‹ Le cerveau et la moelle épinièreChapitre 48 sur 60 · IS · texte numérisé non relu

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Fig. 319. — Rapports des ganglions centraux du cerveau avec l'écorce cérébrale et la paroi crânienne

(d'après Binel et Ch. Féré).

Gl. ligne opisthio-lambdatique; AA, plan alvéolo-condylien ; KE, RH. plans qui limitent en avant et en arrière les ganglions centraux; NM, plan qui les limite en haut.

tiplier par 53 et de la diviser par 100 pour trouver le chifîre qui exprime la distance OR et marquer le point R sur la tête.

Pareillement, l'entrée de la scissure de Sylvius, S, est facile à trouver si l'on sait que la distance OS est les 31/100« de OSI. Il suffit donc, étant donné la distance en longueur de OSI, de la multiplier par 31 et de la diviser par 100 pour être en mesure de marquer sur la tête le point S qui correspond à l'endroit où l'entrée de la scissure de Sylvius coupe l'équateur OSI.

On trouve l'extrémité postérieure de la scissure de Sylvius (V) et le trajet de cette scissure (SV) en prolongeant géométriquement la scissure jusqu'au méridien crânien ORI ; ce prolongement aboutit au 79/100" de ORI. On multiplie ORI par 79 et on divise par 100, et l'on obtient un point S'. — Étant donné la longueur SS', il suffît d'en prendre les 58/100" pour trouver le point V (multiplier SS' par 58 et diviser ce nombre par 100). Maintenant, pour trouver l'ex-

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trémité inférieure de la scissure de Rolando R, on suppose que !a ligne RR' est prolongée jusqu'à l'équateur OSI, jusqu'en un point qu'on appellera S". Ce point, on le trouve en sachant que OR" équivaut au 42/100e de OSI. Pour le déterminer, on multiplie OSI par 42 et on divise par 100. Or, étant donné la longueur de RR', il suffît d'en prendre les 66/100e pour trouver R', c'est-à-dire l'extrémité inférieure de la scissure de Rolando. Pour marquer ce point sur la tête, il suffît de multiplier RR" par 66 et de diviser par 100. (Voy. E. Masse et 3. Woolonghan, Nouv. essais de topographie crânio- encéphalique, 1894). Clado mène une ligne qui, du point rolando-sagittal (située à moitié plus un travers de doigt de la longueur naso-iniaque) passe par l'angle zygomato- malaire. Dans son tiers supérieur, plus un travers de doigt, cette ligne correspond à la scissure de Rolando ; l'union de ses 2/3 supérieurs avec son 1/3 inférieur répond juste à l'insula (carrefour sylvien), En joignant le nasion au carrefour sylvien et prolongeant la ligne au-delà, on obtient une ligne naso-lambdoïdienne qui répond dans presque toute sa moitié antérieure à la scissure de Sylvius (ligne sylvienne). Une ligne tirée de la partie postérieure de la base de l'apophyse mastoïde au carrefour sylvien et prolongée au-delà, coupe le lobule de Broca (ligne rétro-mastoïdienne oblique). Enfin, une ligne allant du point rétro-mastoïdien au point rolando-sagittal (ligne rétro-mastoïdienne verticale) coupe le lobule du pli courbe au-dessus de la ligne naso-lambdoïdienne (Clado, T Congrès français de Chirurgie, p. 740).

Je dois dire, encore et justement, parce que Clado ne cite ni Le Fort ni moi dans son travail, que ses tracés sont en grande partie la reproduction de ceux que nous avons donnés.

A. Chipault opère à son tour de la façon suivante :

« Nous commençons par tracer, écrit-il, la ligne naso-iniaque et par marquer les points « sagittaux » correspondant à ses 45 centièmes (point prérolandique), à ses 55 centièmes (point rolandique), à ses 70 centièmes (point lambdoïdien ou point sylvien), à ses 80 centièmes (point lambdoïdien), à ses 95 centièmes (point sus-iniaque). Le chifïre correspondant dans un cas donné à ces points est absolument simple à trouver : il suffit de multiplier la longueur naso-iniaque, trouvée par le chiffre correspondant au point cherché, 55 s'il s'agit du point rolandique, 70 s'il s'agit du point sus-lambdoïdien, etc., et de considérer les deux derniers chiffres du total comme des décimales. Soit, par exemple, 30 comme distance naso-iniaque trouvée sur un sujet. La distance du nasion au point rolandique sera, chez lui, 30 X 55 = 16,50.

