‹ Le cerveau et ses fonctionsChapitre 24 sur 132 · GENEALOGIE DES PHENOMENES DE SENSIBILITE · texte numérisé non relu

GENEALOGIE DES PHENOMENES DE SENSIBILITE

douées de telle ou telle aptitude spécifique, retiennent telle ou telle fonction, tandis que d'autres, douées de telle ou telle aptitude dijfîérente, se réservent pour telle ou telle autre. Pour être mieux fait, le travail se divise.

Cette division naturelle des forces vives de l'individu vivant, qui se répartissent ainsi en différents départements de sa substance, constitue les premières ébauches du système nerveux.

Il apparaît bientôt comme un appareil de perfectionnement implanté dans l'organisme. C'est lui qui désormais, grand dispensateur de la sensibilité en général, est destiné à colliger, à drainer toutes les sensibilités éparses, à régulariser leur cours, à les condenser dans ses réservoirs propres, à les épurer par la participation de sa substance, pour les faire jaillir sous forme d'incitations motrices, ou les transformer, comme des produits perfectionnés de son industrie propre, en matériaux subtils et quintessenciés, destinés à concourir aux phénomènes intimes de la vie psycho-intellectuelle.

Humble à ses débuts, lorsqu'il fait sa première apparition au milieu des tissus vivants, c'est tout d'abord sous forme de trois ou quatre cellules indépendantes les unes des autres, ainsi que F. Leydig l'a signalé, que le système nerveux commence à apparaître i. — A un degré plus avancé, ces cellules sont réunies sous une enveloppe commune, un premier ganglion nerveux est ainsi constitué; peu à peu le travail évolutif se complète ; à un ganglion s'ajoute un autre ganglion; ceux-ci se disposent bientôt sous forme de deux rangées latérales, lesquelles émettent à gauche et à droite des radicules plongeant dans les tissus ambiants, et bientôt, ces deux chaînes latérales venant à se rapprocher, se fusionnent l'une dans l'autre, et constituent ainsi une unité centrale, un axe autour duquel viennent pivoter toutes les radiations nerveuses émergeant des régions périphériques. — En même temps un ganglion supérieur destiné à être le cerveau se développe, et en se reliant à l'axe commun, devient en quelque sorte le couronnement de l'édifice qui s'est ainsi successivement perfectionné.

Dès ce moment le système nerveux est constitué en tant que pouvoir central, destiné à condenser dans ses réseaux les inci-

Page 1