus bas dans la substance grise des cornes de la moelle. Les cellules des noyaux dits sensitifs émettent des cylindres-axes ascendants longs qui, après croisement dans le raphé, se mêlent aussi au ruban de Reil médian pour monter au cerveau, et des cylindres-axes courts qui vont se terminer en bouquet autour des cellules du noyau de l'hypoglosse pour servir aux mouvements réflexes.

Les fibres du nerf optique ont leur origine dans les cellules bipolaires de la rétine, et après avoir subi une décussation partielle dans le chiasma optique, suivent la bandelette optique, et la se divisent en deux groupes : a) les unes gagnent directement l'écorce occipitale (fibres directes, cylindres-axes longs) après avoir traversé le carrefour sensitif ; b) les autres se terminent dans les centres optiques inférieurs, c'est-à-dire le corps genouillé externe, le pulvinar et le tubercule quadrijumeau antérieur (fibres indirectes, cylindres-axes courts), d'où partent alors des fibres qui gagnent l'écorce occipitale (neurone central ou du 2° ordre). — Des cellules du tubercule quadrijumeau antérieur qui sont entourées par les arborisations des fibres optiques courtes, partent des cylindres-axes qui vont aux noyaux des muscles de l'œil (réflexes oculaires associés). Les fibres du nerf olfactif prennent également leur origine dans les cellules bipolaires olfactives de la muqueuses nasale ; elles se terminent autour des glomérules du bulbe olfactif qui jouent le rôle de cellules de cordon (neurone périphérique). Ces cellules émettent alors des fibres qui suivent la bandelette olfactive, s'entrecroisent en partie dans la commissure blanche antérieure du cerveau et vont finalement se terminer dans l'écorce de la circonvolution de l'hippocampe (neurone central).

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Fig. 284. — Voies motrices (vue latérale)

M, M', moelle ; B, bulbe ; P, pont de Varole ; Q, Q\ tubercules quadri jumeaux ; S, S', S'', scissure de Sylvius ; R, R, scissure de Rolando; Pa, scissure pariélo-occipitale ; p, pédoncule cérébral; m, m, agents du mouvement (muscles) : p, p, surface sensible (téguments) ; 1, 1, neurone moteur périphérique ; 2, 2, 3, 3, neurone sensitif périphérique ; G, G, ganglion rachidien ; 5, 5, 6, neurone moteur central ; p, faisceau moteur croisé contenant les neurones moteurs cérébro-bulbaires et cérébro-médullaires ; ce, faisceau cérébelleux ; Ep entrecroisement des pyramides ; fl, faisceau longitudinal postérieur-; IV, 4e ventricule ; 111, noyau bulbaire de l'oculo-moteur ; IV, noyau bulbaire du pathétique ; V, noyau moteur bulbaire du trijumeau ; VI, noyau bulbaire de l'oculo-moteur externe ; VII, noyau bulbaire du facial ; IX, X, noyaux moteurs bulbaires du glosso-pharyngien et du pneumogastrique ; XII, noyau bulbaire du grand hypoglosse.

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Fig. 285. — Voies motrices, faisceau cérébro-médullaire moteur (vue de fare).

M, moelle ; B, bulbe rachidien ; R, R', raphé ; P', pont de Varole ; I, capsule interne ; R, couronne rayonnante ; CO, substance blanche de l'hémisphère ; LF, lobe frontal ; LP, lobe pariétal ; I/T, lobe temporal ; In, lobe de l'insula ; ne, noyau caudé ; «/, noyau lenticulaire ; at\ avant-mur; Q, queue du noyau caudé; tht couche optique ; A, aqueduc de Sylvius ; G, C, cervelet ; Ra, Ra, racine antérieure : m, muscle ; ri, nei'f moteur; p, faisceau pyramidal direct; p',p\ faisceau pyramidal croisé; P, pédoncule cérébral ronlenant les neurones cérébro-bulbaires et cérébro-médullaires; E, entrecroisement des pyramides ; III, noyau bulbaire de l'oculo-moteur commun; IV, noyau du pathétique; V, noyau moteur bulbaire du trijumeau; VI, noyau de l'oculo-moteur externe ; VII, noyau du facial ; IX, X, XI, noyaux moteurs des nerfs glossopharyngien, pneumogastrique et spinal ; XII, noyau de l'hypoglosse.