« Les points sagittaux fixés, du bord supérieur du tubercule rétro-orbitaire, qui va être le centre de notre construction, nous menons des lignes divergentes allant aboutir sur la ligne sagittale, la première au point sus-lambdoïdien, la deuxième au point lambdoïdien, la troisième au point sus-iniaque. »

Ces lignes répondent, la première à la scissure de Sylvius, ligne sylvienne ; la seconde au sillon parallèle, ligne parallèle ; la troisième coupe en diagonale le lobe temporal en avant et répond en arrière au sinus latéral, ligne temporosinusale.

Sur la ligne sylvienne, on élève à la jonction du 2e et du 3" dixièmes de cette ligne une ligne qui va aboutir au point sagittal prérolandique et suit le sillon précentral, ligne prérolandique; à la jonction des 3e et 46 dixièmes, on élève une nouvelle ligne qui va aboutir en haut au point rolandique et suit la

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scissure de Rolando, ligne rolandique. En divisant enfin ces lignes parallèles en dixièmes, on arrive à trouver telle circonvolution que l'on désire (voy. Chipault, Chirurgie opératoire du système nerveux, t. I, Paris, 1894).

Fig. 320. — Relations qu'affectent les artères temporale superficielle et méningée moyenne, avec les parois du crâne et la surface du cerveau.

S, S, scissure de Sylvius ; R, R, scissure de Rolando; Fa, circonvolution frontale ascendante; Pa, circonvolution pariétale ascendante ; F1, F2, F3, les trois frontales; T1 et T2,les deux premières temporales; Po, scissure perpendiculaire externe; I, I, sillon interpariétal; PS, circonvolution pariétale supérieure; Pi, lobule du pli courbe ; Pc, pli courbe ; T, T, ligne courbe pariétale inférieure, et T', ligne courbe pariétale supérieure; a;, stéphanion ; TS, artère temporale superficielle; 0, 0, artère occipitale ; a, artère auriculaire postérieure ; Mai, artère maxillaire interne; M, artère méningée moyenne (en pointillé pour indiquer qu'elle occupe l'intérieur du crâne), avec ses branches antérieure (ME) et postérieure (MEP).

Récemment, Michèle Titone, dans des travaux entrepris à l'Institut anatomique de Palerme (Directeur : Prof. F. Randacio), indiquait les points de repères suivants pour découvrir la scissure de Rolando : 1° l'extrémité supérieure est à 25 millimètres en arrière du point médian de la courbe glabello-sagitto-iniaque ; 2° l'extrémité inférieure à l'extrémité d'une perpendiculaire de 3 centimètres de hauteur élevée à 2 centimètres en avant du point médian de la courbe glabello-

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temporo-iniaque (Contributo alla topografica cranio-rolandica, Palermo, 1895) ; Trolard (Joum. de l'Anal., 1894) a fourni un excellent travail sur la topographie crânio-encéphalique delà base de l'encéphale, jusqu'ici restée inaccessible au chirurgien.

Les variations de la cranio-topographie suivant les sujets adultes ne dépassent guère 10 à 15 millimètres. — Mais il n'en est pas de même des modifications qu'elle subit chez l'enfant. Les recherches à ce sujet de De la Foulhouse (1876), de Féré (1879), de Symington (1887), de Poirier (1890) et de Dana (1891) sont un peu contradictoires, mais comme les différences sont du ressort du développement du crâne et non pas dans „ les relations respectives des lobes du cerveau, il s'ensuit dès lors que les procédés basés sur des chiffres exprimant les rapports respectifs entre l'encéphale et sa boite osseuse seront aussi bien applicables à l'enfant qu'à l'adulte. Or, c'est le caractère du procédé que nous avons exposé.

Dans toutes ces circonstances, on évitera le sinus longitudinal supérieur en trépanant à 15 ou 20 millimètres de la ligne sagittale ; le sinus latéral étant placé sur le trajet de la ligne naso-iniaque, au niveau de son tiers postérieur, on l'évitera dans la trépanation cérébelleuse, en ouvrant à 12 ou 15 millimètres au-dessous de cette ligne. *— Dans la trépanation de la ligne rolandique, on évite la branche antérieure de l'artère méningée moyenne et le sinus sphéno-pariétal de Breschet, car on passe en arrière, l'artère longeant sensiblement la suture sphéno-temporale, puis traversant la ptère et montant ensuite le long de la suture coronale (ME, fig. 319).

Voy. R. L. Le Fort, La Topographie cranio-cérébrale (Thèse de Lille, 1891). — P. Poirier, Topographie cranio-encéphalique (Paris, 1891). — L. Stieda, Ueber cranio-cérébrale topographie (Biologischen Centra lblatt, 1893). — E. Masse et Woolonghan, Nouveaux essais de topographie cranio-encéphalique (1894). — Warnots et Laurent, Les localisations cérébrales et la topographie cranio-encéphalique (Bruxelles, 1893).

