‹ Le cerveau et la moelle épinièreChapitre 8 sur 60 · XI · texte numérisé non relu

XI

STRUCTURE GÉNÉRALE DES CENTRES NERVEUX

de Vulpian à cet égard (soudure d'un nerf moteur à un nerf sensitif) et celle de Paul Bert (grelïe de la queue d'un rat sur le dos de l'animal suivie de section de la queue à sa base) ne soient pas démonstratives. Mais comme l'excitation d'un nerf en son milieu donne lieu à la variation négative de chaque côté, il ne saurait en être autrement.

Ébranlé en un point, le nerf sensitif donne toujours lieu à une impression que l'on rapporte à la périphérie : cette excentricité des sensations explique quelques hallucinations, et permet de comprendre qu'un amputé puisse soutfrir d'un membre qu'il n'a plus depuis longtemps.

La vitesse de l'onde nerveuse est égale à 135 mètres environ par seconde, ce qui dillérencie tout de suite le fluide nerveux du courant électrique, mais de nombreuses influences, — la température en particulier — modifient considérablement cette vitesse (1).

La cellule nerveuse ne parait pas être excitable d'une manière artificielle, mais par sa nutrition même elle donne naissance à des mouvements spontanés, ce qui constitue le pouvoir auto-moteur ou excito-moteur. L'état d'excitation des cellules des hémisphères cérébraux peut s'accompagner d'état de conscience.

La cellule nerveuse des centres et des ganglions nerveux eux-mêmes est capable de recevoir l'impression que lui amènent les fibres nerveuses sensitives et de transmettre aux fibres motrices qui en émanent un ordre de mouvement, une sorte d'influx après qu'un ébranlement sensitif est venu la secouer. Cet acte sensitif, qui peut être inconscient ou conscient,

(1) D'autres faits distinguent nettement le fluide nerveux du courant électrique. Si le courant nerveux était de même nature que le courant électrique, lorsqu'on irrite un nerf sur lequel on a disposé un circuit avec galvanomètre, le courant qui parcourt le circuit devrait être renforcé ; or, c'est l'inverse qui a lieu puisque l'aiguille du galvanomètre revient à 0. L'excitation portée sur un conducteur électrique, d'autre part, est d'autant plus intense qu'elle est portée plus près de l'appareil récepteur. Ici encore, c'est l'opposé pour le nerf.

Helmholtz et Baxt ont obtenu, pour les nerfs moteurs de l'Homme, des variations dans la vélocité de transmission comprises entre 30 et 90 mètres suivant le membre

(35 à 40 mètres à la température ordinaire). Okhl a obtenu des ellcts analogues sur les nerfs sensitifs (oscillations entre 34 et 98). Mais avec le froid, Oehi, a obtenu jusqu'à 1/6 de la vélocité normale (soit le 1/6 de 32) et avec le chaud jusqu'à 15 fois cette vélocité. Celle-ci est en outre variable avec les sujets, quelle que soit la température. Tout ceci peut expliquer les contradictions des auteurs au sujet de la rapidité normale du courant nerveux dans les nerfs, De Jaegf.r, par exemple, donnant le chiffre de 26 mètres et Kohlrauch celui de 22o mètres.

Page 1