Les libres du nerf vestibulaire ont leur orjgine dans les cellules du ganglion deScarpa; elles gagnent les cellules du noyau acoustique principal et du noyau de Deiters autour desquelles elles se ramifient (neurone périphérique). Des cellules de ces noyaux partent alors des cylindres-axes qui, après entrecroisement dans le raphé, montent vers l'écorce cérébrale en suivant le ruban de Reil (comme les autres nerfs sensitifs). Une partie des fibres émanées du noyau de Deiters se met en relation avec le noyau du toit de l'émisphère controlatéral du cervelet.

Le nerf cochlèaire prend son origine dans les cellules du ganglion de Corti. Ses fibres se terminent autour de celles du noyau acoustique dit accessoire et du tubercule acoustique (neurones périphériques). Les fibres émanées des cellules du tubercule acoustique constituent les stries acoustiques, celles qui proviennent du noyau accessoire forment les fibres du corps trapézoïde. Les stries acoustiques vont : a) les unes à l'olive du même côté, puis s'infléchissent pour monter vers le cerveau par la voie du ruban de Reil latéral du même côté; b) les autres se croisent dans le raphé, vont à l'olive du côté opposé, et se coudent de là pour monter dans le ruban de Reil latéral.

Les fibres du corps trapézoïde se portent vers la ligne médiane et là se divisent en deux groupes : a) l'un va au ruban de Reil latéral du même côté ; b) l'autre groupe entre en rapport avec l'olive, puis gagne le raphé qu'il croise pour atteindre l'olive du côté opposé avec laquelle il entre en relation, et finalement monte dans le ruban de Reil latéral du côté opposé. Le ruban de Reil latéral est donc la voie acoustique centrale, et le corps trapézoïde constitue une sorte de décussation partielle des fibres acoustiques. Le ruban de Reil central est, au contraire, la voie centrale des nerfs sensitifs spinaux et des portions sensitives des nerfs trijumeau et glosso-pharyngien. Les fibres internes du ruban de Reil latéral se terminent autour des cellules des tubercules quadrijumeaux où elles entrent en relation avec les fibres des muscles de l'œil et les ramilles des fibres optiques et servent à divers réflexes (Exemple : mouvements des yeux par suite d'excitations visuelles ou auditives); certaines fibres venant du corps trapézoïde envoient des collatérales au noyau du nerf facial, ce qui permet d'expliquer d'autres réflexes (Exemple : mouvements de la mimique, redressement des oreilles par suite d'excitations auditives). Enfin, par les collatérales qui se perdent dans la substance grise réticulaire, les excitations auditives peuvent encore agir sur les mouvements respiratoires et les nerfs vasomoteurs.

Les fibres externes du ruban de Reil latéral, renforcées par celles qui viennent du tubercule quadrijumeau postérieur (centre acoustique inférieur) vont à travers le carrefour sensitif se rendre à l'écorce du lobe temporal du cerveau.

Les Voies motrices sont les suivantes : a) Les impuisions motrices volontaires prennent naissance dans les cellules pyramidales des centres corticaux moteurs du cerveau ; les fibres de ces cellules se terminent en arborisations autour : 1° des noyaux moteurs des nerfs crâniens dans le tronc cérébral; 2° plus bas autour des cellules motrices des cornes antérieures de la moelle épinière (neurones moteurs centraux). — b) Les impulsions motrices réflexes ou inconscientes prennent naissance dans les cellules radiculaires des cornes antérieures de la moelle ou cornes motrices ; les fibres de ces cellules se terminent à la périphérie dans la plaque motrice des muscles (neurones moteurs périphériques). — c) Les

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Fig. 286. — Voies sensitives (Vue latérale)