Guidé par l'appareil symptomatique propre à chaque localisation cérébrale, le chirurgien, avec le procédé simple et facile à appliquer par tout le monde que nous venons de décrire, pourra souvent intervenir d'une façon utile dans nombre de cas de lésions du cerveau (corps étrangers, abcès, épilepsie traumatique, etc.) Si nous ne lui avons pas dit quand il faut ouvrir le crâne, nous lui avons au moins dit comment il faut le faire, lorsque son « flair chirurgical » a jugé que l'intervention était devenue nécessaire (1).

Chez le nouveau-né la vie est presque purement réflexe. Elle reste spinale et dans le domaine de l'Inconscient, et se traduit par la transformation pure et simple des excitations sensitives externes ou internes en mouvements réflexes. L'éducation de l'enfant consiste

(1) Dans des cas d'hémorrhagies, de kystes, d'abcès, d'hydrocéphalie, etc., la craniectomie en permettant d'évacuer le liquide, a pu donner des succès et guérir différentes paralysies, et l'on sait que l'épilepsie jacksonnienne ou traumatique a été souventes fois améliorée ou radicalement guérie par la trépanation et enlèvement de «l'épine » qui irritait l'écorce du cerveau. Prunier en 1895 en rapportait 10 observations recueillies dans le service de Pollosson, à Lyon, dontdeux avec plein succès. (Prunier, De la trépanation dans l'épilepsie jacksonnienne, Thèse de Lyon, 1895).

Le même mode de traitement a été proposé par Lannelongue pour remédier à l'idiotie, considérée comme une conséquence de la microcéphalie (Académie de Médecine 1889, p 407, et Congrès français de Chirurgie. 31 mars 1891. p. 73). Mais Bourneville (Progrès Médical, 24 juin 1893, p. 465) a tenté récemment de démontrer que l'idiotie, n'ayant point pour cause ordinaire la synostose prématurée des sutures du crâne, la craniectomien'a que bien peu de chance de modifier l'idiotie. (Sur la craniectomie dans l'idiotie et la microcéphalie, voy. Ceresote. Thèse de Lausanne, 1894, et Terrier, Gaz. hebdomadaire de Médecine et Chirurgie, 11 mai 1895).

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pendant longtemps à supprimer ou à restreindre le plus grand nombre de ces mouvements. Quelques-uns persisteront sans jamais arriver à la conscience, tel le rétrécissement de la pupille sous l'action de la lumière. Ils persistent chez l'animil décérébré. La volonté n'a pas de prise sur eux. D'autres mouvements qui, de règle échappent à la volonté, peuvent cependant devenir volontaires sous l'influence de l'attention, tel le clignement des paupières, la respiration, la marche. On progresse donc pour ainsi dire par échelons, du mouvement réflexe involonlaire au mouvement réflexe volontaire.

L'acte volontaire est relié à l'acte réflexe par une chaîne ininterrompue. La conscience d'une image motrice, ou l'idée d'un mouvement, et le mouvemement lui-même, ne sont que des degrés d'intensité différents d'une même action nerveuse. La projection ou l'arrêt du mouvement, c'est-à-dire le mouvement, dépend uniquement de ce degré d'excitation d'un groupe ou de groupes, souvent antagonistes de représentations. Le résultat pourrait être prédit à coup sûr pour qui saurait saisir tous les termes du problème, car il s'agit là de purs mécanismes.

Nous pensons à l'aide de notre langage intérieur, c'est-à-dire par l'évocation des mots représentatifs d'images auditives, visuelles, qui, à leur tour éveillent les mouvements nécessaires pour prononcer les mots (images motrices). Il n'y a pas de centres moteurs corticaux, mais des images motrices.

Dans la pensée ordinaire, la perception occupe la place prépondérante; dans la réfléxion, au contraire, l'esprit ne vit que de souvenirs, c'est-à-dire par des rapports qui se succèdent dans la conscience et s'expriment par des mots et des phrases. Dans la réflexion intense, dans la méditation profonde, la parole intérieure (nous entendons notre pensée) peut arriver à devenir extérieure sans que le sujet s'en aperçoive.

L'écorce cérébrale est le lieu des points mis en vibration par les mouvements de la matière pondérable ou impondérable. Ces points peuvent être assimilés à des diapasons qui s'adaptent peu à peu et s'agitent suivant une modalité spécifique correspondant à la spécificité du mouvement qui les a mis en branle. La fonction crée l'organe. Une fois acquise, l'adaptation est devenue définitive, et le mouvement acquis sera d'autant plus parfait que l'adaptation aura été plus complète. L'adaptation se perfectionne à ce point que l'oreille parvient à recueillir des mouvements sonores qui ne la frappent que durant un cent trentième de seconde, et que l'oreille exercée du musicien saisit des différences d'un millième dans la hauteur tonale des sons musicaux.

