Grimard, Loc. cit-, page
frappé d'anesthésie par les inhalations du chloroforme; — comme lui, enfin, son unité sensitive forme un tout complet ; ses folioles, aussi bien que ses radicelles, sont reliées dans un consensus tellement intime que, vient-il à subir l'action d'une cause irritative quelconque dans ses radicelles, ses folioles sont atteintes du même coup et sympathisent douloureusement avec leurs cellules sœurs des régions inférieures mises en émoi, — comme nous voyons la sensibilité, développée dans une région quelconque d'un animal, avoir un retentissement généralisé dans tout l'organisme.
Dans le règne animal, la sensibilité se révèle à ses débuts par des phénomènes tout à fait comparables à ceux que nous venons d'esquisser.
Là, sous forme de mouvements amiboïdes des globules blancs et des cellules pourvues de cils vibratiles, de contractilité des cellules protoplasmatiques^ elle se montre sous l'apparence de sensibilité purement histologique, et non pas encore sous forme de sensibilité appartenant à une individualité vivante et autonome.
Chez les protozoaires, les rhizopodes, certains polypes, elle s'accentue de plus en plus, et, par les opérations assez complexes sous lesquelles elle se manifeste, on constate combien ces proto-organismes du règne animal sont pourvus d'énergie vitale active , et combien la sensibilité générale se trouve inhérente et combinée avec leur substance.
Dans ces formes élémentaires de la vie animale tout d'abord les phénomènes de la sensibilité sont liés à l'existence d'une trame organisée, ils sont segmentés en autant de cellules que renferme l'individu; ils existent d'une façon diffuse et vague, sans qu'il y ait encore un système spécial d'éléments anatomi ques, destiné à leur servir de réceptacle approprié.
Bientôt, quand on s'élève dans la série des êtres, des données nouvelles s'ajoutent aux précédentes, les phénomènes se compliquent en même temps qu'ils se perfectionnent , et l'on voit alors, qu'à mesure que les organismes animaux se développent, que leurs agglomérations de cellules deviennent plus populeuses, il se fait entre elles comme une sélection naturelle du travail physiologique à accomplir ; — les unes,