MM, moelle épinière ; CA, corne antérieure; CP, corne postérieure ; S, S, scissure de Sylvius ; R, R, scissure de Rolando ; o, scissure occipito-pariétale ; H, nerf optique ; V, nerf trijumeau ; VIII , nerf auditif (nv, nerf vestibulaire; ?ic, nerf cochléaire) ; IX, glossopharyngien; X, pneumogastrique; 1, surface sensible (organe sensitif); 2,2, nerfs sensitifs ; 3, 3, ganglions rachidiens ; 4, neurone sensitif périphérique (voie courte :

paire 13, fibres se rendant aux tubercules quadrijumeaux postérieurs

voie réflexe simple ou médullaire) ; 5, voie longue; 5', noyaux de Burdach et de Goll ; 6, 6, nerfs moteurs médullaires (racines ventrales des nerfs rachidiens) ; 7, neurones moteurs courts (voies anaslomotiques longitudinales du cordon antérieur) ; 8, faisceau latéral profond ou sensitif; 8', faisceau de Burdach ; 8", libres cérébelleuses de la V', de la XI° et Xa paires des nerfs crâniens; 9, faisceau cérébelleux ; 10, faisceau sensitif; 11, libres bijumelles (acoustiques) de la VHI« paire ; 12, faisceau cérébral acoustiques de la VIIIe 14, 14, libres sensitives ; 15, 18,

15, libres cérébelleuses ; 16, tubercules jumeaux postérieurs ; 17, tubercules jumeaux antérieurs (visuels' corps genouillé externe (visuel) ; 19, radiations optiques de Gratiolct (libres optiques cérébrales).

Debierrb. — 25.

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voies motrices centrales suivent les faisceaux pyramidaux. Ceux-ci partent des régions dites psycho-motrices du cerveau, descendent dans les faisceauxpédiculofrontal et pédiculo pariétal du centreovale, traversent la capsule interne dans le tiers moyen de son segment postérieur ou lenticulo optique, suivent la partie moyenne du pied du pédoncule cérébral et traversent les parties antérieures ou ventrales du Pont de Varole et de la moelle allongée, où ils constituent deux faisceaux compacts, les pyramides du bulbe, visibles à l'extérieur. Arrivés au collet du bulbe, c'est à-dire au niveau des 2 premières paires des nerfs cervicaux, les libres pyramidales qui jusque là avaient suivi un trajet sans croisement, subissent une décussation partielle (décussalion des pyramides) dans une étendue d'environ 6 à 7 millimètres. La plus grande partie des fibres motrices passent de l'autre côté de la moelle où elles constituent le faisceau pyramidal tatéral; une partie beaucoup plus petite des libres motrices reste du même côté du corps et prend dans la moelle le nom de faisceau pyramidal antérieur. Les fibres du faisceau pyramidal latéral donnent alors des collatérales qui s'en détachent successivement à angle droit, pénètrent ensuite dans la substance grise de la moelle et vont se terminer en arborisations autour des cellules de la corne antérieure. La fibre descendante ou principale finit elle-même par s'infléchir à angle droit et se termine de la même façon que ses collatérales dans la corne ventrale de la moelle. Les fibres du faisceau pyramidal antérieur se croisent dans la commissure antérieure de la moelle et donnent de même des collatérales durant leur trajet, et collatérales et branche principale descendante se terminent à la façon des collatérales et branche principale de la fibre du faisceau pyramidal latéral. La voie motrice centrale ou corticale est donc croisée. Au contraire, la voie motrice périphérique est latérale et directe.

Quant aux voies motrices des nerfs crâniens, elles comprennent les 6 nerfs exclusivement moteurs, oculo-moteur commun, pathétique, oculo-moteur externe, facial, spinal et hypoglosse, et les portions motrices des 3 nerfs mixtes, le trijumeau, le glosso-pharyngien et le pneumogastrique.