L'énergie nerveuse se perd comme l'énergie électrique, par rayonnement et par échaufl'ement. La résistance aux passages dans les conducteurs, analogue au frottement, se traduit par l'élévation thermique appréciée dans les expériences de Mosso. L'amortissement du rayonnement est rendu sensible par les découvertes de Charpentier.

On devait s'attendre, dit Charpentier, à ce que la pensée, l'attention, l'effort mental, qui ne sont que des variétés spéciales du travail des organes nerveux, produisissent des radiations activant la phosphorescence d'un écran fluorescent. C'est ce qui a lieu, l'écran rend visible le mouvement à des observateurs étrangers, Le cerveau se charge de potentiel sous la « poussée » des impressio îs sensorielles. Leliedefï (de Moscou) a montré, pour la lumière, que cette poussée ou pression est directement proportionnelle à l'énergie de la lumière incidente.

Chimiquement, l'élément analomique du cerveau est formé d'un noyau de carbone, d'azote et d'hydrogène, uni au phosphore. La formule du protoplasma en traduit l'état et son étude biologique en montre l'avidité pour l'oxygène et le remarquable pouvoir réducteur. Le protoplasma se consume infiniment peu soi-même. Il brûle ses réserves pour produire le mouvement nerveux. Incessamment régénéré par l'assimilation, l'organite nerveux fait comme la machine industrielle : il ne se consume pas, mais brûle ses réserves comme la machine brûle son charbon. La persistance chimique du système répond à son équilibre mécanique.

Physiologiquement, le cerveau est un résonateur d'une complexité extrême. Avant toute espèce d'excitation sensorielle, les éléments de ce système, les neurones, ont une

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vibration propre, adéquate à leur propre vie. Sur cette vibration fondamentale viennent se superposer les vibrations innombrables produites par l'action de l'extérieur sur les surfaces sensorielles. Le système est divisé en compartiments, nous l'avons vu, où se cantonnent les mouvements sensoriels spécifiques. Mais ces compartiments ne sont point étanches. Ils se pénètrent plus ou moins l'un l'autre. On comprend dès lors la possibilité de la superposition des mouvements optiques sur les mouvements sonores, des mouvements tactiles sur les mouvements kynesthésiques ou thermiques.

L'équivalent psychique de la vibration cérébrale d'origine externe est la perception, celle de la vibration interne, la mémoire La première est la sensation de l'impression du moment, la seconde la représentation d'une impression évanouie. A la permanence de la composition histo-chimique de l'élément anatomique, on a rapporté la permanence de la personnalité. La conscience n'est, au fond, qu'un sentiment de différence, elle a lieu a chaque fois que l'équilibre cérébral est rompu par un mouvement d'ordre interne. La conscience, par rapport aux processus cérébraux qui aboutissent à la pensée, est comparable, ainsi qu'on l'a suggéré, à l'ombre qui suit le voyageur sur la route. Elle ne modifie pas davantage ces processus d'innervation centrale que l'ombre du voyageur ne modifie la cadence de ses pas.

La vieille philosophie était basée sur la conscience, oui, sur la conscience, qui ne nous dit même pas que nous avons un cerveau (Maudsley). Ou, tout état de conscience est le résultat d'une série d'actions et de réactions entre l'objet et le sujet. C'est une rupture d'éliquibre dans le circuit nerveux. Si la vibration nerveuse est pervertie, la conscience est entachée d'erreur. C'est ainsi que l'aliéné en appelle à sa conscience pour attester la vérité de ses hallucinations. Le monde tourne aux yeux de celui qui a le vertige. La conscience n'est qu'un témoin.

Les mouvements nerveux corrélatifs de ceux de l'extériorité sont nos seules sources de renseignements. Les idées générales, les idées abstraites, peuvent ne signifier quelque chose que si elles ont conservé leurs rapports tangentiels avec leurs éléments générateurs, c'est-à-dire avec les vibrations sensorielles. Le général n'est quelque chose que par le contenu concret qu'il revêt. Seules les idées particulières ont une réalité extérieure.

Le système nerveux de l'animal est un circuit. Le cerveau est installé au milieu de ce circuit. C'est à la rupture d'équilibre à ce niveau que nous devons les phénomènes de l'attention, de la conscience et du réflexe volontaire qui peut être aussi bien une inhibition, une abstention, qu'un mouvement effectif. A ce cerveau sensori-moteur le cerveau frontal sert d'accumulateur.

L'apport au cerveau se fait par l'ébranlement du neurone sensitif causé par les objets extérieurs. Cet ébranlement en imprime un adéquat dans les organes cérébraux dont le résultat est la perception.

