SENSIBILITÉ INCONSCIENTE
2° Les impressions inconscientes excito-motrices naissent avec les impressions sœurs conscientes, des expansions terminales de tous les nerfs sensoriels et sensitifs.
Confondues avec leurs congénères, elles gagnent les voies convergentes qui leur sont offertes, et s'avancent ensemble vers les régions centrales de l'axe spinal après toutefois avoir traversé la chaîne des ganglions rachidiens.
Arrivées en présence des réseaux gris de l'axe spinal, elles so diffusent dans ses mailles, suscitent l'activité des régions grises postérieures 5 (qui représentent pour cet ordre d'irradiations comme un vaste sensorium commun de la vie inconsciente,) et, sous forme de réactions motrices coordonnées s'exportent au dehors en courants centrifuges représentant ainsi la dernière phase d'un processus commencé dans les régions purement sensitives.
La sensibilité inconsciente excito-motrice transformée par l'action des cellules propres du sensorium automatique acquiert par cela môme des propriétés nouvelles.
Elle est emmagasinée, accaparée et condensée sur place au sein des appareils qui la reçoivent; — elle devient ainsi, sous cette forme nouvelle, apte comme un projectile encastré dans une arme de jet, à être transportée au loin, projetée à distance le long des conducteurs centrifuges irradiés de la moelle, véritables réophores destinés à favoriser sa dissémination et sa portée à longue distance, jusque dans les territoires des cellules les plus éloignés et les plus excentriques.
C'est ainsi que sous forme d'incitations optiques inconscientes, elle dirige les différents mouvements de la rotation des globes oculaires, le jeu de la pupille, l'accommodation de la vue à diverses distances ; — qu'elle suscite dans la sphère des phénomènes auditifs les mouvements inconscients de la chaîne des osselets pour graduer alternativement le relâchement ou la tension de la membrane tympanique, — qu'elle concourt d'une façon si puissante aux mouvements complexes et si variés de la mastication et de la déglutition, — qu'elle préside à la succession des actes de l'érection et de l'éjaculation ; et — qu'en un mot, sous des formes variées, et sans que le sensorium intervienne, partout présente, partout active, elle concourt à la perfection du sens auquel elle est accolée, favorise sa mise au point, gouverne le jeu de sa partie mécanique, destinée à obte-
nir le maximum d'effet sensoriel, et devient ainsi le satellite indispensable des impressions conscientes.
C'est encore la sensibilité excito-motrice inconsciente qui est sous-jacente dans les différents processus des phénomènes respiratoires, et cela pendant toute notre vie, depuis nos premières inspirations jusqu'à notre dernier soupir.
Elle entretient le jeu des noyaux moteurs de la région bulbaire, de ces foyers d'innervation centrale, d'où les muscles inspirateurs, les muscles cardiaques soutirent leur incessant principe d'action; — c'est elle qui se dépense à tout instant du jour et de la nuit dans l'activité continue de mystérieux laboratoires de la vie organique; — c'est encore elle qui joue un rôle si prépondérant dans la série si variée de nos mouvements de progression, — dans tous ceux des exercices du corps, — dans les actions motrices, méthodiques, que nous perfectionnons insensiblement par le travail, par l'attention soutenue, tels que ceux de la main pour tracer des dessins ou des caractères graphiques, et qui tout d'abord, conduits avec la participation consciente du sensorium. arrivent insensiblement à s'exécuter par le seul entraînement des incitations de la sensibilité inconsciente.
Ainsi donc, les phénomènes de la vie automatique, sous quelque forme qu'ils se présentent s'exercent par eux-mêmes et en vertu de la transformation intra-spinale, d'une incitation incidente de la sensibilité réfléchie en réaction motrice et cela, sans que le sensorium soit en jeu, sans que la sensibilité consciente intervienne ; rien que par l'effet en retour de la mise en activité d'un processus de la sensibilité inconsciente.
Mais de ce que les phénomènes se passent ainsi en apparence, de ce qu'ils se déroulent en dehors de la participation effective du. sensorium , faut-il en conclure qu'une fraction quelconque de ces mêmes incitations ne rayonne pas aussi vers lui et ne s'y éteint pas en quelque sorte à l'état de rayons obscurs?
Il est très-vraisemblable qu'il se passe pour cet ordre spécial d'incitation, ce que nous avons vu exister pour les impressions de la vie purement végétative et qu'il y a vraisemblablement un rayonnement obscur de ces mêmes impressions qui s'étend jusqu'au sensorium et qui lui transmet aussi la notion in-