Les voies motrices de tous ces nerfs se décomposent, tout comme celle des nerfs rachidiens, en une voie centrale (neurone cortico-bulbaire) et en une voie périphérique (neurone bulbo-périphérique). La voie centrale naît dans les grandes cellules pyramidales du tiers inférieur des circonvolutions rolandiques et traverse la capsule interne au niveau de son genou (faisceau géniculé); de là les fibres descendent dans le pied du pédoncule cérébral où elles occupent le côté interne du faisceau pyramidal (faisceau géniculé), puis se croisent et atteignent bientôt les noyaux moteurs des nerfs bulbo-protubérantiels et du pourtour de l'aqueduc de Sylvius.

Quant à la voie périphérique de ces nerfs, elle doit aussi être croisée, puisque les nerfs crâniens moteurs ont une fonction bilatérale (mastication, mouvements des yeux, mouvements de la face, réactions pupillaires, etc ), mais que chaque nerf crânien reçoit à la fois ses libres du noyau du même côté et du noyau controlatéral, n'est encore démontré anatomiquement que pour quelques-uns d'entre eux (oculo moteur commun, nerf masticateur, hypoglosse).

Les libres du neurone cortical se terminent en arborisations autour des cellules du neurone périphérique (cellules des noyaux moteurs bulbo-protubérantiels des nerfs crâniens). Mais les dendriles des cellules des noyaux bulboprotubéranliels des nerfs crâniens ne sont pas seulement en relation avec les

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ramilles terminales du cylindre axe du neurone cortical. Ainsi, les cellules du noyau de l'oculo-moteur commun, celles du noyau du pathétique et celles du noyau du moteur oculaire externe, sont en rapport avec les fibres sensitives

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des cordons de la moelle et avec les fibres optiques. Les cellules du noyau du facial sont en relation : a) avec les fibres sensitives des cordons spinaux, et b) avec les fibres sensibles du nerf trijumeau et du nerf cochléaire.

Les dendrites des cellules du noyau du spinal sont en rapport avec les fibres sensibles des cordons de la moelle, et celles du noyau de l'bypoglosse avec : a) les fibres sensibles des cordons spinaux, et b) les fibres des portions sensitives des nerfs glosso-pharyngien et vague.

Les cellules du noyau de la portion motrice du trijumeau entrent en relation avec : a) les fibres sensibles des cordons spinaux (ce qui explique le trismus, par exemple, à la suite d'irritation périphérique), et b) les fibres sensibles du trijumeau. Les cellules du noyau ambigu (noyau moteur bulbaire des nerfs IX et X) sont enfin en rapport avec les fibres sensitives des cordons de la moelle et les fibres sensibles du trijumeau. Toutes ces relations rendent compte des mouvements réflexes qui, à la suite d'une excitalion des nerfs spinaux, par exemple, se propagent dans la sphère des nerfs crâniens moteurs. La voie motrice centrale est donc croisée, la voie motrice périphérique directe. Cette loi comporte certaines restrictions. Ainsi, dans la voie périphérique le nerf pathétique est complètement croisé, et d'autres nerfs crâniens sont partiellement croisés (nerf oculo-moteur commun, masticateur, facial (?), hypoglosse). D'autre part, un certain nombre de muscles ont une innervation bilatérale (muscles de la langue, du larynx, des yeux, de la face, muscles masticateurs, muscles locomoteurs). La source principale vient du même côté pour la voie périphérique, du côté opposé pour la voie centrale. C'est pour cette raison que dans l'hémiplégie d'origine corticale, les deux membres inférieurs sont frappés en même temps, très inégalement d'ailleurs.

Au fond, les trajets moteurs cortico-musculaires et cortico-médullaires sont croisés; les trajets spino musculaires sont directs. — Les nerfs moteurs crâniens viennent principalement du noyau du même côté, mais aussi un peu du noyau du côté opposé ; les fibres cortico-pyramidales sont entrecroisées dans le bulbe ; les fibres cérébrales des nerfs crâniens s'échappent du faisceau pyramidal dans les régions bulbo-protubérantielles et vont se rendre aux noyaux des nerfs du côté opposé, tandis que les racines motrices des nerfs spinaux viennent du même côté de la moelle. Les faisceaux pyramidaux diminuent insensiblement de volume en descendant le long de la moelle, parce que à chaque instant des fibres sortent de ces faisceaux pour se perdre dans la substance grise.