Ainsi, comme le disait Descaries; lorsque nous voyons la lumière d'un flambeau ou que nous entendons le son d'une cloche, ce son et cette lumière sont deux diverses actions qui, par cela seul, qu'elles excitent deux divers mouvements en quelques-uns de nos nerfs et, par leur moyen, dans le cerveau, donnent à l'âme deux sentiments différents lesquels nous rapportons tellement aux objets que nous supposons être leurs causes que nous pensons voir le flambeau lui-même ou ouïr la cloche et non pas sentir seulement les mouvements qui viennent d'eux....

« Nous expérimentons en nous-mêmes que tout ce que nous sentons vient de quelque chose autre que de notre pensée ; car il n'est pas en notre pouvoir de faire que nous ayons un sentiment plutôt qu'un autre, mais cela dépend entièrement de cette chose... « L'origine de l'association des idées correspond aux changements matériels que souffre le cerveau consécutivement aux affections des sens. »

Voilà le mouvement centripète du circuit. Quant au mouvement centrifuge, par lequel le cerveau restitue au monde extérieur ce qu'il en a reçu, il se fait le long du neurone moteur. Lorsque, après que l'expérience nous l'eût appris, nous nous sommes tournés de façon à rencontrer des choses utiles et à éviter des choses nuisibles, la relation s'est faite.

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Les mouvements, fortuits, d'abord, se sont ensuite adaptés parce qu'utilitaires et favorables à la vie de l'individu.

Les centres reçoivent des modifications vibratoires spécifiques qui se traduisent par des impressions tactiles, visuelles, auditives, olfactives, .musculaires, de goût, de chaud, de froid, d'équilibre. C'est par l'action de ces vibrations spécifiques qu'ils se différencient. Celte différenciation est donc consécutive à la sélection utilitaire des vibrations du monde extérieur qui font les organes des sens conformément à leurs aptitudes, elles-mêmes acquises à travers les âges, les espèces et les milieux.

L'œil transmet à la rétine les vibrations transversales isochrones de la matière impondérable. La rétine n'est impressionnée que par des vibrations dont le nombre oscille entre 400 et 800 millions par seconde et dont la vitesse de propagation atteint environ 300 mille kilomètres dans la même unité de temps. Le temps nécessaire pour que survienne le maximum d'intensité sur la rétine est de 269 pour la lumière blanche et de 530 pour la lumière colorée.

L'oreille est un baromètre qui est sensible aux pressions de l'air s'exerçant sous forme de vibrations longitudinales isochrones et dyschrones oscillant entre 33 et 4500 par seconde.

Nos sensations sont le résultat constant des causes extérieures, à ce point que les causes prévues, la sensation survient fatalement et l'effet aussi. Un homme se heurle à un obstacle. 11 est arrêté (c'est là la preuve pour le dire en passant qu'il existe quelque chose en dehors de lui, c'est la preuve de la réalité du monde extérieur) dans sa course et éprouve de la douleur. Dans son cerveau une connexion de deux mouvements s'établit, répondant aux deux mouvements de l'objet extérieur dont ils sont le contre-coup : l'un auquel correspond la sensation visuelle de l'objet qu'il a heurté, l'autre la sensation de la douleur, mouvements qui se répéteront invariablement aussi souvent que se répétera l'expérience. Ce qui fait qu'il y a un rapport constant entre les mouvements de l'objet interne (phénomènes intellectuels), et les mouvements de l'objet externe (phénomènes physiques) d'où ils dérivent.

Cette expérience permet de rattacher les mouvements représentatifs internes aux mouvements réels externes, et même de reporter au dehors les deux termes de la connexion et d'extérioriser ainsi le rapport de causalité tout entier. La certitude de ce rapport constant est la conséquence de l'expérience individuelle et ancestrale. Elle apparaît d'une façon si émouvante dans le cerveau sensori-moteur de l'halluciné qu'il est impossible de le convaincre que sa perception n'a pas d'objet. — La liaison du mouvement de la sensation au mouvement de la représentation est entretenu, comme tous les souvenirs, par l'accumulateur frontal.

Répétons-le encore, le substratum concret de l'esprit c'est la sensation, c'est-à-dire l'impression que fait sur l'esprit l'excitation des organes des sens mis en vibration par un objet extérieur. Cette sensation s'imprime en quelque sorte sur la nappe grise constituée par le manteau cérébral ; elle s'y grave. C'est le souvenir. Ce souvenir, c'est lui-même une image, l'image d'une sensation passée et présentement absente. La représentation a remplacé la présentation. Or, le bagage intellectuel, c'est l'image.

Le cas le plus simple d'une idée, c'est le souvenir d'une sensation. L'idée sous sa forme la plus concrète, consiste donc en un faible réveil d'une sensation passée. Dans une phase plus élevée, elle devient l'équivalence d'une simple perception, puis celle d'une association de perceptions marchant ainsi vers la généralisation, l'abstraction et la construction symbolique. Arrivée à cette étape, l'idéation peut volontairement se représenter les impressions passées; elle peut associer, combiner les sensations, évoquer les images mentalement dans le but d'obtenir des combinaisons nouvelles. C'est l'imagination.

L'idée est donc le résultat d'une vibration nerveuse, comme le son que rend une corde de \iolon ou de harpe est la conséquence de l'ébranlement de cette corde. Elle naît de deux façons : de la sensation directe extérieure, ou de la sensation interne ou remémorée.

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Il n'y a dans tout cela rien de mystérieux. L'activité psychique siège dans le système nerveux; c'est le cerveau qui est l'organe de l'âme, comme le démontrent l'ablation expérimentale des hémisphères cérébraux ou les destructions accidentelles des circonvolutions cérébrales. Ces phénomènes intellectuels sont étroitement liés aux conditions physiologiques des éléments du cerveau. Que le sang cesse d'arriver à l'encéphale, et toute conscience s'éteint. Ceux qui sont tombés en syncope sont là pour le raconter : une ou deux secondes de vertige, puis plus rien, le néant. Il est donc oiseux de discuter pour savoir si les décapités conservent encore quelques instants la connaissance. L'âme disparaît avec une soudaineté extraordinaire aussitôt que le sang n'arrose plus les champs cérébraux.

La pathologie prouve non moins que l'anatomie et la physiologie que l'esprit n'existe pas dans la nature en dehors du cerveau. Qu'est-ce que la paralysie générale au point de vue anatomique ? Une encéphalite interstitielle chronique qui conduit à la destruction des éléments nerveux et à l'atrophie du cerveau. Cette lésion n'a-t-elle pas suffi pour changer le caractère et conduire le malade au gâtisme le plus achevé ?

Quelques gouttes d'alcool, de chloroforme, de hachich ou d'opium, ont la faveur de dérégler l'intelligence. Une maladie, l'hystérie, peut dédoubler la personnalité, le moi.

M. Féré a donné la preuve que les émotions de l'âme retentissent sur la sensibilité, l'énergie musculaire, la circulation, la respiration, les sécrétions, la nutrition (La pathologie des émotions, Paris, 1892). Une violente émotion peut arrêter le cœur et provoquer la syncope.

Partout où l'observateur a vu la pensée, il l'a trouvée associée au système nerveux. Essayer d'envisager lesprit comme une force existant indépendamment de la matière, dit Mandsley, n'est pas moins insensé que de vouloir considérer la gravitation ou l'affinité chimique comme des forces séparées de la matière, dont les changements sont les seules données qui nous les révèlent.

Quant à exiger du physiologiste le dernier mot sur la nature de l'esprit, c'est une prétention pour le moins exagérée, alors que ceux qui font une telle demande seraient fort embarrassés si on la leur posait à eux-mêmes pour l'électricité, la pesanteur ou l'essence môme des différentes forces physiques.

Tout acte mental, pour être accompli, demande un certain temps. C'est ainsi que le « temps de réaction » entre l'excitation et la réponse est, en général, pour le toucher, 1/7, — pour l'ouïe, 1/6, — pour la vue, 1/5 de seconde (Donders). D'autre part, tandis que Helmholtz et Baxt montraient qu'une perception visuelle compliquée demande plus de temps de pose pour la rétine qu'une perception simple. Exner, Donders, Kries, Auerbach, faisaient voir que lé temps nécessnire à l'opération mentale consistant à résoudre un dilemme est plus long que le temps nécessaire pour signaler une perception simple d'une période variant de I/o0 à 1/20° de seconde. On sait aussi que le temps nécessaire à la perception pour les différents sens varie également selon les individus (équation personnelle), que l'exercice réduit beaucoup le temps physiologique nécessaire à l'exécution des processus mentaux, et que ce temps plus considérable chez les ignorants que chez les gens instruits, est à son maximum chez les idiots. N'est-ce pas là la preuve la plus évidente que tout acte mental a lieu dans un milieu résistant étendu? C'est donc un mouvement.

Si, à l'exemple de Fleischl, nous mettons à nu le cerveau et que nous mettions la Surface de cet organe en communication avec un galvanomètre très sensible an moyen d'électrodes impolarisables, nous verrons que si l'on ferme le circuit, il se produit quelques oscillations insignifiantes Mais vient-on à placer les électrodes sur les centres visuels du lobe occipital, et éclaire-t-on en même temps vivement un œil, il se produit une forte déviation du galvanomètre Si on excite alors un autre sens (olfactif, auditif, etc.), on n'obtient aucune déviation ; pour l'obtenir, il faut placer les électrodes sur les points de l'écorce cérébrale qui correspond à l'organe sensoriel excité.