Le groupe des fibres centripètes ou sensitives, que ces fibres proviennent des étages médullaires ou des masses grises qui servent d'origine aux nerfs crâniens sensitifs (trijumeaux, acoustique, glosso-pharyngien, pneumogastrique) contiennent des fibres directes et des fibres croisées, et aussi des fibres courtes (voie réflexe simple) et des fibres longues ou cérébrales (voie réflexe consciente). Dans ces fibres on en trouve quelques-unes à trajet périphérique ou centrifuge (Ramon J. Cajal, Golgi, Van Gehuchten).

Tandis que le faisceau des neurones moteurs diminue de volume de haut en bas, le faisceau des neurones sensitifs augmente de bas en haut.

La fibre nerveuse sensitive peut être divisée en fibre périphérique dont l'origine est dans le ganglion cérébro-spinal, et en fibre centrale qui réunit les noyaux gris sensitifs de la moelle à l'écorce cérébrale.

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Fig. 288. — Schéme des trajets médullo-cerébraux et cérébro-bulbaires.

S, S, sillons médians de la moelle épinière; Se, faisceau sensitif; Mo, faisceau moteur croisé ; m, faisceau moteur direct; B, bulbe rachidien ; R, raphé médian du bulbe; Py, pyramide antérieure ; ol, olive; P, protubérance annulaire ; e, entrecroisement des faisceaux moteurs ; e, entrecroisement des faisceaux sensitifs ; E, espace interpédonculaire ; III, ventricule moyen ; T, trigone ; ca, corps calleux ; c, lète du noyau caudé etc', sa queue ; op, couche optique ; l. noyau lenticulaire ; b, commissure blanche antérieure ; co, bandelette optique :

A, corne d'Ammon ; oc, corne occipitale du ventricule; ce, ce, substance blanche de l'hémisphère ; G, G', G", écorce grise ; >\ noyau rouge, rn, locus niger; F, noyau bulbaire du facial; m, noyau masticateur du trijumeau ; V, V, une fibre périphérique du trijumeau moteur; F', une fibre périphérique du facial; F", fibre cérébrale du facial , m', fibre cérébrale du trijumeau ; S et M, faisceau sensitif et moteur cérébro-médullaire dans la capsule interne; I, faisceau pyramidal direct ; 2, faisceau restaïit du cordon antérieur ; 3, faisceau de Gowers ; 4, faisceau cérébelleux direct; 5, faisceau pyramidal croisé; 6, faisceau latéral profond; 7, faisceau intermédiaire; 8, faisceau de Goll; 9, faisceau de Burdach ; 10, zone radiculairc; il, faisceau semi-ovoïde; 12, faisceau en virgule; 13, faisceau marginal; 14, 15, laisceau de Lissauer; 16, substance gélatineuse ; 17, racines dorsales; 18, racines ventrales; 19, ganglion rachidien ; 20, nerf mixte rachidien.

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La fibre centrale courte relie entre eux les différents étages de la moelle et subit un trajet en partie croisé (passage par la commissure blanche) ; la fibre centrale longue relie les étages de la moelle à l'écorce du cerveau et son trajet est croisé dans le bulbe, que cette fibre fasse partie d'un neurone des cordons de la moelle ou d'un neurone des nerfs crâniens sensitifs. Au contraire la fibre périphérique est directe.

Les neurones sensitifs corticaux se rendraient non seulement aux lobes pariétal, occipital et temporal, mais aussi à l'écorce de la zone motrice.

En résumé, le névraxe est constitué tout entier par des systèmes de neurones superposés ; les neurones sensitifs ou sensoriels viennent des ganglions cérébro-spinaux (racines sensitives des nerfs rachidiens et crâniens) ; les neurones moteurs ont leur origine dans les noyaux des cornes antérieures de la moelle, de l'écorce cérébrale et peut-être celle du cervelet, les noyaux moteurs du tronc cérébral.

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