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Peut-ori, après cela, continuer à dire que « l'âme » est indépendante du corps, et que le processus psychique échappe à toute mesure physique? Non. Les secrets de la Nature n'apparaissent comme surnaturels que parce que notre ignorance n'est pas parvenue à les expliquer.

On peut donc conclure que l'idée ou image mentàle, résurrection, substitut de la sensation, est la mémoire d'une ou de plusieurs sensations simples ou associées. Il y a des imagts motrices comme il y a des images sensorielles. L'idée est tellement liée au pouvoir excilo-moteur des centres corticaux du cerveau, que l'idée d*un mouvement, c'est déjà le mouvement qui commence. Nouvelle preuve que le travail mental se résume dans l'acte réflexe et que le Conscient tient à l'Inconscient par une chaîne ininterrompue.

L'Hée simple est la reproduction, le souvenir d'une sensation antérieure, dans laquelle, malgré toute notre force d'attention, la sensation réelle et vivante a perdu quelque peu de son relief. Ainsi chacun de nous possède dans sa mémoire un nombre infini d'idées qui sont de véritables résidus des sensations antérieures qui ont ébranlé la conscience à un moment donné, et qui peuvent reparaître dans la conscience sous l'impression d'une sensation ou d'un souvenir, volontaire ou non.

A côté de l'idée simple, il y a l'idée complexe, qui résulte du groupement, de l'association de plusieurs idées. Une idée simple nous conduit à l'image du Rhône, celle-ci à l'image d'un fleuve et de l'image d'un fleuve à l'idée d'eau. Et ce qui fait la possibilité de cette synthèse, de cette généralisation, c'est le mot, c'est le langage. Sans langage, pas d'idées générales, pas d'idées abstraites, pas de concepts.

Réfléchir, c'est combiner ses propres idées ; c'est élaborer consciemment et développer intentionnellement des produits plus élevés avec des idées plus simples. Cette faculté repose sur la conscience, c'est-à-dire sur la propriété de l'esprit qui lui permet de s'isoler lui-même, d'objectiver l'un de ses états par rapport aux autres, et de la sorte de contempler ses propres idées en tant qu'idées. Mais cette faculté, l'esprit la doit au langage articulé ; c'est par le langage qu'il devient capable de fixer ou de rendre claires pour lui-même ses propres idées, dans la mesure nécessaire pour qu'elles puissent être envisagées ultérieurement en tant qu'idées. Ce n'est que grâce à la fixation des idées par des mots que la faculté de lu pensée conceptuelle devient possible (Romanes). Si, en l'espèce, il existe une différence entre l'homme et l'animal, la véritable différence ne consiste pas dans les symboles, mais réside dans la différence des facultés intellectuelles, autrement dit, il faut l'aller chercher cette différence, dans une spécialisation organique plus grande. Et encore, si « le développement du langage n'est que la copie de cette chaîne de processus qui commença avec l'aurore de la conscience humaine, et qui se termine par la construction de l'idée la plus abstraite )> (Wundt), nous ne devons pas oublier que la parole dérive du cri réflexe.

Le langage humain est né d'un premier cri involontaire, peu à peu reconnu utilisable, et dès lors de fortuit devenu intentionnel.

L'émission de la voix résulte d'un mouvement (action musculaire du larynx) comme sa réception est la conséquence d'un mouvement de l'air qu'enregistre l'oreille. L'évolution progressive du langage vient de sa « réussite comme monnayage commode pour faciliter les échanges et la circulation sociale du savoir. » Le cerveau en prend connaissance par un mouvement représentatif lié aux mouvements sensoriels dont le subjectif est l'image concrète qui en constitue seule la valeur. L'idée éveille directement le mot.

Le langage, qui met les circuits individuels en relation par l'intermédiaire de l'air, accentue la discontinuité nécessaire à l'objet interne pour prendre connaissance de ses propres mouvements. Le mouvement des points cérébraux est continu, mais il est oscillatoire, il change à chaque instant de direction et de système, et les moments extrêmes du rythme ne sont pas saisis par l'organe cérébral. C'est ce qui donne l'illusion du vide dans l'espace et de l'intervalle dans le temps, alors qu'il n'y a ni vide, ni repos, que tout est plein et que tout se meut, et que le monde est continu dans le temps et dans espace.

CERVEAU

Vidée de temps n'est qu'un simple effet de la conscience j le temps n'est pour nous qu'une série successive d'images ; et la mémoire n'est que l'art d'évoquer et d'organiser ces images. Point de temps hors des souvenirs, c'est-à-dire de certaines images, qui, se juxtaposant comme se juxtaposent les objets qui les ont produites, engendrent l'apparence du temps et tout à la fois de l'espace. Vie et conscience supposent variété, et variété engendre la durée ; le temps est la formule abstraite des changements de l'univers. Avec l'introduction de Y ordre dans les sensations elles pensées commence le temps.

Pouvoir se retrouver dans le passé et se projeter dans l'avenir peut devenir une source d'amers regrets, et le regret c'est la solidarité du présent avec le passé, le sentiment de l'irréparable.

Le moi échappe ainsi à nos prises comme un rêve; il se disperse, il se résout dans une multitude de sensations fuyantes, et nous le sentons avec une sorte de vertige s'engloutir dans l'abîme mouvant du temps. — M. Guyau, L'évolution de L'idée de temps dans la conscience (Rev. philosophique, p. 353, 1885).

Le substratum objectif de la notion de continuité est la permanence du mouvement de la cellule vivante qui ne s'arrête jamais.

La sensation que le cerveau sensori-moteur a de son équilibre et qui lui permet de se défendre, est assurée non seulement par les sensations visuelles ou tactiles, mais par la cinesthésie générale dont l'exercice met le cerveau au courant des événements de toutes les parties du corps.

Le cerveau n'est, au fond, qu'un analyseur, qui retient parmi les chaos des choses, des modalités vibratoires dans l'espace et le temps, dont il fait un ensemble cohérent et commode pour sa propre vie, et la pensée n'est que la conséquence d'une rupture d'équilibre.

Le raisonnement, le jugement, la volonté, correspondent à une série de changements nerveux dont chacun est produit par des antécédents physiques. « Aussi, du côté objectif, chaque pas dans le raisonnement consiste en un choix judicieux entre ces excitations extrêmement délicates que, sous leur aspect subjectif, nous connaissons sous le nom d'arguments. Le jugement, envisagé de la même façon, n'est que le résultat final de l'incidence d'une foule d'excitations très délicates et ce résultat final, — comme tous les pas du raisonnement qui y conduit, — n'est autre chose que la pratique d'une faculté de discerner entre l'excitation que du côté subjectif nous connaissons comme étant le bien, et celle que du même côté nous connaissons être le mal. Enfin, la volition considérée subjectivement est la faculté de choisir les motifs avec le concours de la conscieuce, et les motifs considérés objectivement ne sont que les excitations très complexes, et ineoncevablement affinées. » (Komanes, L'évolution mentale chez les animaux, Paris, 1884, p. 41),

Du haut des cimes élevées de la psychologie, « on s'aperçoit qu'il n'y a rien de réel dans le moi, sauf la file de ses événements; que ces événements, divers d'aspect, sont les mêmes en nature et se ramènent tous à la sensation ; que la sensation elle-même, considérée en dehors et par ce moyen indirect que l'on appelle la perception extérieure, se réduit à un groupe de mouvements moléculaires. Un flux et un faisceau de sensations et d'impulsions (psychiques), qui, vus par une autre face, sont aussi un flux et un faisceau de vibrations nerveuses, voilà l'esprit. Ce feu d'artifice, prodigieusement multiple et complexe, monte et se renouvelle incessamment par des myriades de fusées ; mais nous n'en apercevons que la cime. Au-dessous et à côté des idées, images, sensations, impulsions éminentes, dont nous avons conscience, il y en a des myriades et des millions qui jaillissent et se groupent en nous sans arriver jusqu'à nos regards, si bien que la plus grande partie de nous-mêmes reste hors de nos prises et que le moi visible est incomparablement plus petit que le moi obscur. Obscur ou visible, ce moi lui-même n'est qu'un chef de file, un centre supérieur au-dessous duquel s'échelonnent, dans les segments de la moelle et dans les ganglions nerveux, quantité d'autres centres subordonnés, théâtres de sensations et d'impulsions analogues mais rudimentaiies, en sorte que l'Homme tolal se présente comme une hiérarchie des centres de sensation et d'impulsion, ayant chacun

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leur initiative, leurs fonctions et leur domaine, sous le gouvernement d'un centre plus parfait qui reçoit d'eux les nouvelles locales, leur envoie les injonctions générales, et ne dillere d'eux que par son organisation plus complexe, son action plus étendue et ton rang élevé » (H. Taine, De l'Intelligence, Paris, 1878, t. I, p. 9).

L'esprit comme le corps n'est qu'une ligne d'événements dont rien ne dure que la forme... un écoulement intarissable et perpétuellement changeant. . . une succession sans fin de météores kaléïdoscopiques qui ne flamboient que pour s'éteindre et reluire et s'éteindre encore... L'image de la conscience, toujours changeante, se reflète dans l'image de l'Univers, en perpétuels changements.

Ainsi l'âme humaine, loin d'être une entité, est une résultante, un composé des plus complexes; c'est le produit développé d'innombrables éléments, et c'est à ce titre qu'on peut dire avec Leibnitz que l'esprit humain est un miroir du monde.

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